^v i .-1 .■?.■ rT^îï'T-^iÇ :>,<>vm BIBLIOTHÈQUE DE apuras Mi&^aaa ;• .'-^.[-.cY; '-.1, ,!,.:,': ■ ..•-'. §*» ^ $• c^ o ui □ (H a □ ./WHOl ^*~ *" ^= ^^^^^ B \ p ù K y \ j es ft >:? & r y- 94mA 1», \ f / ,■•-.0-' V.; M ETUDES CRITIQUES rviî i£: l\â [-', WtT m y ï UV-.%. .'*_ -a" Goiiieriaixt les Myes I I / HE13CIIAT1E2L \. \^ SllISSÏiO. ~^ ^ 1842 »Cr Aux Frais de l'Auteur. V- , luv, fry - »^7 »2D *ï ■fi ■ ^r Vl ; 59 -C'O ^ s - - ca y^T ^' MOLLUSQUES FOSSILES. ÉTUDES CRITIQUES SUR LES MOLLUSQUES FOSSILES; PAR L* AGASSIZ. m uw oii'iiii'i'Lïm; oœ mmz. NEUCHATEL, (aux frais de l'auteur.) 1842—45. VI livre plus facile aux géologues , j'ai placé en tête de chaque genre un résumé géolo- gique des espèces , et lorsque le nombre en était très-considérable , par exemple dans les Pholadomyes, j'ai eu soin d'indiquer spécialement les espèces caractéristiques des différens terrains. J'ai placé enfin, à la suite des descriptions spécifiques, un registre général de toutes les espèces de Myes décrites ou mentionnées dans l'ouvrage. Un autre registre indique l'ordre dans lequel les planches devront être placées. L. AGASSIZ. Neuchâtel, en Août 1845. INTRODUCTION. Les coquilles dont nous allons nous occuper dans cette Monographie appartiennent à cette fa- mille de la classe des Acéphales, que M. de Blainville désigne sous le nom de Pyloridées, famille qui comprend tous les dimyaires de Lamarck, dont l'animal est entouré d'un manteau plus ou moins fermé, et prolongé en arrière en deux longs tubes ordinairement distincts, dont le supérieur sert aux déjections excrémentielles, et l'inférieur à la respiration. Au bord inférieur et antérieur du manteau se trouve une ouverture pour le passage d'un pied assez petit et généralement conique. La coquille est assez régulière; cependant il est rare que les deux valves soient parfaitement symétriques. L'une est ordinairement un peu plus grande que l'autre; elles sont réunies par une charnière incomplète , dont les dents sont soumises à des variations considérables, si même elles ne manquent pas complètement. Le ligament est tantôt interne, tantôt externe. Les impressions musculaires sont placées aux extrémités antérieure et postérieure, plus près du bord supérieur que du bord inférieur. Enfin, et c'est là le caractère le plus important de la coquille, l'empreinte du manteau, au lieu d'être entière, présente en arrière un large sinus, résultat de la séparation des deux tubes, au moyen d'un muscle rétracteur, qui occasionne une échancrure dans le manteau. Celte échancrure reproduite d'une manière plus ou moins complète sur la coquille, porte le nom de si- nus palléal. La famille des Pyloridées, ainsi caractérisée, comprend les genres HiatellaDauA., Rhom- boïdes Blainv., Byssomya Cuv., Saxicavaie Blainv., GlycimerisLsm. , Solemya Lam., AnalinaLam., Soletellina Blainv., Sanguùwlaria Lam., Psammotliea Lam. , Periploma Schum., Thracia Leach, dont toutes les espèces sont vivantes; les genres Solen, Solecurtus Blainv. Psammobia, Lutraria et A7ZZJ VIII Mya qui comptent , outre les espèces vivantes, quelques espèces fossiles. Enfin les genres Corbula Brug., Pandora, Brug., Panopœa Ménard de laGroye, Pholadomya Sow., dont la plupart des espèces sont fossiles. M. Alcide d'Orbigny a plus tard divisé d'une manière un peu différente les coquilles qui com- posent la famille des Pyloridées deM.deBlainville. Distinguant les mollusques Lamellibranches en deux ordres, les Orlboconques et les Pleuroconques , suivant que l'animal et la coquille sont sy- métriques ou non symétriques et la station verticale ou latérale; il subdivise son ordre des Ortho- conques en deux sous-ordres, les Sinupalléales et les Intégropalléales, suivant que l'empreinte du manteau est entière ou échancrée. Or, il se trouve que le premier de ces sous-ordres , celui des Sinupalléales correspond à-peu-près à la famille des Pyloridées de M. de Blainville, seulement les divisions génériques sont devenues en partie des familles. Qu'il me soit permis à cette occasion de dire un mot sur la classification des Acéphales en gé- néral. Tous les conchyliologistes sont à-peu-près d'accord, pour reconnaître que la division de Lamarck en Monomyaires et en Dimyaires est insuffisante, qu'elle n'est pas l'expression vraie et complète des affinités des animaux entre eux. Sous ce rapport, la division de M. d'Orbigny en Orthoconques et Pleuroconques me paraît de beaucoup préférable, et je fais des vœux pour qu'elle soit adoptée par les naturalistes, alors même qu'ils n'admettraient pas tous les motifs sur lesquels l'auteur se fonde. La verticalité de la station n'a peut-être pas toute l'importance que lui attribue M. d'Orbigny, car s'il est vrai que les coquilles symétriques s'enfoncent en général dans le sable et la vase, la région buccale en bas et la région anale en haut, les coquilles asymétriques, d'un autre côté, ne sont pas toujours couchées sur le flanc, témoin les Peignes qu'on voit souvent na- ger entre deux eaux, la charnière en haut et par conséquent la bouche en avant et les tubes en arrière. Mais nul ne contestera que le fait de la symétrie ou de l'asymétrie ne soit en lui-même un caractère de la plus haute importance. Non seulement il implique de la part des coquilles des allures très-différentes, qui trahissent leurs véritables affinités et qui permettent ainsi de les dis- tinguer toujours avec la plus grande facilité. Mais il est une autre considération non moins impor- tante qui milite en faveur de cette classification, et qui paraît avoir échappé à l'esprit d'ailleurs si philosophique de M. d'Orbigny, c'est qu'elle est l'expression d'une double tendance qui se mani- feste dans les Acéphales et qui paraît surtout distincte, lorsqu'on l'embrasse dans toute la série des formations. Ainsi , si nous jetons un coup d'œil sur l'ensemble des Acéphales (*) , aux épo- (*) Il va sans dire que sous la dénomination d'Acéphales , j*entends ici tous les Bivalves , c'est-à-dire la réunion des Bra- chiopodes et des Acéphales proprement dits. IX ques silurienne, dévonnienne et carbonnifère , nous trouverons que les coquilles asymétriques prédominent de beaucoup sur les coquilles symétriques. Il suffit de rappeler la quantité de Productus, de Spirifer, d'Orlhis, de ïérébralules qui pullulent dans les terrains de transition. Si nous passons de-là aux terrains secondaires, nous y verrons la faune malacologique re- vêtir un aspect tout différent, surtout à l'égard des Acéphales. Les coquilles asymétriques (Pleuroconques) ont perdu leur prééminence; quelques-uns des types les plus saillans , tels que les Spirifer et les Productus ont même complètement disparu. Ce sont les coquilles sy- métriques, les Orthoconques, qui prennent le dessus. Une foule de types nouveaux viennent se joindre à ceux qui existaient déjà antérieurement, si bien que le nombre des espèces symétriques égale et dépasse même de beaucoup celui des asymétriques. Il est vrai que la symétrie des Ortho- conques n'est pas encore complète. Chez la plupart, l'une des valves l'emporte plus ou moins sur l'autre, témoin la nombreuse famille des Myacés qui fait le sujet de cette monographie; mais cette asymétrie ne saurait se comparer a celle des Pleuroconques ; elle n'influe en rien sur les allures des animaux, qui ont tous les caractères des Orthoconques. Si nous passons à l'époque tertiaire nous y trouverons une prépondérance encore plus marquée des Orlhoconques sur les Pleuroconques ; en même temps la symétrie devient toujours plus parfaite dans les Orthoconques eux-mêmes. Enfin c'est aux dépôts tertiaires qu'appartiennent , par exemple, les genres à co- quilles parfaitement régulières, tels que les Vénus, les Lucines , les Cythérées et autres, qui sont encore de nos jours les plus nombreuses. Il est évident d'après cela que les changemens qui se sont opérés dans la classe des Acé- phales depuis son apparition au sein des couches de transition, consistent essentiellement dans un acheminement général à la forme régulière et équivalve, ou en d'autres termes, dans la prédo- minance toujours croissante des Orlhoconques sur les Pleuroconques, à mesure qu'on s'avance dans la série des terrains. Or cet acheminement , ce progrès , qui a son analogue dans plusieurs autres classes du règne animal, entre autres dans les poissons et dans les échinodermes, ressort d'une manière très-sadlante de la classification de M. d'Orbigny ; et c'est là à nos yeux une des raisons qui doivent la recommander à l'attention des naturalistes , puisque tout en groupant les familles selon leurs affinités réelles, elle nous fournit en même temps le moyen d'embrasser d'un coup-d'œil les modifications qui sont survenues dans la classe entière. Le groupe des Myes sans être tout-à-fait symétrique, appartient cependant à l'ordre des Or- thoconques de M. d'Orbigny, et au sous-ordre des Sinupalléales du même auteur, puisque l'em- preinte du manteau présente un profond sinus en arriére. Nous avons vu plus haut que ce sous- ordre répond à-peu-près exactement à la famille des Pyloridéesde M. de Blain ville. Or, de toute» les divisions de ce sous-ordre, celle des Myes est certainement la plus nombreuse non-seulement sous le rapport des espèces, mais encore sous celui des individus. C'est en même temps l'un des types les plus uniformes et dont le rayon géologique est le plus vaste, puisqu'on le trouve de- puis le Muschelkalk jusqu'à nos jours. Je devais m'attendre, en entreprenant l'étude d'un groupe aussi nombreux et aussi monotone, de rencontrer une foule de difficultés et de soulever plus d'une objection de la part des conchy- liologistes. Ces objections n'ont pas manqué, en effet. On m'a reproché d'avoir à la fois trop multiplié les espèces et créé un trop grand nombre de genres. Je vais essayer de répondre à ce double reproche. Les conchyliologistes qui se sont occupés avant nous des Myes fossiles, les ont classées dans les genres Pholadomya, Lutraria , Amphidesma, Donax , Mya , Panopaea, Isocardia, Psammobia, Tellina , etc. Mais il n'est pas difficile de s'assurer que la plupart de ces déterminations reposent sur des rapprochemens faux entre les coquilles vivantes et les fossiles. Un seul de ces genres, le plus nombreux de tous, devait conserver son rang dans les cadres des Myes fossiles du Jura, c'est le genre Pboladomye ; les autres ont été remplacés par des genres nouveaux qui sont les suivans : Goniomya, (Lysianassa Mùnst) , Ceromya, Cercomya, Arcomya, Madromya , Platymya, Homomya , Gresslya , Pleuromya , Myopsis et Corimya. Tous ces genres ne méritent peus-ètre pas le même dégréde confiance, parce que les matériaux sur lesquels ils ont été établis ne sont pas également complets. Il y en a même plusieurs qui devront probablement subir des modifications , lorsqu'on connaîtra mieux toutes les parties de la coquille, mais on aurait tort d'en conclure que les coupes que je propose ne sont pas fondées dans la nature. Ceci me conduit à examiner les objections qu'on a faites à ceux de mes nouveaux genres, qui ont paru dans les deux premières livraisons de cette monographie, et comme l'opposition m'est venue de l'un de nos paléontologistes les plus éminens , je veux profiter de cette occasion pour exposer en peu de mots les principes qui m'ont guidé dans ma manière d'étudier les coquilles. M. Alcide d'Orbigny, car c'est de lui que je veux parler, pose en principe que la forme et les ornemens extérieurs ne peuvent autoriser la création d'un genre , parce que , dit-il, ils n'ont aucune influence sur l'organisation intérieure des animaux, et cette considération lui fait rejeter la plupart de mes nouveaux genres. Je conviens qu'en effet, je me suis un peu écarté des usages admis en conchyliologie, en instituant des genres nouveaux d'après de simples caractères extérieurs. Je conviens également que ces caractères sont de peu de valeur, comparés à ceux que XI pourraient fournir les parties essentielles de l'animal. Mais ceci ne s'applique pas seulement aux ornemens extérieurs; on peut en dire autant de la coquille tout entière, qui n'est qu'une enveloppe grossière reflétant d'une manière très-imparfaite l'individualité des animaux dont elle provient. Et pourtant nous avons la légitime prétention de reconstruire la faune malacologique des époques an- térieures avec ces documens imparfaits ; bien plus, nous ne craignons pas de déterminer des mou- les intérieurs ou des coquilles, dont les traits essentiels, tels que les empreintes musculaires et pal- léale sont oblitérées, comme c'est le cas de la plupart des Myes fossiles. C'est qu'en effet, chaque type a une physionomie particulière, et cette physionomie ne réside pas essentiellement dans tel ou tel trait saillant; elle résulte de la réunion d'une foule de traits qui, pris isolement, n'ont au- cune valeur, mais qui dans leur ensemble représentent l'individualité du mollusque qu'il s'agit d'étudier. De ce nombre sont les dimensions relatives du corps et les ornemens de la surface. Ainsi, je crois avoir démontré par l'étude de mes moules artificiels (*), qu'il n'est aucun genre dont on ne puisse déterminer le moule intérieur, pour peu qu'on apporte quelque soin à cette étude. A plus forte raison le peut-on, lorsqu'on a à faire à des coquilles très-minces, dont les ornemens se reproduisent sur le moule , comme c'est le cas de la plupart des Myes. Or, il me semble , que l'on n'applique pas en général une mesure égale dans l'appréciation des différens caractères de coquilles. Depuis Lamarck, surtout, on s'est habitué à attribuer une valeur exa- gérée à la charnière, et l'on a négligé d'autres particularités non moins essentielles. Qui ne voit en effet que la présence de côtes ou d'autres ornemens, d'une forme déterminée, constitue un ca- ractère au moins aussi important que la présence d'une dent de plus ou de moins à la charnière. Un exemple suffira pour justifier cette assertion. Le genre Cytherée se compose de coquilles en tout semblables aux Vénus, à tel point qu'il est impossible de les distinguer, si l'on ne connaît pas la charnière; mais elles ont à la valve gauche une dent de plus, et cela a suffi aux yeux de la plupart des conchyliologistes pour en faire un genre à part. Les Arthémis au contraire ont la même charnière que les Cylhérées; mais leur forme est tout-à-fait différente; elles sont orbicu- laires et ornées de sillons concentriques très-réguliers, tandis que les Cylhérées sont constamment alongées ou cunéiformes, et cependant on a hésité à en faire un genre jusqu'à ce qu'il a été dé- montré par Poli que l'animal de l' Arthémis était différent de celui des Vénus et des Cythérées. Et pourtant le type des Arthémis se reconnaît facilement à la forme et aux ornemens de la (*) Voy. mon Mémoire sur les moules de Mollusques vivans et fossiles, dans les Mém. de la Soc. des Sciences naturelles de Neuchàtel lom. 2. XII coquille , sans qu'on ait besoin de recourir à la charnière ou à l'animal. Je n'ignore pas que l'application de ce principe présente de graves difficultés, en ce qu'elle laisse beaucoup de lati- tude au naturaliste , mais d'un autre côté nous ne devons pas oublier non plus, qu'au point où en est arrivé la science , ces inconvéniens sont moins à craindre qu'autrefois. Le règne de l'arbitraire est passé dans la science. Pour imposer des régies à la nomenclature, il ne suffit plus d'un aperçu superficiel; il faut des études longues et minutieuses, et celles-ci portent en elles-mêmes leur garantie contre les innovations intempestives. Si dans mes recherches sur les mollusques fossiles, j'ai institué un certain nombre de nouveaux genres, c'est parce que j'ai la conviction qu'ils sont réellement fondés dans la nature, et que loin de nuire aux études malacologiques, ils sont au con- traire destinés à les faciliter. Et en effet, nous voyons tous les jours les naturalistes proposer des fraclionuemens semblables dans toutes les classes du règne animal , à mesure que les familles deviennent l'objet de travaux monographiques. Par conséquent, si les principes qui m'ont guidé dans l'élude dei Myes fossiles sont vrais , ils devront trouver leur application dans les autres fa- milles. L'exemple du Lucina divaricata que M. d'Orbigny cite à cette occasion, ne saurait être envisagé comme une objection sérieuse. Qui ne sait en effet que le genre Lucina, tel qu'il a été circonscrit par Lamarck, est l'un des plus indigestes de la classe des Acéphales. 11 renferme au moins trois types distincts, dont l'un des plus caractéristiques est précisément celui du Lucina divaricata et des espèces analogues. Si jusqu'ici on l'a laissé associé aux autres Lucines, malgré ses rides tout-à-fait caractéristiques, il est évident que cela ne prouve rien contre mes nouveaux genres de Myes. On pourrait faire la même remarque à l'occasion des Vénus; les espèces à co- quille ornée et accidentée, telles que les Venus verrucosa, rugosa etc. sont au moins aussi distinctes des Vénus lisses, tels que les Venus gibbia, lilterata, etc., que mes Goniomyes le sont des Pliola- domyes, et celles-ci des Plcuromyes etc. Aussi j'ai la conviction qu'on finira par distinguer les Vénus tuberculeuses des Vénus lisses, et cela avec au moins autant de raison, qu'on a distingué les Cylhérées. Il serait intéressant, sous ce rapport, d'étudier la structure des bords du manteau dans plusieurs genres, afin de s'assurer de quelle manière s'opère la déposition de la matière cal- caire des coquilles. D'après cela, je crois être fondé, en établissant les coupes suivantes, que nous allons passer en revue d'une manière succincte, en examinant les critiques spéciales dont elles ont été l'objet. 1° genre Goniomya. Il suffit d'avoir vu une seule de ces coquilles pour en reconnaître le type; elles ont, comme les Pboladomyes, de fortes côtes sur les flancs; mais ces côtes, au lieu d'être droites ou arquées , convergent sous un angle déterminé , ce qui leur donne une physio- — XIII — nomie lout-à-fait particulière. Aussi, tandis que j'en faisais mon genre Goniomya, M. le comte de Miïnsler les réunissait dans l'ouvrage de Goldfuss, sous le nom de Lysianassa. J'ajouterai en- core que la forme de ces coquilles est différente de celle des Pholadomyes, et que l'épidémie qui les recouvre présente des particularités que je n'ai pas rencontrées jusqu'ici chez les autres Myes. Par ces motifs, je crois mon genre Goniomya à l'abri de toutes les attaques. Aux espèces décrites plus bas, il faut en ajouter plusieurs nouvelles, savoir : a) De la section des Cylindracées : 1 . Goniomya cylindrica Ag. C'est une petite espèce d'un pouce de long, qui se distingue de toutes les autres Cylindracées par ses crochets presque médians. Les côtes forment des angles aigus sur le milieu des flancs. De l'oolite ferrugineuse du Jura soleurois. Une autre espèce du Bradford-Clay de Bouxwiller, voisine du G. suhata , mais trop mal conservée pour pouvoir être déterminée rigoureusement. a) De la section des Ovales. 2. Goniomya scalaris Ag. Les côtes ne se rencontrent pas à angle aigu, mais forment uu double coude, de manière à occasionner sur le milieu des flancs une zone assez large, daDS laquelle les côtes sont longitudinales. L'espèce se rapproche du G. (Lysianassa) ornala; mais elle est plus alongée; les sillons sont aussi plus serrés, et la zone du milieu des flancs, plus large. Du Jura supérieur de Saint-Mihiel. 3. Goniomya Vollzii Ag. C'est une espèce voisine du G. Knorrii; mais les crochets sont plus élevés et les carènes marginales divergent davantage. Du Lias supérieur de Gundershofen. 4. Goniomya Mùnsteri Ag. (Lysianassa V-scripta Munster, dans Goldf. Petref. p. 262, Tab. 154, fig. 6). Elle ressemble en effet fort au véritable G. V-scripta décrit ci-dessous, mais les côtes sont plus oblitérées sur les régions antérieure et postérieure. Du Jura supérieur de Saint-Mihiel (Dépt. de la Meuse). 5. Goniomya anaglyplica Ag. (Lysianassa anaglyptica Miinst. dans Goldf. Petref. p. 263, Tab. 154, fig. 7), Espèce voisine du G. litlerata; mais plus épaisse et plus tronquée en avant. Les angles forment une ligne verticale sous les crochets. Du Kimméridgien de Weslphalie. 6. Goniomya ornala Ag. (Lysianassa ornata Mùnst. dans Goldf. Petref. p. 264, Tab. 154, fig. 12). Espèce trapue, à côtes ondulées, deux fois coudées, comme dans le G. scalaris, mais moins serrées. La zone médiane, où les côtes sont horizontales, est aussi moins large. Du calcaire ju- rassique de Muggendorf. XIV — 7. Goniomya designata Ag. [Lysianassa designata Goldf. Petref. p. 264, Tab. 154, fig. 13), Grande espèce comprimée, arrondie en avant et en arrière. Les côtes forment des angles aigus, mais qui ne sont visibles que près des crochets. Du grès vert de Westphalie et de Cléves. 8. Goniomya subcarinata Ag. [Lysianassa subcarinata Goldf. p. 263, Tab. 154, lig. 9). Espèce voi- sine du G. Knorrii, mais qui s'en distingue par une carène qui part des crochets et se dirige obli- quement en arrière. Les côtes sont oblitérées sur l'avant et sur l'arrière. Du Lias supérieur de Gundershofen. c) De la section des Tronquées. 9. Goniomya Rauliniana Ag. [P holadomy a Rauliniana d 'Orb. Paléont. franc. Tab. 363, fig. 3 et 4). Cette espèce est voisine du G. rhombifera figuré et décrit par Goldfuss; mais sa forme est plus alongée. Elle provient du Gault de Fléville (Ardennes). 10. Goniomya Maillcana Ag. [Pholadomya Mailleana à' Orb.) Paléont. franç= Tab. 364, fig. Iet2). Voisine de la précédente et de mon G. caudata, mais son extrémité antérieure est plus saillante et plus accuminée. De la craie chloritée de la montagne de Ste-Catherine, près de Rouen. d) De la section des Trapézoïdes. 11. Goniomya rhombifera Ag. [Lysianassa rhombifera Goldf. Petref. p. 264, Tab. 154, fig. 11). Espèce courte et trapue, à côtes doublement coudées. La région postérieure est très-haute, les côtes serrées et non onduleuses. Du Lias de Banz et d'Altdorf en Wurtemberg. 12. Goniomya trapézoïdes Ag. [Lutraria trapézoïdes Pusch Polens Verst. p. 80, Tab. 8, fig. 10). Espèce très-voisine de la précédente, mais plus épaisse. Les angles que forment les côtes sont aussi moins aigus. D'une couche d'argile jurassique en Pologne. Enfin il se pourrait que mon G. heleropleura ne fût qu'une variété d'âge du G. rhombifera. 2° genre Ceromya, J'ai réuni sous ce nom certains fossiles qui passaient généralement pour des Isocardes, mais qui en diffèrent par un sillon oblique, qui se retrouve sur la valve droite des moules bien conservés , et qui provient évidemment d'une lame cardinale à la face interne de la coquille. M. d'Orbigny, tout en reconnaissant que ces caractères sont suffisans pour cons- tituer un genre, n'admet cependant pas le genre Ceromya, parce que, selon lui, il serait syno- nyme du genre Lyonsia de Turton. Je n'ai pas vu ce genre en nature, mais les fossiles que M. d'Orbigny lui rapporte dans sa Paléontologie française, sont tellement différens de mes Cëro- myes, que je conçois à peine comment on peut songer à les identifier. Aussi n'ai-je de ce côté aucune crainte sur l'avenir de mon genre Ceromya. Quant à l'espèce que j'ai décrite sous le nom de Ceromya neocomensis , je ne l'ai placée dans le genre Ceromya qu'à raison de sa forme XV générale. M. d'Orbigny, qui parait l'avoir étudiée sur de meilleurs exemplaires, prétend que cette espèce manque des caractères essentiels des Céromyes, en sorte qu'on devrait la reporter dans le genre Isocarde. 3° genre Cercomya. Ce genre comprend des coquilles non moins caractéristiques que les genres précédens. Aux caractères que je lui ai assignés, et qui consistent dans la forme alongée, le renflement considérable de la région antérieure , la présence de côtes longitudinales, et l'exis- tence d'un double sillon le long du bord cardinal postérieur, M. d'Orbigny en ajoute un autre, qui consiste dans la présence d'une fente ou d'une brisure au sommet. Il conclut de l'ensemble de ces caractères, que les Cercomyes sont de véritables Anatines, et il pense que les sillons qu'on remarque sur le bord postérieur des moules, proviennent de carènes internes destinées à sou- tenir les cuillerons de la charnière. Il ajoute même qu'il a trouvé sur des écbantillons fossiles la cavité laissée par ces cuillerons et par l'osselet transverse interne des Anatines. D'après cela, l'affinité serait en effet très-grande entre les Cercomyes et les Anatines ; mais je crois que le genre Cercomya n'en devra pas moins être maintenu , à raison de sa forme alongée et de ses fortes côtes qui, à ma connaissance, ne se retrouvent pas cbez les Anatines. Deux espèces nouvelles sont depuis lors parvenues à ma connaissance (*) : 1° Cercomya Schimperi Ag. Espèce de grande taille, renflée, non relevée en arrière, garnie de plis longitudinaux très-faibles. Les crochets sont au tiers antérieur. De loolite de Bouxwilliers en Alsace. 2° Cercomya sublaevis Ag. Espèce de grande taille; les flancs sont comprimés, presque lisses, sans empreintes de côtes. De loolite inférieure du Weissenslein , près de Soleure. M. d'Orbigny en a décrit une troisième, sous le nom A'Anatina Robinaldina (Paléont. franc PI. 370, fig. 6-8). Je la désignerai sous le même nom spécifique, en la reportant au genre dans lequel je crois qu'elle doit être rangée. Ce sera donc le Cercomya Robinaldina Ag. Voisine du C. siliqua , cette espèce en diffère par son extrémité antérieure plus longue proportionnellement a sa taille et par son aspect plus lisse. 4° genre Uomomya. Ce genre se compose de grandes espèces ayant la forme générale des Pholadomyes, mais dépourvues de côtes. Je conçois que, réduit à ces seuls caractères, le genre Uomomya puisse prêter à la critique, par la raison que les côtes ne sont pas toujours bien dis- tinctement accusées, et qu'alors la distinction, entre les Homomyes et les Pholadomyes, court (') Le genre Rhynchomya doit être envisagé comme non avenu ; je l'ai moi-même cassé , en décrivant au chapitre des Cerco- myes, comme Cercomya gibbosa , l'espèce figurée PI. H fig. 9-12, sous le nom de Rliynchomyagibbosa. XVI risque de s'évanouir. Mais il est un autre caractère que je dois signaler pour compléter la diag- nose de mon nouveau genre, c'est qu'il a le test beaucoup plus épais que les Pholadomyes, et la plupart des Myes fossiles. Cette particularité sert aussi à le distinguer du genre Myopsis , qui dépourvu lui aussi de côtes, a le test extrêmement mince et diversement orné, tandis que le test des Homomyes est lisse. D'après cela , les deux espèces décrites plus bas sous le nom de H. gibbosa et //. gracilis, devront peut-être être reportées dans le genre Myopsis, lorsqu'on se sera assuré que leur test est réellement mince , et non pas épais et lisse , comme celui des Ho- momyes. 5° genre Arcomya. J'ai appelé de ce nom les espèces qui, tout en ayant les principaux ca- ractères des Myes, ont la forme des Arches. Les flancs sont lisses et distinctement séparés de la partie postérieure, par une carène obtuse, qui détermine une sorte de corselet. Ces caractères, joints à l'absence de côtes, suffisent pour distinguer notre genre des Pholadomyes. Je me crois par conséquent autorisé a maintenir ce genre, contrairement à l'opinion de M. d'Orbigny, qui le réunit de nouveau aux Pholadomyes. Il faut ajouter à la liste des espèces décrites ci-dessous, les suivantes : 1° Arcomya compressa Ag. Espèce voisine du YA.sinistra, mais plus longue, à flancs compri- més. Du terrain oolitique de Bouxwiller. 2° Arcomya carinata Ag. [Solen carinatus Math. Cat. méth. PI. II, fig. 2 et 1 .) Grande espèce du néocomien des environs de Marseille, sensiblement plus large à son extrémité postérieure qu'en avant. C'est la seule espèce des terrains crétacés que je connaisse. 6° genre Platymya. Ce genre est en apparence très-voisin des Arcomyes; mais il en diffère par sa forme plus aplatie et ses crochets plus médians. Le bord cardinal postérieur présente de s sillons semblables a ceux des Cercomyes, provenant évidemment d'une côte interne. M. d'Orbi- gny, pour cette raison, en fait des Anatines, et il ajoute qu'il a même observé dans certaines espèces l'empreinte du cuilleron, auquel ces côtes aboutissent. D'après cela, je reconnais volon- tiers, avec M. d'Orbigny, qu'il existe une aflinité très-grande entre mes Platymyes et les Ana- tines; mais d'un autre côté, il est une différence à laquelle M. d'Orbigny n'accorde pas assez d'importance, c'est que dans les Anatines, la région antérieure est de beaucoup la plus proémi- nente , tandis que dans les Platymyes , c'est au contraire la région postérieure qui l'emporte considérablement sur la région antérieure. Les crochets sont toujours ou bien médians ou bien rap- prochés du bord antérieur. Par ces motifs , je crois que le genre Platymya mérite d'être main- tenu, sinou comme genre, du moins comme sous-genre. XVII Outre les espèces que j'ai décrites, M. d'Orbigny en a t'ait connaître plusieurs sous les noms àAnatina Cornueliana, subsinuosa, Astkriana, Cartcroni, Marullensis, et Royana, que j'inscrirai à l'avenir dans mon genre Platymya. 7° genre Madromya. J'ai réuni sous le nom de Maclromyes , un certain nombre de fossiles en général courts et trapus, ressemblant par leur forme extérieure aux Mactrcs, mais qui n'en sont pas moins de véritables Myacés. Ils sont plus faciles à reconnaître qu'à définir. J'ai vainement cherché à les circonscrire par un caractère précis, et toutes les fois que je l'ai tenté, je me suis laissé entraîner à de fausses assimilations. Et pourtant ces fossiles ont dans leur forme quelque chose de particulier, qui dit assez qu'ils sont différens des autres Myacés. Leur véritable type est représenté par les Madromya œqualis (Tab. 9 d), globosa (Tab. 9 d) et rugosa (Tab. 9 c). J'ai en outre indiqué comme caractère la présence d'un sillon placé au devant des crochets, et qui se dirige obliquement en avant et en bas. Mais, je dois le dire , je n'ai trouvé ce sillon distinct que dans deux espèces, le M. Couloni et le M. madroides. Or voici que M. d'Orbigny pense que le M. Couloni, dont on ne connaît que le moule, a dû avoir une coquille très-épaisse, en sorte que ce ne serait pas un Myacé, mais un Mésodesme voisin de son M. novœ-ZelandiœÇ). Quant aux M. œqualis, rugosa et globosa , le même auteur se serait assuré que la charnière est pourvue d'une dent sur chaque valve , ce qui serait en effet un caractère très-important à ajoutera ceux de la forme générale; mais il ne s'en suit pas pour cela que ces coquilles doivent être reportées dans le genre Lucine. Aussi bien elles ne feraient que compliquer davantage ce genre déjà si peu précis. Loin donc d'infirmer le genre Mactromye , la découverte de M. d'Or- bigny ne fait que le corroborer. Nous proposons par conséquent de le maintenir, sauf à en retrancher les espèces qui n'auraient point de dents à la charnière ; c'est-à-dire , probablement les M. tenuis et brevis , qui rentreraient dans le genre Platymya ou Lavignon, et le M. Couloni, qui serait un Mésodesme ou le type d'un genre nouveau (**). En revanche, on devra ajouter les espèces suivantes: 1 . Madromya liasina Ag. Espèce voisine du M., œqualis, mais plus renflée et moins équilatérale. Assez commune dans le calcaire à gryphées d'Alsace. 2. Madromya Caumonli Ag. Assez grande espèce voisine du M. globosa , mais très-courte en avant. De l'oolite ferrugineuse des Moutiers en Normandie. (*) Paléontologie française , tome III, page 515. (**) Au moment de mettre sous presse je reçois la 98 e livraison de la Paléontologie, française, où je vois mon M. Couloni figuré sous le nom de Donacitla Couloni, PI. 376, III XVIII 3. Mactromya crassa Ag. Grande espère , très-renflée , voisine du M. globosa , mais plus courte. Les crochets sont très-gros et à-peu-près médians. La hauteur égale presque la longueur. De l'Oxfordien. Se trouve en Suisse et en Alsace. 8° genre Gresslya. Il est caractérisé par sa forme plus ou moins comprimée, ses crochets rapprochés du hord antérieur, les plis longitudinaux de sa surface, et surtout par la présence d'un sillon caractéristique sur la valve droite. M. d'Orbigny, tout en reconnaissant la validité de cette coupe, accorde une importance exagérée à ce dernier caractère, auquel il subordonne tous les autres. C'est pour cela qu'il confond les Gresslyes avec les Céromyes; mais, ainsi que nous l'avons dit plus haut, il y a trop de différence dans la forme et la physionomie extérieure de ces deux genres pour que je pusse consentir à les réunir. La seule espèce que j'aie à ajouter à la liste de celles qui sont décrites plus bas, est le Gresshja Saussuri Ag, (Venus Saussuri Brong. Venus Brongniarti Rœm.) qui est réellement une Gresslye, quoique sa forme rappelle un peu les Vénus. Du Portlandien de Wendhausen (Alsace). 9° genre Ptychomya. M. d'Orbigny ayant eu l'occasion d'étudier à la fois la coquille et l'em- preinte interne du fossile que j'ai figuré Tab. 1 1 , fig. 3 et 4 , sous le nom de P. plana, prétend s'être assuré que ce genre, que j'avais institué d'après un seul fragment, n'appartient point au groupe des Myes , mais que c'est une Crassatelle , sa Crassatella Robinaldina. Son aspect extérieur est cependant bien différent de celui des Crassatelles. (Voir d'Orbigny Paléont. franc, pag. 75, PI. 264.) 10° Le genre Pleuromya excitera sans doute aussi quelque opposition de la part des conchy- liologistes, qui préfèrent les grands genres. Déjà M. d'Orbigny, se fondant sur ce que j'en ai dit à l'occasion du genre Gresslya , pense que ce genre doit être rapporté aux Panopées. Il pour- rait en effet avoir raison , en tant qu'on prendrait pour type le Lulraria Jurassi de Brongniart ; mais ce n'est point là une Pleuromye. Ce que M. d'Orbigny dit de la présence de dents à la charnière, m'a au contraire engagé à le reporter dans le genre Myopsis. Les Pleuromyes sont bien plus voisines des Gresslyes, dont elles ne diffèrent que par l'absence du sillon de la valve droite. Quant aux espèces du Trias, il me paraît évident que Schlotheim et Goldfuss en ont admis un trop grand nombre. Ainsi il est difficile de dire en quoi le Myacites venlricosus Schl. et le M. musculoides Schl. diffèrent. Le Myacites elongatus me paraît aussi être le même que le M. muscu- loides,'}e propose par conséquent de réunir au moins ces deux derniers sous le nom de Pleu- romya musculoides. D'un autre côté il faut ajouter à la liste des espèces déjà connues, les suivantes: XIX 1. Pleuromya tennis Ag. Petite espèce du calcaire dolomitique de Wurtemberg, qui se distingue des espèces du Muschelkalk en ce que le bord cardinal est déclive et la région postérieure par conséquent très-étroite. Les crochets sont sub-médians. Je ne connais encore que des moules ci flancs lisses. 2. Pleuromya coslulata Ag. Espèce tout-à-fait semblable à la précédente, mais avec celte diffé- renceque les flancs, au lieu d'être lisses, sont garnis de rides longitudinales distinctes. Du grés bigarré de Soultz-les-Bains. 3. Pleuromya brevis Ag. Autre petite espèce, très-courte, plus petite que toutes les autres, mais non rétrécie en arriére, à crochets presque sub-médians. Du Muschelkalk de Dietesweiler. 4. Pleuromya œquis Ag. Espèce de petite taille, très-alongée , subcylindrique, aussi large en arrière qu'en avant. Du grès bigarré de Soultz-les-Bains. 11° genre Myopsis. Ce genre a peut-être moins de droit à la sanction des conchyliologistes que la plupart des autres, et il se pourrait qu'un jour on le réunît aux Pleuromyes, quand on connaîtra mieux la charnière de ces dernières. En attendant, la minceur du test m'empêche de l'associer aux Panopées , comme le fait M. D'Orbigny. 12° genre Corimya. Ce genre ne semble pas non plus devoir trouver grâce aux yeux de M. d'Orbigny. Au moment de mettre sous presse, je vois paraître, dans sa Paléontologie fran- çaise, plusieurs espèces de Corimyes, qui s'y trouvent figurées sous le nom générique de Pé- riplome. Sans connaître encore les raisons qui ont déterminé l'auteur à faire ce rapprochement, je pense qu'il se trompe, et en attendant ses descriptions je rangerai les fossiles qu'il prend pour des Périplomes parmi les vraies Corimyes ; ce sont ses Periploma Robinaldina , neocomensis et simplex. Enfin j'ai aussi traité d'un genre particulier qui n'appartient pas à la famille des Myes , le genre Cardinia. Comme ce type a été confondu par les auteurs tantôt avec les Myes, tantôt avec les Unio, il importait d'en signaler les caractères distinctifs, et j'ai profité de l'occasion pour dé- crire les espèces qui me sont connues. M. Stricklaud qui a depuis lors fait une étude spéciale de ce genre remarquable, a reconnu, en comparant de nombreuses séries d'exemplaires que plusieurs espèces admises par M. Stutchbury et par moi sont de simples variétés d'âge ou de forme. Ainsi, il pense que le Cardinia hybrida n'est pas différent du C. Lisleri; que le Cyllierea lamcllosa Goldf. le Pachyodon imbricalus Stutchb. et le P. cunealus Stuchb., sont des formes diverses d'une seule espèce, dont mon Cardinia amygdala ne serait que le jeune âge; mes Cardinia unioides et Cyprina seraient synonymes du Pachyodon ovalis de M. Stutchbury; et enfin mes Cardinia elliptica et similis XX ne seraient que des variétés du C. crassiuscula. M. Strickland était sans doute mieux que personne en mesure de prononcer sur la valeur des espèces propres à l'Angleterre, dont il possède des va- riétés de toutes les formes. Mais quant aux Cardinia elliptica et similis, je ne puis pas me ranger à son avis, quand il prétend n'y voir que des variétés du C. crassiuscula. Je persiste au contraire à penser que ce sont l'un et l'autre de bonnes espèces. J'ai en outre appris à connaître depuis lors plusieurs espèces nouvelles, qui sont les suivantes : 1. Cardinia angustala Ag. Grande espèce très-alongée , la plus longue de toutes, à tel point que la longueur égale deux fois et demi la plus grande hauteur. Les flancs sont à-peu-près lisses, les sommets encore plus antérieurs que dans le C. securiformis. Des environs d'Arlon en Belgique. Inscrite au musée de Strasbourg sous le nom de Unio angustatus. Probablement de l'oolite infé- rieure. 2. Cardinia plana Ag. Espèce très-plate, voisine du C. similis, mais plus cunéiforme en ar- rière. Des environs d'Arlon en Belgique. Probablement de l'oolite inférieure. 3. Cardinia infera Ag. Autre espèce de la même localité. C'est un moule semblable à celui du C. securiformis avec cette seule différence, que les empreintes musculaires antérieures sont plus bas et que le bord antérieur remonte verticalement vers les crochets. 4. Cardinia minor Ag. Très-petite espèce de la même localité ressemblant un peu au C. elliptica par sa forme , mais à-peu-près complètement lisse comme le C. lœvis. A l'égard des espèces , je crois que les divergences qui divisent les naturalistes proviennent en grande partie de la manière d'interpréter les principes généraux de la classification. Tout le inonde est convenu d'envisager comme appartenant à la même espèce un cycle d'individus descendant évidemment ou supposés descendus d'une même souche et ayant plus de rapports entre eux qu'avec d'autres groupes d'individus descendant ou supposés descendus d'une autre souche. Mais faut-il admettre pour cela, que tous les exemplaires qui se ressemblent au même degré dans diffé- rons genres, ou qui peuvent présenter des points de contact entre divers cycles d'individus, appartiennent nécessairement à la même espèce ? Evidemment non. D'ailleurs les progrès rècens de la zoologie nous ont appris que, tandis que dans certaines familles, les individus d'espèces très-différentes par leur nature intime peuvent se ressembler au point de tromper l'œil le plus exercé, il est d'autres familles, où les individus d'une même espèce diffèrent davantage entre eux, aux différens âges de leur vie , ou suivant leur sexe, ou suivant d'autres circonstances , qu'ils ne différent des individus correspondans d'une autre espèce. Il faut donc tenir compte, non seule- ment des rapports de ressemblance des individus, mais encore de toutes les circonstances qui XXI accompagnent leur développement , c'est-à-dire de leur mode de reproduction , des changeniens qu'ils offrent dans leur accroissement , de leur distribution géographique, de leur association par paires , par familles ou par groupes plus nombreux, de leur taille absolue et de leur grandeur relative, et de toutes les particularités qui influent sur leurs caractères. Cela étant, il peut arriver, et l'histoire de la science nous montre qu'il est arrivé souvent, que des considérations étrangères aux caractères matériels et sensibles des espèces ont autant contribué à les faire distinguer que l'étude des individus mêmes. L application de ces principes est assez facile lorsqu'il s'agit d'espèces vivantes; mais pour les espèces fossiles, la question devient plus dificile, faute de reuseignemens suflîsans sur les circonstances dans lesquelles ces êtres vivaient. Cependant dés à- présent l'étude des conditions d'assemblage et d'associations des fossiles peut fournir de précieux indices sur les limites des espèces qui ont disparu, et c'est dans ce sens, mais dans ce sens seulement, que j'entends tenir compte du gisement dans l'étude des espèces, concurremment avec l'appréciation comparative de leurs caractères zoologiques, sans cependant prétendre, comme on me l'a fait dire, que l'on puisse établir des espèces sur le seul fait de l'occurrence d'exemplaires dans des terrains différens, alors même qu'il n'existerait pas de différences zoologiques entre eux. Je ne cacherai pas que malgré ces précautions et tout en tenant compte du double point de vue que je viens de signaler, il est quelquefois difficile de bien distinguer certaines formes, tant est grande l'uniformité du type en général. J'estime que pour déterminer avec certitude une espèce de Mye fossile, il faut pouvoir comparer sinon tout une série, au moins plusieurs exemplaires. Des individus isolés ne suffisent qu'autant qu'ils sont parfaitement conservés. Aussi, je ne serais nullement étonné si l'on venait à démontrer que parmi les espèces que j'ai adoptées , il s'en trou- vait quelques-unes qui ne fussent que des variétés d'âge. Mais alors à quoi hon s'occuper de ces fossiles , s'ils ne peuvent être un guide pour le classement des terrains? A ce sujet, je ne puis que répéter ce que j'ai déjà dit ailleurs , c'est que le but de la paléontologie n'est pas uniquement de fournir des documens à la géologie; elle a une autre mission plus importante à remplir, c'est de constater l'aspect général des faunes et des flores à toutes les époques , d'eu suivre les modili- cations dans les divers terrains, afin de déterminer de quelle manière s'est opéré le progrès si re- marquable qui a amené l'état de choses actuel à la surface de la terre. Envisagés sous ce point de vue, tous les animaux ont une égale importance pour le paléontologiste. C'est moins le ca- ractère propre des espèces, que le fait de leur existence, qui doit l'intéresser. Par conséquent s il est quelques fossiles dont il ne puisse distinguer avec certitude toutes les affinités, ce n'est pas une raison pour les négliger, puisqu'ils sont, comme les autres , l'expression d'une idée créatrice. XXII * D'ailleurs le nombre ues espèces uouieuses diminue tous les jours, et nous avons la conviction qu'avant qu'il soit longtemps, on ne parlera plus de fossiles identiques dans plusieurs terrains. Si nous considérons le groupe des Myes au point de vue de son ancienneté , nous trouverons qu'il est apparu à la surface du globe pendant la déposition des terrains triasiques. Nous le trouvons déjà représenté par plusieurs espèces dans le grès bigarré; mais le groupe le plus caractéristique , celui des Pboladomyes , manque dans tout le Trias ; il n'y a encore que des Pleuromyes et quel- ques Arcomyes. La véritable époque des Myes fossiles , c'est la formation jurassique et particuliè- rement les étages inférieurs de cette formation. Nous trouvons dans le Lias des représentans de la plupart des groupes que nous avons distingués : les Pholadomyes , les Gresslyes , les Pleuro- myes y pullulent. Les mêmes types se continuent, mais en d'autres espèces, dans les terrains jurassiques moyens et supérieurs. Il y a même dans les dépôts littoraux du Portlandien des gites où certaines espèces se montrent avec une exubérance inouie, témoin certaines Pleuromyes et certaines Pholadomyes; mais les espèces sont en général moins nombreuses. Un changement com- plet s'est opéré dans les Myacés durant l'époque de la craie. Cette multitude d'individus et d'es- pèces qui peuplaient les bas fonds des mers jurassiques ont complètement disparu. Les Gresslyes et les Pleuromyes en particulier y sont tout-à-fait inconnues. Les Pholadomyes, les Arcomyes, les Panopées n'y comptent qu'un petit nombre d'espèces et il est rare que les individus en soient très- aombreux. Un seul type semble concentrer en lui toute la fécondité qui était propre à ses con- génères de l'époque jurassique, c'est ce type que nous avons séparé des Pauopées pour en faire notre genre Myopsis. Aussi , ce n'est que dans les étages inférieurs de cette formation , particulié- nent dans le néocomien que l'on trouve celte quantité d'individus, d'espèces et de variété d'espèces. Les terrains supérieurs de la formation crétacée ne contiennent nulle part, que je sache, des espèces aussi prédominentes. Les terrains tertiaires renferment eux aussi des Myes, mais elles appartiennent aux genres de l'époque actuelle, les vraies Myes et les Panopées. On ne connaît incore qu'une ou deux espèces de Pholadomyes tertiaires, et nous ne serions pas étonné qu'on y découvrit aussi quelques espèces de Myopsis. Tous les autres genres, même ceux qui avaient des représentans dans l'époque crétacée, tels que les Goniomyes et les Cercomyes ont complètement disparu. Enfin les espèces de notre époque sont, si possible, encore moins nombreuses que celles des terrains tertiaires; ce sont des Myes et des Panopées, auxquelles il faut ajouter trois espèces de Pholadomyes. ■Pt CHAPITRE I. DU GEXRE GOXIOMYA kG. Les espèces qui constiluent ce genre ont clé ballottées, dès l'origine, entre les genres Mya, Pholadomya et Lûiraria, sans que leur position, dans l'un ou l'autre de ces groupes, fût suffi- samment motivée. Les Myes ont en effet une charnière si singulière , et la dent de la valve gauche est si développée , qu'elle laisse toujours une très-forte empreinte dans le moule ; or celte empreinte devrait se relrouver dans les moules des Mya liUerala, V-ècripta et anguh'fera , si ces espèces appartenaient réellement au genre Mya. Quant aux vraies Lulraires, leur charnière dé- termine dans le moule deux profonds sillons verticaux allongés , dont il n'existe aucune trace dans les espèces ci-dessus. C'est effectivement avec les Pholadomyes, auxquelles M. DesHayes les réunit , qu'elles ont le plus de rapport; cependant , l'examen que j'ai pu faire d'une partie de la charnière du Goniomya proboscidea et du G. DuBois , et les particularités déstructure de leur test m'ont démontré depuis longtemps la nécessité de créer pour elles un genre à part; et comme le caractère extérieur le plus saillant de ce genre consiste dans la disposition bizarre des côtes qui convergent sous un angle plus ou moins fort sur le milieu des flancs de la coquille, je lui ai donné le nom de Goniomya. Je ne suis pas le seul qui ait senti la nécessité de distinguer génériquement ce type remar- quable des autres Acéphales; car en même temps que j établissais mon genre Goniomya, M. le comte de Munster le distinguait sous le nom générique de Lysianassà. M. de Munster mentionna son genre, pour la première fois, dans une lettre à M. le Prof. Bronn , dans \aJahr- buch fur Minéralogie, etc., pour l'année 1838. De mon côté, j'ai soumis à la section de géologiede la réunion des naturalistes suisses à Baie, également en 1838 , les premières planches de cette mono- graphie, dont une était consacrée au genre Goniomya. Il résulte de là que nos deux noms ont exac- tement la même date , et que les naturalistes devront opter entre l'un ou l'autre. M. le comte de Munster ayant déjà publié les matériaux qu'il possède sur ce genre, dans le grand ouvrage de M. Gold- fuss sur les fossiles d'Allemagne, j'aurais volontiers fait le sacrifice du nom que je lui ai donné, 1 — \ — noms àc Lysianassa anaylypt ira , hybrida et ornata : Goldfuss, à son tour, les a augmentées de trois espèces nouvelles , ses Lysianassa subcarinata , designata cl rhombi fera; mais cette dernière pourrait bien n'être que le LxUraria trapezicosta de Pusch ; je ne découvre du moins aucune diffé- rence dans les ligures ; mais n'ayant pas vu d'exemplaires originaux , je n'oserais l'affirmer posi- tivement. Aces onze espèces, je puis eu ajouter seize nouvelles, ensorte que le genre Goniomya compte aujourd'hui vingt-sept espèces qu'il me paraît utile de répartir en quatre sections, d'après quelques particularités de leur forme, savoir : I. Les Cylindracées, de forme allongée, aussi larges en avant qu'en arrière, très-ouvertes en arrière, cylindracées ou faiblement comprimées , à sommets peu saillaus , marquées d'une dépres- sion transverse ou oblique des sommets au bord inférieur. 1. G. constricla Ag. Tab. 1 b, fig. 4-8. 2. G. sùntala Ag. Tab. 1 , fig. 3. 3. G. { Lysianassa) anaglyptica Miinst. (Goldfuss Pelr. Tab. loi, lig. 7.) 4. G. sulcata Ag. Tab. 1 , fig. 8 et 9 ; Tab. 1 b , fig. 9-12 , et Tab. 1 ç , fig. 13 et 1 4. 5. G. scalprum Ag. Tab. 1 c , fig. 10-12. II. Les Ovales, allongées, ovales, atténuées ou arrondies aux deux extrémités, également bâil- lantes en avant et en arriére, plus ou moins comprimées, à sommets plus saillans que chez les premières ; les côtes ne sont point interrompues par une dépression sensible ; elles se réunissent, au contraire, sous un angle aigu, ou bien elles aboutissent à une côte longitudinale. Ce sont les: 1. G. DuBoisA». Tab. 1 a, fig. 2-12. 2. G. con forints Ag. Tab. 1 a, fig. 1. 3. G. Knorrii Ag. Tab. 1 d, fig. 1 1-17, (Myacites V-sgriplq Broun — Mya litterata Ziel. — Lysia- nassa angulifera Miinst., Tab. 154, fig. 5). \. G. angulifera Ag. (Mya angulifera Sovv. Ziet. etc.) 5. G. proboscidea Ag. Tab. 1, fig. 6 et 7, et Tab. 1 c, fig. 1-9. 6. G. marginaux Ag. Tab. 1, fig. 12-14, et Tab. 1 c, fig. 15. 7. G. obliqua Ag. Tab. 1 c, fig. 16. 8. G. litterata Ag. Tab. 1 b, fig. 13-16. (Lyanassa liKerala WùnsL Goldf. Tab. loi-, fig, 8. Mya litterata Sow.) 9. G. (Lysianassa) ornata Miinst. (Goldf. Tab. 154, fig. 12). 10. G. V-scripta Ag. Tab. 16, fig. 17-19. (Mya Y-seripta Sow.J 11. G. M'ùnsleri Ag. (Lysianassa V-scripta Miinst. Goldf. Tab. 15') , lig. 6). — <> — 12. G. major Ag. Tab. 1, fig. 10 el 11. 13. G. (Lysianassa) designata Goklf. Tab. 154, lig. 13. I I. G. [Lysianassa) subcarinala Goldf. Tal). loi, fig. 9. 15. G. inflata Ag. Tab. 1, fig. 15. 16. G. parvula Ag. Tab. l,fig. 2. III. Les Tronquées, à boni cardinal droit, comme dans les Arches et à sommets plus saillans ; le bord antérieur est arrondi, peu bâillant, tandis que le bord postérieur est tronqué et très- ouvert. 1 . G. Engelhardtii Ag. Tab. 1 d. fig. 1-8. 2. G. caudata Ag. Tab. 1, fig. 1, et Tab. 1 h, fig. 1-3. 3. G. lavis Ag. Tab. 1, fig. 4 et 5. !V. Les Trapèzoïdes, hautes, comprimées, plus larges en arrière qu'en avant ; tronquées en ar- riére , très-arrondies à l'extrémité antérieure. 1. G. (Lysianassa) rhombifera Goldf. Tab. 154, fig. 11. (Lutraria trapezicosta Pusch.) 2. G. hetcropleura Ag. Tab. 1 d. 3. G. (Lysianassa) hybrida Munst. (Goldf. Tab. iôï, fig. 10). Si nous rangeons enfin toutes les espèces connues d'après leur distribution géologique , nous aurons le tableau suivant : Ovale. Tronquées. Cvi.INDRACÉES. I. formation ca-étacée. 1. GltÈS VERT. G. designata Goldf. Du grès-vert de Westphalie et de Clèves. 2. NÉOCOM1EN. iG. caudata Ag. Des marnes néocomienues des environs deNeuchàtel. ' G. lavais Ag. Des marnes néocomienues des environs de Neuchàtel. 3. POKTLANDIEN. G. conslricla Ag. Du faciès à tortues, à poissons et à polypiers spongieux ou subpélagiques du Jura, dans le canton de Soleure. G. sinuata Ag. Du faciès littoral vaseux à Ptérocéres, de Porrentruy. G. anaglyptica Munst. De l'argile kimmeridgienne de Westphalie. /v <*Î.N ' ?^. Ovales. Cylinuracée. Ovales. Cylindracée. Ovales. Ovales. Tronquée. Trapèzoides. — 6 — G. parvula Ag. Du faciès de charriage du Val-de-Laufon. \G. obliqua Ag. Du faciès à tortues du Born, dans le canton de Soleure. IG. Mùnsteri Ag. Du portlandien des environs de Metz. G. ornata Miinst. Du calcaire jurassique de Muggendorf. 4. Jura moyen. \ G. sulcata Ag. Du terrain à chailles pélagique et subpélagique du Jura , des ' cantons de Soleure , de Neuchâtel et de Vaud. G. hïterata Ag. Du terrain à chailles subpélagique de Goldenthal , dans le can- ton de Soleure. ,G. marginata Ag. Des strates vaseux des bancs à coraux pélagiques deGùns- berg , dans le canton de Soleure. \G. inflata Ag. De la même localité que le G. marginata. 'G. V-scripta Ag. Du calcaire oxfordien des environs de Besançon. G. major Ag. Des strates marno-calcaires à la base des bancs à coraux du \ Fringeli, dans le canton de Soleure. 5. OOLITE INFÉRIEURE ET OOLITE FERRUGINEUSE. (G. scalpram Ag. De la division supérieure de l'oolite inférieure, ou du calcaire ( roux sableux de Goldenthal , canton de Soleure. /G. proboscidca Ag. De la division supérieure de l'oolite inférieure de Golden- \ thaï et de Bing , dans le canton de Soleure. ï G. angulifera Ag. De l'oolite ferrugineuse d'Angleterre et du Wurtemberg. G. DuBois Ag. De l'oolite inférieure (?) de Popilani, en Lithuanie. 6. Lias supérieur. G. Knorrii Ag. De Gundershofen , département du Bas-Bhin. G. subcarinala Goldf. De la même localité que le G. Knorrii. G. conformis Ag. Du calcaire jurassique noir (lias?) de Ai-Daniell en Crimée. (G. Engelhardlii Ag. Du lias moyen de Miilhausen , département du Bas-Bhin, ( du faciès littoral vaseux pur. (G. hybrida Miinst. Du lias de Bavière. — 10. Ph. clongata Ag. Tab. 1, fig. 16 et 17. — Du Néocomien. 11. Ph. Scheuchzeri Ag. Tab. 2', fig. 3 — 8. — Du Néocomien. 12. Pli. fidicula Sow. Tab. 3 c, fig. 10 — 13. — De l'oolile inférieure. I. Pholadomya caspica Ag. Tab.l', fig. 7—23. C'est une curieuse petite espèce vivante, très-intéressante, que jetais d'abord disposé à ranger dans la section des ovalaires, à cause de sa forme suborbiculaire assez allongée et de ses larges cotes aplaties. Mais lorsque je l'eus soumise à un examen plus rigoureux, en vue de préciser ses rap- ports avec les autres espèces , je reconnus que, malgré l'extrême aplatissement de ses côtes, elle portait tous les caractères de la section des Pboladomyes niulticostées et qu'elle n'avait que des rap- ports apparens avec les Pholadomyes ovalaires. Elle est, en effet, dépourvue de l'aire cardinale , qui est si développée cbez la plupart de ces dernières ; tout l'appareil cardinal se réduit à un renflement des bords supérieurs, qui sont réfléchis en debors sur eux-mêmes. Ce ren- flement présente bien un bourrelet proéminent, muni çà et là de quelques irrégularités (fig. 15) ; mais il ne forme point une véritable dent ou lame cardinale. Le ligament est extérieur, corné , élastique, de couleur brune, très-semblable à celui des Anodontes, mais très-làcbe et peu fixe, de façon que les valves chevauchent facilement et se désunissent même complètement par le seul effet de la dessication. C'est sans doute à celte particularité du ligament qu'il faut attribuer le fait que, sur sept exemplaires que j'ai devant moi, il n'y en a qu'un seul qui ait ses deux valves en- core réunies et liées ensemble par le ligament, qui ne tient lui-même à la surface extérieure des bourrelets cardinaux que par une sorte de colle peu consistante et qui paraît très-décomposable après la mort des animaux. Les crochets sont petits, très-déprimés, contigus, â sommet acéré, compacte, sans trou ni échancrure quelconque (fig. 7 et 23). La coquille bâille fortement cbez les adultes, tant en avant qu'en arriére : en avant, depuis l'angle antérieur jusqu'au milieu du bord inférieur ; en arrière , sur tout le bord cardinal , de- puis le ligament jusque près du tiers postérieur du bord inférieur ; mais le plus grand écarte- ment des valves est à l'extrémité postérieure (fig. 23). Cette disposition n'est pas tout-à-fait la même cbez les jeunes individus ; car, proportion gardée , ils bâillent bien moins et d'une ma- nière moins inégale en avant et en arriére (fig. 7). Aussi leur forme générale en éprouve-t-elle — 46 — quelques modifications, dont on peut aisément poursuivre les progrès dans une série d'exem- plaires représentant les différens âges. Ainsi, les plus jeunes individus ont une coquille de forme lenticulaire et comprimée, semblable à celle de diverses petites espèces de Lucines (fig. 8) ; leur extrémité postérieure est encore plus étroite et plus rostrée que l'extrémité antérieure. Dans les exemplaires d'âge moyen, la coquille prend une forme plus allongée, ovalaire , très- semblable à celle de plusieurs espèces du type des Pboladomyes ovales (fig. 12). Je crois que cette forme intermédiaire tient au développement de l'extrémité postérieure , qui égale, à cette époque, celui de l'extrémité antérieure, et qui devient, plus tard, d'autant plus prépondérante, que la coquille avance en âge, de manière que, chez les adultes, l'extrémité postérieure est beaucoup plus large que dans le jeune âge. A ce développement correspond en outre un renfle- ment successif de la coquille. La coquille est ornée de côtes aplaties , qui s'élargissent et s'aplatissent d'autant plus qu'elles se rapprochent de l'extrémité jusqu'à ce qu'elles disparaissent entièrement vers la région dorsale. Un petit espace sur l'extrémité antérieure en est également dépourvu ou ne montre que quelques stries transversales fort étroites. Je compte jusqu'à vingt côtes , disposées assez uniformément en éventail et rayonnant du sommet des crochets vers la périphérie (Gg. 18 et 19). Outre ces côtes, il existe des sillons longitudinaux plus ou moins forts, qui divisent, par bandes plus ou moins larges, les côtés de la coquille chez les individus adultes, mais qui ne s'observent pas dans les jeunes individus, ni même sur ceux d'un âge moyen. Ces sillons marquent sans doute autant de momens d'arrêt dans l'accroissement; ils sont semblables ou plutôt identiques avec ces sillons et ces plis concentriques que l'on observe si fréquemment sur la plupart des coquilles de Gasté- ropodes et d'autres Acéphales où il se forme des bourrelets. Les stries d'accroissement sont géné- ralement très-distinctes ; elles sont fines, capillaires, très-régulières et légèrement onduleuses, par suite de leur entrecroisement avec les côtes et les sillons profonds qui les coupent. Les impressions musculaires et palléale sont fort bien dessinées dans la mince croûte de nacre blanc , d'aspect terne, qui tapisse la face interne de la coquille. L'on remarque un peu au dessus du rostre antérieur, une impression musculaire subtriangulaire, dont la base est dirigée en haut et dont l'angle le plus aigu correspond en bas au commencement de la ligne palléale. La forme de cette impression varie assez dans les diverses valves que j'ai devant moi ; elle prend même quelquefois une forme quadrilatère irréguliére ; sa surface est lisse et ne montre que quel- ques stries semi-lunaires espacées , provenant de la progression du muscle. L'espace en forme de triangle isocèle, très-allongé, que le muscle a parcouru depuis les cro- — Al — chels jusqu'à la base de l'impression musculaire , csl couvert d'une couche de nacre semblable à celle du reste de la surface interne, mais moins lisse, parsemée de tubercules rugueux et de fos- settes irrégulières , dans les individus adultes. De plus , cette surface est bordée de chaque côté par une légère arête (fig. 16 et 17). De l'angle inférieur du muscle antérieur naît la ligne palléale, que l'on distingue à peine à son aspect lustré, résultant de l'absence de la couche de nacre qui envahit successivement les traces des impressions musculaires. Elle suit, dans sa partie antérieure, le bord inférieur de la coquille, se maintenant à une distance assez notable du bord, jusqu'au tiers postérieur, où elle s'élargit légèrement au-dessous de l'impression musculaire postérieure ; là elle fait un coude sous forme de languette effilée et plus ou moins régulière, selon les valves , se reporte en avant jusqu'au milieu de la coquille , où elle se coude de nouveau en formant un large sinus , et monte oblique- ment de dedans en dehors et d'avant en arrière pour s'unir à l'angle inférieur et interne de l'im- pression musculaire postérieure , qui est située à l'extrémité du renflement cardinal. L'impres- sion musculaire postérieure a une forme analogue à celle du muscle antérieur ; cependant son côté interne est d'ordinaire plus arrondi (fig. 12, 16 et 17). Le test lui-même est très-fragile, mince , semi-transparent: le peu de nacre terne qui recouvre la surface interne, n'est pas assez épais pour fixer fortement les diverses lames concentriques, et c'est par cette raison sans doute qu'elles se séparent si facilement et que la coquille se brise au moin- dre choc en zones concentriques. J'ai représenté (fig. 22) le moule artificiel de cette espèce fait en argile ; il a une très-grande ressemblance avec celui d'une variété tronquée du Pli. semi-costata du terrain néocomien ; les côtes seulement sont bien moins apparentes que sur l'espèce fossile. Les impressions musculaires et palléale y sont à peine visibles; ce qui explique la difficulté de trouver sur des moules fossiles, du reste assez bien conservés, les traces distinctes de ces impressions. Je dois la communication de ces précieuses coquilles à mon ami , M. DuBois de Montpéreux. Elles proviennent de la mer Caspienne , où elles ont été trouvées sur les rivages du Taliche par M. Ilohenacker. La forme particulière des côtes de cette espèce pourrait faire penser à quelques conchyologistes que j'ai pris une de ces nombreuses formes de Cardium édeutés du grand bassin caspien pour une Pholadomye. Pour me mettre à l'abri de cette objection j'ai fait représenter sur la même planche une espèce nouvelle de ces curieux Cardium, que j'appelle C. hian/ulum (Tab. 1 , fig. 24-29) , qui provient de la même localité, et qui est caractérisée par son bâillement ou plutôt _ 48 - par une ouverture circonscrite à l'extrémité postérieure , sans que les valves soient proprement bâillantes. L impression palléale n'offre qu'une faible écbancrure en arrière , tandis que les Pbo- ladomyes ont un sinus profond. II. Pholadomya crispa Ag. Tab. 1', fig. 1—6. Le Pholadomya crispa est une seconde espèce vivante de la mer Caspienne, provenant de la même localité que la précédente , et qui appartient également à la section des multicostées. Elle ne diffère des Ph. acuticostata , mullicostata et semicostata, qui en sont les types, que par sa peti- tesse et par une disposition un peu différente de ses côtes. Je ne serais même pas surpris qu'on la confondît avec le Ph. acuticostata des auteurs , tant elle lui ressemble , et qu'on ne cherchât à voir en elle la preuve de l'identité d'une espèce de l'époque jurassique avec une coquille vi- vante (*). Notre exemplaire, quoique adulte, à en juger par le développement respectif de ses (*) La question de l'identité des espèces dans certaines limites me paraît devoir être discutée maintenant sous un point de \uc tout différent qu'on ne l'a fait jusqu'ici. Si l'on réfléchit à la marche des progrès que l'on a faits en paléontologie, depuis que les fossiles sont devenus l'objet d'études comparatives, on ne saurait méconnaître, dans ces travaux, l'influence que les idées de l'époque ont exercée sur leurs auteurs. Quand il s'agissait encore de prouver que les fossiles étaient des déhris d'êtres organisés, on s'inquiétait à peine des différences qui existent entre eux; le but principal des savans était de démontrer leur nature animale ou végétale. Plus tard, les matériaux s'augmentant, ou a cherché à les classer parmi les espèces vivantes aux- quelles on les assimilait généralement ou dont on les envisageait à peine comme des variétés résultant de leur état de con- servation. Lorsque quelque type rebelle ne pouvait être rangé dans aucun des groupes connus, on ne craignait pas d'affirmer que ses analogues se découvriraient tôt ou tard dans les ahimes de l'Océan ou sur quelque plaque encore inexplorée par les Euro- péens. Mais quand les découvertes se furent accumulées au point de ne plus permettre d'avoir recours à ce subterfuge , il fallut bien croire à la disparition de certaines espèces, et dès ce moment, on distingua entre les espèces perdues et celles qui subsistent encore; partant de ce point de vue (qu'il importerait cependant tout autant de prouver que les autres points du système) que les espèces s'étaient successivement diversifiées pour s'éteindre ensuite successivement. C'est à peu près là qu'en est arrivée la science, sous le point de vue théorique; mais de fait elle a déjà dépassé de beaucoup cet horizon ; des collections immenses ont été réunies sur tous les points du globe; dans maintes localités, on a recueilli plus d'espèces fossiles qu'il n'en existe de vivantes aux environs; de jour en jour un examen comparatif plus rigoureux fait révoquer en doute des identités longtemps admises. En même temps que. les ouvrages généraux étendent le. domaine de l'investigation , des travaux monographiques mettent plus de précision dans l'appréciation des détails. Aussi ai-je la ferme conviction que le moment est venu de faire une révision générale et comparative de tous les fossiles non-seulement des différentes formations, mais encore des différens étages d'une même formation entre eux et d'examiner jusqu'à quel point il y a identité ou simplement analogie entre tous ces fossiles. Déjà j'ai acquis par devers moi la certitude qu'il y a eu renouvellement des espèces non-seulement d'une formation géologique — /i9 — différentes régions et les différens points d'arrêt que l'on remarque au bord des lames d'accrois- sement, n'a guère qu'un demi-pouce de long. Sa hauteur égale environ la moitié de sa lon- gueur; sa forme générale est à peu près celle d'un parallélogramc à angles arrondis. Le côté antérieur forme un rostre court, mais assez apparent, tandis que l'extrémité postérieure est beaucoup plus tronquée (fig. l). Le bord cardinal est droit et n'offre qu'un léger bourrelet pro- venant de l'épaississement de ce bord. Il n'est muni que d'une petite lame recourbée en haut, don- nant attache à un ligament qui a dû être très-faible et peu apparent, puisqu'il n'en existe plus aucune trace sur notre exemplaire qui est une valve droite. Le crochet est distinct, sub-médian, nacré , non perforé et fort déprimé. Le bord inférieur est droit ou légèrement concave et en même temps un peu oblique d'avant en arrière et en bas. La coquille a dû être très-bàillante tant en avant qu'en arrière, mais moins cependant que le Ph. caspica; car toutes les fois que les valves sont uniformément bombées , les bords restent mieux en présence. La surface est richement ornée de côtes régulières , disposées en éventail et dentelées par l'effet de l'entrecroisement avec les lignes d'accroissement ; les antérieures sont plus fortes et plus distantes que les postérieures; en revanche, celles-ci sont plus fines et plus serrées, surtout sur le milieu de la longueur totale de la coquille. On distingue en somme environ trente-deux côtes, sans compter quelques côtes surnuméraires moins distinctes, enchâssées entre cinq côtes à l'autre, mais encore souvent à plusieurs reprises durant la même formation; ensorte que, loin d'envisager, comme on com- mence seulement à l'oser par ci par là, chaque formation géologique comme recelant les débris d'une création aussi nombreuse que la notre, mais dans d'autres proportions et d'autres rapports des espèces, je suis plutôt porté à croire que chaque étage d'une grande formation recèle les débris d'une création distincte, aussi importante en elle-même que l'ensemble des êtres orga- nisés vivant maintenant le sont pour notre époque. J'ai même été conduit par des recherches que je publierai plus tard, à admettre dès à présent quinze créations indépendantes. Cette manière d'envisager la question n'est certainement point une idée préconçue; elle est le résultat d'une étude plus complète des poissons fossiles et des Echinodermes ; elle est confirmée par l'examen de la magnifique collection de fossiles jurassiques de M. Oressly, dans laquelle les mollusques même des différens étages de la formation jurassique m'ont toujours paru différer entre eux ; enfin, j'en vois une confirmation dans ce fait que sur tous les points qui ont été examinés avec soin, on trouve, dans chaque étage d'une forma lion, une somme plus considérables d'espèces fossiles particulières qu'on ne trouverait d'espèces vivantes sur un espace de même étendue à la surface de la terre. En présence de pareils faits , ce serait méconnaître la mission de la paléontologie que de ne pas tenir également compte des résultats de la géologie et de ne pas rechercher quels sont les rapports qui existent entre les grands cataclysmes qui ont bouleversé l'écorce de notre globe et les époques de renouvellement des êtres organisés, et jusqu'à quel point les animaux et les plantes ont pu survivre à ces catas- trophes. Dorénavant il ne s'agira donc plus seulement d'apprécier la somme des ressemblances et des différences des espèces fossiles et des espèces vivantes; il faudra encore tenir compte des circonstances dans lesquelles elles ont dû vivre et par les- quelles elles ont dû passer à différentes époques. — oO — régulières ou placées à la région dorsale postérieure et se réduisant pour l'ordinaire à des lignes écailleuses qui ne déterminent aucune inégalité à la surface interne de la coquille, non plus que les dernières vraies côtes. En général, toutes les côtes sont plus faibles à la face intérieure qu'à l'extérieure, ce qui fait qu'elles paraissent peu marquées sur le moule artificiel, et ne se présentent que sous la forme de rides linéaires , uniformes et fort peu accidentées. Outre ces rides , l'on rencontre encore des stries onduleuses plus ou moins fortes, qui sont régulièrement concentriques ; elles s'observent surtout sur l'extrémité postérieure et rappellent un peu les côtes si bizarres et si caractéristiques que l'on observe cbez les Goniomyes ; aussi influent-elles quelque peu sur la direction des côtes, qu'elles rendent çà et là légèrement onduleuses. Les impres- sions musculaires et palléalc sont fort superficielles et s'aperçoivent à peine à leur aspect plus lustré que le reste de la surface interne de la coquille. Elles ont à peu près la forme de celles de l'espèce précédente ; cependant le muscle antérieur est plus allongé et plus ovalaire ; le muscle postérieur est plus carré; la ligne palléale en revanche est moins apparente, plus rap- prochée du bord inférieur et plus parallèle à ce dernier. La saillie qu'elle forme en arrière sous le sinus du syphon est en outre très-réduite et forme un angle très-ouvert, mais bien net. Le sinus syphonaire lui-même est court, large, ouvert, à angle droit; son bord supérieur remonte vers l'angle interne et inférieur de l'impression musculaire postérieure, avec lequel il se confond à peu près de la même manière que chez le Ph. caspica, quoique plus obliquement. Cette configuration de la ligne palléale indique un syphon court et large ; ce qui s'accorde parfaitement avec la confor- mation de l'extrémité postérieure, qui est, comme nous l'avons vu, très-tronquée et moins béante que dans l'espèce précédente. Je ne connais qu'un seul exemplaire de cette espèce ; c'est une valve droite, faisant partie de la collection de mon ami , M. DuBois de Montpéreux. C'est à M. Ilohenacker que la science doit la découverte de cette espèce, qu'il a recueillie avec la précédente et une foule d'autres mollusques très-curieux sur les rives du Taliche, à son embouchure dans la mer Caspienne. 11 est fort à regretter que nous ne possédions aucun renseignement sur la manière de vivre de ces mollusques et sur les stations qu'ils habitent. La connaissance de ces dé- tails offrirait sans doute une solution satisfaisante de mainte question relative au groupement des fossiles, qu'il est si difficile de débrouiller par les seuls faits de la géologie. — al III. PHOLADOMTA SEM1COSTATA Ag. Tab. 2, fig. 1-2, Tab. 3', fig. 11. Celte espèce se lie étroitement auxP/i. crispa Ag., Ph. mullicoslala Ag. et Ph. aculicostalaSow . , et forme avec eux une petite sous-division très-bien caractérisée par son port général et par ses côtes en éventail et fort tranchantes. L'espèce que j'ai sous les yeux est ovoïde, assez allongée, haute et fortement bombée dans la région des crochets, beaucoup plus étroite en arriére, sans cependant être fort comprimée à son extrémité postérieure. Les crochets sont très-développés , fortement courbés, très-déprimés, opposés, mais non contigus (Tab. 3', fig. 11). Le crochet de la valve droite est toujours placé un peu en avant de celui de la valve gauche. Le bord cardinal n'offre point d'aire cardinale distincte, mais bien, sur chaque valve, une gouttière irrégulière provenant du renflement des bords de la coquille. Le bord inférieur est convexe et assez régu- lièrement arqué. L'extrémité antérieure (Tab. 3', fig. 11) est fort large, épaisse, arrondie, bâillante , depuis les crochets jusqu'à la moitié du bord inférieur. Mais cette ouverture est peu large proportionnel- lement à sa longueur , et du reste variable suivant les individus. L'extrémité postérieure, de forme plus effilée, est extrêmement bâillante (Tab. 2 , fig. 2), et l'écartement des valves s'étend ici sur tout le pourtour du côté postérieur, depuis l'arrière des crochets jusqu'au tiers postérieur du bord inférieur. Les côtes sont très-développées, surtout sur le devant, mais minces et fort tranchantes, uu peu onduleuses et irrégulièrement crénelées. J'en ai compté quatorze très-distinctes dans tous les exemplaires que j'ai examinés; quelques-uns montrent, en outre, des côtes surnuméraires obsolètes, en nombre variable, d'ordinaire de quatre à six. Les six côtes antérieures sont les plus saillantes, les plus tranchantes et en même temps les plus distantes ; elles occupent tout l'espace de l'ex- trémité antérieure jusque vis-à-vis des crochets ; celles du milieu, an nombre de huit environ, sont beaucoup plus serrées , plus parallèles et verticales. Les postérieures recommencent de nouveau à diverger et deviennent de plus en plus obliques ; mais elles ne s'étendent pas bien en arrière , et toute l'extrémité postérieure, ainsi que toute la région dorsale, en arriére des crochets, sont dépourvues de côtes (Tab. 2, fig. 1). Les rides longitudinales sont très-marquées ; ce sont elles qui rendent les côtes onduleuses et noueuses, et qui provoquent aussi les boursoufflures et les fossettes irrégulières que l'on remarque — o2 — sur divers moules. Les stries d'accroissement elles-mêmes ne sont pas visibles sur nos moules, le test ayant , à quelques lambeaux près , complètement disparu ; et comme elles n'ont pas laissé d'empreinte à la surface du moule, on peut en conclure qu'elles étaient très-faibles. Les impressions musculaires et palléale ne sont pas non plus visibles, quoique l'on aperçoive quelques impressions vagues et diverses tubérosités dans l'emplacement ordinaire des muscles et le long du cours ordinaire de la ligne palléale. Des exemplaires de celle espèce ont été recueillis par MM. Coulon, A. de Montmollin , DuBois de Monlpéreux et Gressly , dans les marnes néocomiennes bleues et jaunes des environs de Neuchàtel, àHauterive, à Cressier, au Landeron, etc. L'exemplaire figuré appartient àM. Gressly: c'est jusqu'ici le plus complet , le mieux conformé et le plus grand que j'aie rencontré. La plupart n'ont guère plus d'un pouce de long. Je dislingue deux variétés de cette espèce, l'une allongée et rétrécie en arrière, comme l'exemplaire figuré (Tab. 2, fig. 1 et 2) ; l'autre plus courte, plus trapue, tronquée carrément en arrière. L'une et l'autre sont distinctes de l'espèce suivante par la disposition des côtes, qui devien- nent insensiblement plus faibles en arrière et qui finissent par disparaître complètement vers l'extrémité postérieure ; cbez le Ph. multicoslata , les côtes des flancs se rétrécissent au contraire plus brusquement et il y en a jusqu'à l'extrémité postérieure des valves. Elle ressemble cependant encore plus au Ph. acuticostala Sow., dont les côtes antérieures et postérieures sont encore plus différentes que dans notre espèce suisse. Nos moules se composent en majeure partie d'un calcaire marno-sableux jaune, à grains et taches fauves et vertes ; un seul exemplaire provient du calcaire marneux b!euàtre; il est farci de débris spatbiques triturés. IV. PnOLADOMYA MULTICOSTATA Ag. Tab. 2, fig. 3-i, Tab. 3', fig. 10. Syn. PholadomyaaciiticostataRœm. (non Sow.) Tab. IX, fig. lo. — Bronn Lethsea geog. Tab. 28, fig. dS. — Goldf. Tab. 157, fig. 4. Les auteurs du continent ont généralement confondu cette espèce avec le Pholadomya aculicostala de Sowerby, qui se trouve dans la grande oolite de Brora et de Brandsby, en Angleterre ; mais cette identification est évidemment erronée. S'il est une chose qui frappe dans l'espèce anglaise, c'est l'inégalité de ses côtes et surtout l'extrême développement des côtes antérieures. Dans notre es- pèce, celte inégalité tend au contraire à s'effacer considérablement, et les côtes postérieures sont surtout beaucoup plus développées que dans l'espèce anglaise. La ressemblance est bien plus frappante entre le Ph. acuticostata de Sowerby et notre Ph. semicostata du néocomien, ainsi que nous l'avons dit ci-dessus. 11 doit par conséquent exister aussi une certaine ressemblance entre notre Ph. mullicostata et le Ph. semicostata; et c'est en effet ce qui résulte de la comparaison de ces deux espèces (comparez fig. 3 et 4 avec fig. 1 et 2). L'une et l'autre ont les mêmes dimen- sions et la même physionomie ; cependant notre Ph. multicostala est en général un peu plus apla- ti et plus allongé ; son extrémité antérieure est plus roslrée et l'extrémité postérieure plus étroite et plus efûlée; le bord cardinal est aussi généralement plus droit. Les exemplaires de celte espèce varient tellement, qu'il serait possible de distinguer trois variétés : 1° une variété ovale, comme l'original de mes fig. 3 et 4 de Tab. 2 et les fig. 4 a et 4 d de Goldfuss; 2° une variété tronquée, comme la fig. 4 6 de Goldfuss, et 3° une variété allongée, dont la hauteur est comprise plus de deux fois dans la longueur. Il serait instructif de réunir sur une même planche une série de toutes ces variétés et des formes intermédiaires qui les lient, comme appartenant à la même espèce. Les crochets ont la même forme et la même position dans les deux espèces; seulement ils sont un peu moins saillans chez le Ph. multicostala que chez le Ph. semicostata. Le bord cardinal, en ar- rière des crochets , offre une petite gouttière sur le bord de chaque valve. Le bâillement des valves présente les mêmes particularités dans les deux espèces. Les côtes sont fort nombreuses et occupent toute la surface de la coquille ; elles sont moins saillantes et un peu moins crénelées que celles du Ph. semicostata , mais du reste peu régulières et fort inégalement développées sur les divers individus et même sur les deux valves d'une même coquille. Je n'ai pas encore trouvé un seul exemplaire dont la partie postérieure fût entièrement dépourvue de côtes , comme cela se rencontre dans le Ph. semicostata. La forme des côtes varie également dans des limites très-étendues ; tantôt elles sont très-apparentes sur toute la surface des flancs, tantôt à peine marquées; celles du côté postérieur sont cependant généralement plus faibles que celles du côté antérieur, tandis que celles du milieu sont ordinairement les plus fines et les plus serrées. Les plis longitudinaux entament plus ou moins les côtes et les assujettissent à des déviations et à des ondulations diverses ; les stries d'accroissement sont également soumises à des variations assez notables: tantôt elles sont très-rapprochées , tantôt plus distantes, suivant les individus. Le test n'a laissé sur les moules aucun vestige distinct des impressions musculaires et pal- léale ; j'ai cependant observé, vers l'extrémité du bord cardinal, quelques traces confuses de l'im- pression du muscle postérieur. La plupart de nos exemplaires ont les deux valves disloquées ; ce qui semble indiquer que le ligament était petit et très-flasque. — 34 — Tous les exemplaires que je connais, parmi lesquels il y en a une douzaine d'assez bien con- servés, proviennent du faciès littoral vaseux à Ptérocères du portlandien du Porrentruy; la plu- part ont élé collectés par M. Gressly. M. ïhurmann en possède également une belle série. Cette espèce paraît être très-caractéristique et exclusivement propre au faciès ci-dessus , tant en France (m'en Allemagne et en Suisse. Elle ne s'est pas encore retrouvée dans le Jura soleurois , argovien et bàlois , mais bien dans le Jura neucbàtelois , aux environs de la Chaux-de-Fonds , où le faciès propre aux Plérocères est assez développé, ainsi que l'a démontré M. Nicolet. M. Goldfuss a décrit et figuré sous le nom de Ph. radiala un fossile qu'il dit provenir du terrain de transition de L'Eifel, mais que je crois identique avec notre Ph. mullicostata. Je pense même que loin de provenir de l'Eifel, il provient du Jura, ainsi que plusieurs espèces de coraux décrites par Goldfuss dans sa première livraison comme provenant de l'Eifel et qu'il a reconnues plus tard comme jurassiques. V. POOLADOMYA ZlETEMI Ag. Tab. 3, fig. 13—15. Syn. Pholadomya fidicula Ziet. Tab. Go, fig. 2 (non Sowerby.) Le Pholadomya Zielenii est une espèce déjà figurée par Zieten, qui l'identifia avec le Ph. fidi- cula de Sowerby (Lulraria hjrata Sow. Miner. Concb. Tab. 225) ; de là, cette identification, quoi- que entièrement erronée, passa dans plusieurs auteurs; mais il n'en est pas moins vrai que notre espèce se distingue du Ph. fidicula par plusieurs caractères particuliers qui permettent de la re- connaître facilement. J'insiste d'autant plus sur la différence de ces deux espèces, que l'on trouve aussi le vrai Ph. fidicula en Alsace , ensorte que j'ai pu les comparer directement. Le Ph. Ziete- nii est très-allongé et bien moins enflé que l'espèce du paléontologiste anglais. Les bords infé- rieur et supérieur, à peu près horizontaux et parallèles, ne sont nullement arqués comme dans l'espèce de Sowerby. Les crochets sont déprimés, opposés, contigus ou à peu près, et ne font qu'une faible saillie au dessus du bord dorsal, ne se détachant que faiblement dn corps de la coquille. Les deux extrémités sont arrondies; l'antérieure est épaisse, peu saillante et peu bâil- lante. L'extrémité postérieure est très-comprimée , mais fort haute et, sous ce rapport, elle le cède à peine au côté antérieur (fig. 15). La coquille est presque fermée au bord cardinal, jusqu'au delà du milieu de la longueur ; elle ne commence à bâiller que vers la moitié de la longueur et détermine ici une ouverture allongée qui va en s'élargissant en arrière et occupe tout le pour- — oo — tour de L'extrémité postérieure. Il n'y a pas de lunule distincte ; l'aire cardinale est bordée de deux carènes obtuses et se présente sous la forme d'une dépression concave , passant insensible- ment aux régions latérales. Les côtes sont très-nombreuses, fines, tranchantes; les plus faibles alternent fréquemment avec les plus fortes, surtout sur la partie antérieure; elles n'offrent pas d'ondulations et se dirigent en général plus directement de haut en bas que chez les espèces ana- logues ; elles ne deviennent bien obliques qu'en arrière des crochets , d'où on les poursuit jus- qu'au milieu de l'extrémité postérieure, mais seulement dans la partie inférieure; la partie supé- rieure, qui avoisine l'aire cardinale, en est ici complètement dépourvue (fig. 15). Les côtes antérieures atteignent seules les crochets ; elles sont en même temps les plus saillantes et les plus droites. On n'observe que peu de rides longitudinales. Les stries d'accroissement et les impressions musculaires et palléale ont disparu en entier sur le moule, d'ailleurs assez imparfait, que j'ai sous les yeux. L'exemplaire figuré se compose d'une roche ferrugineuse roussàtre, remplie de grains ooli- tiques. Il provient, ainsi qu'un autre exemplaire plus décomposé encore, de l'oolite ferrugi- neuse de Dùrrenast, dans la chaîne du Passwang, au canton de Soleure, où M. Gressly l'a re- cueilli avec un grand nombre d'autres fossiles, surtout de Myacés, qui indiquent un sol vaseux chargé de graviers pisoolitiques et oolitiques. VI. PnOLADOMYA COSTELLATA Ag. Tab. 3', fig. 1-3. M. le comte de Mandelslohe m'a adressé un exemplaire d'une Pholadomye qu'il a recueillie dans l'oolite inférieure de Detlingen, dans l'Albe wùrternbergeoise; elle est voisine à bien des égards du Ph.multicostata Ag., mais elle en diffère cependant assez pour former une espèce distincte , qui est nouvelle. Elle est, en effet, plus épaisse , plus courte et surtout plus tronquée en avant des cro- chets ; le bord antérieur forme en outre un espace presque uni et très-distintement séparé des flancs par les premières côtes. Ce même caractère la distingue du Ph. acuticostala Sow., du Ph. Zie- tenii et de quelques autres analogues , dont le devant est garni de côtes transverses très-nom- breuses et fort distinctes. Un caractère très-important réside dans la structure des côtes, qui sont plus plates et moins tranchantes que dans les deux espèces que nous venons de mentionner , et qui, déplus, n'alternent pas, comme chez le Ph. Zielenii, avec des côtes plus faibles, mais — IÎG — décroissent d'avant en arrière. Toutes suivent à-peu-près la même direction , en devenant suc- cessivement plus obliques en arrière; les deux premières sont seules à peu près verticales. Chez le Ph. acuticostata de Sowerby, au contraire, les premières se dirigent en avant de la même ma- nière que chez les Ph. multicostata et Pli. semicostata. Le côté postérieur est bâillant jusqu'au tiers postérieur du bord inférieur. L'aire cardinale paraît assez développée ; mais le mauvais état de conservation de notre moule dans cet endroit ne m'a pas permis d'en déterminer exactement le pourtour. Les rides longitudinales sont très-faibles et ne se remarquent avec quelque netteté que sur l'aire cardinale, où elles sont très-fines, linéaires et coïncident avec les stries d'accroisse- ment. L'on n'observe aucun vestige des impressions musculaires et palléale. Toute trace de test a également disparu. L'original est un moule de marne calcaire endurcie, suhferrugineuse. Depuis l'impression de mes planches, j'ai reçu en communication un second exemplaire de M. Engelbardt, provenant de l'oolite inférieure de Mietesheim, département du Bas-Rhin. VII. Pholadomya compta Ag. Tab. 2 c, fig. 1—3. Le Ph. compta est une petite espèce très-élégante, enflée, de forme assez allongée, à crochets épais , mais déprimés , à côtes fines , tranchantes , très-égales , peu onduleuses et très-obliques d'avant en arrière. L'extrémité antérieure et le bord cardinal, jusqu'à l'extrémité postérieure, sont dépourvus de côtes. Les sillons longitudinaux, ainsi que les stries d'accroissement, sont fort distincts, quoique très-fins. La coquille paraît avoir été très-bàillante; l'ouverture antérieure est surtout très-considérable; l'ouverture postérieure est également très-vaste; elle occupe tout le pourtour de l'extrémité postérieure, regagne à peu près l'ouverture antérieure sur le bord infé- rieur, et s'étend aussi fort en avant sur le bord cardinal. Il n'y a point d'aire cardinale distincte; mais le bord cardinal n'en est pas moins très-déprimé immédiatement en arriére des crochets (fig. 3). Au premier abord, notre Ph. compta ressemble fort au Ph. costcllata (Tab. 3' fig. 1-3); cependant il en diffère assez lorsqu'on l'examine avec quelque attention : il est proportion- nellement plus gonflé et moins haut , et les rides costales sont plus fines , moins variables et toutes beaucoup plus obliques d'avant en arrière. Le test est en grande partie conservé dans l'exemplaire figuré. Il est extrêmement mince, papy- _ 57 — racé et transformé en spath corné de couleur brunâtre. Le moule se compose d'un calcaire sphé- ritique bleuâtre , très-dur, parsemé de débris spathiques d'autres fossiles. Le seul exemplaire que je connais jusqu'ici provient des marnes liasiques supérieures de Gundershofen , département du Bas-Rhin; j'en dois la communication à M. F. Engelhardt , qui l'a recueilli dans cette localité. VIII. PnOLADOMYA ELONGATA Mùnsl. Tab. 1, fig. 16-17, et Tab. 2", fig, 1-6. Syn. Pholadomya elongata Mûnst. dans Goklf. p. 270, Tab. 157, fig. 3 à 6. — Lang, fig. 74. C'est une espèce fort alongée, subfusiforme , renflée, tronquée en avant, atténuée en arriére. Les crochets sont déprimés, très-rapprochés et reportés fort en avant. Le bord cardinal est à-peu- près parallèle au bord inférieur; c'est-à-dire qu'il est légèrement concave, tandis que ce dernier est plus ou moins arqué. L'aire cardinale n'est que rudimentaire: mais l'on remarquesur les moules, près des crochets , deux fossettes alongées , du milieu desquelles les bords des valves surgissent sous la forme d'une arête plus ou moins saillante (Tab. 1, fig. 16). Le pourtour du test est iné- galement bâillant; l'ouverture antérieure est réduite à une fente étroite, un peu élargie vers l'angle antéro-inférieur; mais se terminant au tiers antérieur du bord inférieur. L'ouverture pos- térieure est en revanche beaucoup plus grande, de forme variable, suivant l'âge des individus, et s'étend toujours en haut jusque près des crochets. L'épaisseur du test est toujours très-considérable, et il n'est pas rare qu'elle égale la hauteur, surtout à la région antérieure (Tab. 2", fig. 1 et 3). Les côtes sont dans la plupart des cas fort nombreuses, très-prononcées, saillantes , âpres, tranchantes, plus ou moins fortes, quoique en général peu épaisses, fort irrégulières et ordinai- rement très-obliques d'avant en arrière, hormis celles du côté antérieur, qui sont presque verti- cales. Elles sont, de plus, assez onduleuses, très - variables dans leur développement successif, et ont souvent l'air d'être dichotomes. Leur nombre varie également , suivant les individus ; il s'élève quelquefois à cinquante dans les exemplaires adultes, en y comprenant les rides épaisses du côté postérieur. Les côtes antérieures, d'abord très-serrées, s'espacent de plus en plus à mesure qu'elles passent au côté postérieur, jusqu'à ce qu'enfin elles s'effacent complètement. On aperçoit en outre des traces très-vagues, mais cependant visibles, de sillons longitudinaux, concentriques. 8 — Î58 - Ces sillons sont assez larges , irrégulièrement espacés , et en s'entreeroisant avec les côtes , ils impriment souvent à ces dernières un mouvement ondulé. (Tab. ~2 !l fig. 2 et 4). Les stries d'accroissement ne sont que fort rarement indiquées. Jusqu'ici je n'ai encore observé ni les impres- sions musculaires, ni celle de l'insertion du manteau. Cette espèce est l'un des fossiles caractéristiques du terrain néocomien et surtout des marnes bleues. Elle se trouve dans la plupart des localités néocomiennes des cantons de Neuchàtel et de Vaud. On la trouve aussi au Salève, et même au lac du Bourget, en Savoie, d'où M. Coulon père l'a rapportée. Il y a peu de collections de fossiles de ce terrain qui n'en renferment pas au moins quelques échantillons ; cependant les exemplaires parfaits sont assez rares. M. le comte de Mimster, qui en a décrit un exemplaire suisse, rapporte à tort celte espèce à l'oolite inférieure. Par une coïncidence fort extraordinaire , il lui a donné le même nom sous lequel elle est inscrite avec mon autorité sur ma PI. I, imprimée dès 1838. L'autorité Miinst. devra naturellement être conservée, puisque ma figure paraît seulement maintenant ; mais je devais rappeler ce fait pour expliquer le Ag. qui se trouve sur ma planche à la suite du nom de cette espèce. IX. Pboladomya Scheuchzeui Ag. Tab. 2', lig. 3-7, et Tab. 2", fig. 7. Les strastes sableux du calcaire néocomien et particulièrement ses assises inférieures recèlent, dans beaucoup de localités du Jura neuchâtelois, une Pholadomye fort semblable au Ph. elongata par sa taille, ses ornemens et sa forme générale, mais cependant différente, en ce qu'elle est proportion- nellement beaucoup plus comprimée et que son bord cardinal est plus droit et moins évasé. De plus , tandis que le Ph. elongata est très-bàillant, le Pli. Scheuchzeri n'a qu'une simple fente peu spacieuse , qui longe le bord du rostre postérieur, lequel est ordinairement très-développé. Il en est de même du rostre antérieur, qui se distingue par son aplatissement, ses bords trancbans et par ses rides presque verticales. Chez les exemplaires bien caractérisés, l'on observe souvent une saillie anguleuse très - développée au tiers postérieur du bord inférieur. Les côtes qui y aboutissent montrent généralement un arrangement et une structure assez différente de celles des côtes antérieures et postérieures, en devenant plus serrées, plus tranchantes et plus nettes. Souvent aussi les côtes sont assez uniformes, à la manière des côtes du Ph. elongata, mais tou- jours plus nettes et plus tranchantes ; quoique moins sujettes à être modifiées par les rides lon- gitudinales, qui sont plus régulières et moins nombreuses (deux, trois ou quatre au plus , selon — 37 — racé et transformé en spath corné de couleur brunâtre. Le moule se compose d'un calcaire sphé- ritique bleuâtre, très-dur, parsemé de débris spathiques d'autres fossiles. Le seul exemplaire que je connaisse jusqu'ici provient des marnes liasiques supérieures de Gun- dershofen , département du Bas-Rhin ; j'en dois la communication à M. F. Engelhardt , qui l'a re- cueilli dans cette localité. VIII. Pholadomya elongata Miinst. Tab. 1, fig. 16-17. Syn. Pholadomya elongata Mùnst. dans Goldf. p. 270, Tab. lo7, fig. 3 à C. — Lang, fig. 74. C'est une espèce fort allongée, subfusiforme , épaisse, tronquée en avant, atténuée en ar- rière. Les crochets sont déprimés , très-rapprochés et reportés fort en avant. Le bord cardinal est à peu près parallèle au bord inférieur ; c'est-à-dire qu'il est légèrement concave , tandis que ce dernier est plus ou moins arqué. L'aire cardinale n'est que rudimentaire ; mais l'on remarque sur les moules , près des crochets , deux fossettes allongées , du milieu desquelles les bords des valves surgissent sous la forme d'une arête plus ou moins saillante (fig. 16). Le pourtour du test est inégalement bâillant; l'ouverture antérieure est réduite aune fente étroite, un peu élargie vers l'angle antéro-inférieur, mais se terminant au tiers antérieur du bord inférieur. L'ouverture postérieure est en revanche beaucoup plus grande, de forme variable, suivant l'âge des indivi- dus , et s'étend toujours en haut jusque près des crochets. Les côtes sont dans la plupart des cas fort nombreuses, très-prononcées, saillantes, âpres, tranchantes , plus ou moins fortes, quoique en général peu épaisses , fort irrégulières et ordinai- rement très-obliques d'avant en arrière , hormis celles du côté antérieur , qui sont presque verti- cales. Elles sont, de plus, assez onduleuses, très-variables dans leur développement successif, et ont souvent l'air d'être dichotomes. Leur nombre varie également, suivant les individus; il s'élève quelquefois à cinquante dans les exemplaires adultes , en y comprenant les rides épaisses du côté postérieur. Les côtes antérieures, d'abord très-serrées, s'espacent de plus en plus à mesure qu'elles passent au côté postérieur , jusqu'à ce qu'enfin elles se perdent complètement pour faire place à un espace à peu près uni, qui correspond à la partie postérieure du bord cardinal (fig. 17). De gros sillons d'accroissement, irrégulièrement espacés, entrecoupent les côtes, surtout vers 8 — sa — le milieu des flancs et les rendent très-âpres , tout en leur imprimant un mouvement ondulé. Les stries d'accroissement ne sont que fort rarement indiquées. Jusqu'ici je n'ai encore observé ni les impressions musculaires , ni celle de l'insertion du manteau. Cette espèce est l'un des fossiles caractéristiques du terrain néocomien et surtout des marnes bleues. Elle se trouve dans la plupart des localités néocomiennes des cantons de Neuchàtel et de Vaud , et même au lac du Bourget , en Savoie, d'où M. Coulon père l'a rapportée. Il y a peu de collections de fossiles de ce terrain qui n'en renferment pas au moins quelques échantillons ; ce- pendant les exemplaires parfaits sont assez rares. M. le comte de Miinster , qui en a décrit un exemplaire suisse , rapporte à tort cette espèce à l'oolite inférieure. Par une coïncidence fort ex- traordinaire , il lui a donné le même nom sous lequel elle est inscrite avec mon autorité sur ma PI. I, imprimée dès 1838. L'autorité Mïtnst. devra naturellement être conservée, puisque ma ligure paraît seulement maintenant ; mais je devais rappeler ce fait pour expliquer le Ag. qui se Irouve sur ma planche à la suite du nom de cette espèce. IX. PHOI.AnOMYA ScHEUCIIZERf Àg. lab. 2 , flg. 3-8. Les strates sableux du calcaire néocomien et particulièrement ses assises inférieures recèlent, dans beaucoup de localités du Jura neuchàtelois , une Pholadomye fort semblable au Ph. elongata par sa taille, ses ornernens et sa forme générale, mais cependant spécifiquement différente, en ce qu'elle est proportionnellement beaucoup plus comprimée et que son bord cardiual est plus droit et moins large. Déplus, tandis que le Pli. elongata est très— bâillant, le Ph. Scheuchzcri n'a qu'une simple fente peu spacieuse , qui longe le bord du rostre postérieur, lequel est ordinairement très- développé. Il en est de même du rostre antérieur, qui se distingue par son aplatissement, ses bords tranchans et par ses rides presque verticales. Chez les exemplaires bien caractérisés, l'on observe souvent une saillie anguleuse trés-développée au tiers postérieur du bord inférieur. Les côtes qui y aboutissent montrent généralement un arrangement et une structure assez différente de celles des côtes antérieures et postérieures , en devenant plus serrées , plus tranchantes et plus nettes. Souvent aussi les côtes sont assez uniformes, à la manière des côtes du Ph. elongata, mais toujours plus nettes et plus tranchantes , quoique moins sujettes à être modifiées par les rides lon- gitudinales, qui sont plus régulières et moins nombreuses (deux, trois ou quatre au plus, selon — m — les individus). Les crochets sont moins épais et plus aplatis que chez l'espèce allongée. Du reste, l'on n'observe que rarement des traces des impressions musculaires. Le test spathique est très- mince. J'ai examiné une douzaine d'exemplaires de cette espèce, dont je dois la connaissance à M. Cé- lestin Nicolet, de La Chaux-de-Fonds. Je l'appelle Ph. Scheuchzcri , parce que c'est cette espèce que Scheuchzer a figurée dans son Pliysica sacra. X. PllOLAbOMYA FaVHISA A". 6' Tab. 2\ fig. 1-2. Cette espèce ne m'est encore connue que par un seul exemplaire , faisant partie de la collection de M. Favre. Elle ressemble un peu au Ph. elotujala décrit ci-dessus; néanmoins les proportions des divers diamètres diffèrent assez pour qu'on puisse y reconnaître une espèce à part. Elle est proportionnellement moins allongée que le Ph. elongata et se rapproche sous ce rapport davantage du Ph. Esmarkii Pusch., qui provient du grés-vert de Quedlimbourg. Ses crochets sont aussi plus déprimés et moins saillans. L'état de l'exemplaire ne me permet pas d'étudier la configuration des contours; mais l'on peut admettre qu'ils étaient parallèles aux rides d'accroissement qui sont fort distinctes. Le bord inférieur est légèrement convexe ou presque droit. Les deux extrémités paraissent avoir été très-arrondies, obtuses, et la postérieure fort bâillante. Les détails des ornemens de la surface offrent des caractères encore plus distinclifs : les côtes sont fort nombreuses ; j'en compte une vingtaine sur la valve droite et vingt-six sur la valve gauche. Elles sont peu variables, légèrement onduleuses , lisses, arrondies, presque parallèles, très-égales , mais alternant quelquefois avec de plus faibles et se dirigeant assez obliquement d'avant en arrière, moins toutefois que dans les espèces néocomiennes. Des rides et sillons d'accrois- sement nombreux, souvent très-obsolètes, s'entrecroisent avec les côtes et occasionnent un réseau de mailles assez serrées , plus ou moins allongées, suivant les distances qui séparent les différentes côtes. Des stries plus fortes alternent avec de plus faibles, avec une régularité plus grande que chez les espèces voisines. Je n'ai pu observer ni les impressions musculaires ni celles de la ligne palléale. Notre exemplaire provient du grès-vert de la perte du Rhône, où il a été recueilli par M. Favre- Bertrand , de Genève. Il est rempli d'un grés verdàtre de teinte pâle , de même nature que celui des strates sablonneux de cette localité , si renommée par sa richesse en fossiles. — 60 — XI. Pholadomya fidicula Sow. Tab. 3 e, fig. 10-13. Svn. Pholadomya fidicula Sow. (Lutraria lyrata Sow. Miner. Conch. Tab. 225). Le nom de Pholadomya fidicula a été appliqué à plusieurs espèces, qui ne sont nullement le Ph. fidicula de Sowerby. Celle-ci paraît même être très-rare sur le continent, et comme j'en possède plusieurs exemplaires , je vais en indiquer les principaux traits , ainsi que les particularités qui la distinguent des espèces les plus voisines. C'est une espèce assez enflée , obtusement tronquée en avant, atténuée et arrondie en arrière. Le bord inférieur et le bord cardinal sont presque parallèles , le premier convexe , l'autre plus ou moins concave. Les crochets sont fort en avant, assez larges, mais peu saillans ; l'aire cardinale n'est pas circonscrite d'une manière bien précise ; mais la coquille a laissé , en arrière des crochets, dans le moule de fig. 13, une fossette évasée avec un léger sillon qui n'est sans doute pas ac- cidentelle, mais bien plutôt due à l'épaississement de la coquille au milieu du bord cardinal. Les côtes sont nombreuses , obliques, tranchantes, âpres et plus ou moins arquées. De larges rides longitudinales interrompent de distance en distance l'uniformité des côtes transversales , mais elles n'influent que faiblement sur leur direction. On observe près du bord postérieur une impression musculaire de forme ovale, mais faible- ment indiquée; l'impression palléale présente un large sinus avec un lobe inférieur très-long et très-effilé (fig. 10). Je connais deux exemplaires de cette espèce ; l'un, qui est très-bien conservé, m'a été envoyé par M. Engelhardt comme provenant de l'oolite de Mietesheim , département du Bas-Rhin ; l'autre, de taille plus considérable, montre les impressions musculaires et palléale, mais est du reste mu- tilé ; il a été recueilli par M. Gressly dans le même terrain , à Gundershofen. Cette oolite cor- respond à nos marnes à Oslrea acuminata. Comme nous l'avons rappelé plus haut, le nom de Pli. fidicula a été donné à plusieurs espèces très-différentes. Déjà nous avons vu que Zieten donnait ce nom à une espèce qui est nouvelle et que j'ai dédiée au paléontologiste wurtetnbergeois ; le véritable Ph. fidicula de Sow. est celui que je viens de décrire dans cet article ; le fidicula de Goldf., Tab. 157, fig. 2, est mon Ph. ohli- — 61 — qua ; enfin Le fidicula ûe Rônier, Tab. 15, fig. 2, est encore une autre espèce que je nommerai Ph. Rômeri et dont il sera sera question plus en détail ci-dessous. Le Ph. Sclwuchzcri du terrain néocomien des environs de Neuchàlel est de toutes les espèces de la section des niullicostées celle qui se rapproche le plus du véritable Ph. fidicula ; mais la forme des côtes les distingue suffisamment. Dans le Ph. Scheuchzeri , les côtes ne sont ni aussi droites ni aussi nettement marquées, ni aussi tranchantes (Tab. 2', fig. 3-8). Il est curieux de voir dans le néocomien une espèce aussi semblable, sans qu'il se trouve dans les terrains intermédiaires des espèces analogues. II. Pholadomyes trlgonécs ( Phofadomyn trigonatœ). La seconde section des Pholadomyes comprend des espèces qui , par leurs contours généraux et par leurs ornemens, rappellent certaines Trigonies de la section des Scabres, si bien que Lamarck rapportait à ce genre les deux espèces qu'il a connues. Elles sont plus ou moins tronquées et épais- ses en avant, mais comprimées vers l'extrémité postérieure. Les crochets sont fort saillans et parais- sent avoir été perforés, soit d'un côté, soit de l'autre, comme chez le Pholadomya candida. Les bords cardinaux se touchent et ferment la coquille par le haut jusqu'au tiers postérieur. Le bord inférieur est également fermé sur une grande partie de sa longueur. En revanche , toutes les espèces bâillent fortement en arrière , tandis qu'elles sont plus ou moins fermées en avant. L'aire cardinale est assez distincte , élargie en avant et effilée en arrière ; mais elle ne se prolonge pas jusqu'à l'ouverture postérieure , et surtout elle n'est pas circonscrite par des arêtes saillantes , comme c'est le cas des espèces cardissoïdes , auxquelles celles de cette section ressemblent souvent beaucoup par leur forme. Un des caractères les plus saillans consiste dans la structure parti- culière des côtes transversales et des rides et sillons longitudinaux : les premières sont ordinaire- ment étroites, onduleuses et composées de tubercules disposés en séries plus ou moins appa- rentes. Les rides centriques et les sillons longitudinaux sont toujours très-apparens et souvent même plus saillans que les côtes. On les remarque surtout aux deux extrémités de la coquille. Les impressions musculaires et palléale ne sont pas assez marquées pour pouvoir être distinguées ; l'on n'en remarque même que quelques traces équivoques. Le test , quoiqu'il paraisse avoir été fort mince , a cependant laissé fréquemment sur les moules des traces plus ou moins notables de la couche nacrée interne, qui est transformée, dans quelques exemplaires , en un enduit farineux d'un éclat assez brillant. — 62 — Cette section comprend les espèces suivantes . qui datent des époques crétacée et tertiaire ; on n'en connaît qu'une seule espèce vivante : 1. Pholadomya candida Sow. Gênera of shells , N° 19. — DesHayes, Traité élémentaire de Conchyliologie, Tab. 4, fig. 4, 5, 6. — De l'île Tortola (*) (Petites Antilles). 2. Pholadomya arcuata Ag. , Tab. 2 6, fig. 1-8 , — Molasse suisse. 3. Pholadomya Puschii Goldf. , Tab. 158 , fig. 3 b , 3 a. — Ph. subfidicula Miinst. in Leonb. u. Bronn, Jahrb. 1835, p. 435. — Grès-marin supérieur, d'Allemagne. 4. Pholadomya elliptica Miinst., dans Goldf., Tab. 158, fig. la, 16. — Grès-vert. 5. Pholadomya noduli fera Miinst. , dans Goldf., Tab. 158 , fig. 2 a, 2 b. — Grés-vert. 6. Pholadomya albina Reiche. dans Gein. Char., Tab. 12, fig. 1. — Romer N. D. Kreid. p. 75, Tab. 10, fig. 7. — Grès-vert. 7. Pholadomya Esmarkii Pusch. Pol. Verst., Tab. 8, fig. 14. — Goldf. Tab.157, fig. 10a, 10 b, 10 c, 10 d. — Grès-vert. — Il s'agirait encore de s'assurer si toutes les formes figurées par Goldfuss appartiennent bien réellement à la même espèce. 8. Pholadomya Kasimiri Pusch Pol. Verst., p. £8, Tab. 8, fig. 13. — Craie chloritée. 9. Pholadomya nuda Ag. , Tab. 2 6, fig. 9-11. — Trigonia arcuata. Lamk. Anim. sans ver- tèbres. — Du grès-vert du Bas-Dauphiné. 10. Pholadomya umbonata R6m. , Tab. 10 , fig. G. — De la Craie supérieure. 11. Pholadomya caudala ROm. , Tab. 10 , fig. 8. — De la Craie supérieure. 12. Pholadomya inflata Ag. — Trigonia in/lata Lamck Anim. sans vertèb. — Bourguet Pétrit". Tab. 25, fig. 153. — Terrain crétacé du Mans. Je n'ai décrit que les Ph. arcuata et Ph. nuda; je connais en outre de visu le Ph. Puschii , dont M. Rœmer m'a communiqué un très-bon exemplaire : les autres espèces citées ne me sont connues que par les planches de Romer et de Goldfuss ; mais comme les figures de ce dernier auteur ne laissent en général rien à désirer , j'ai cru pouvoir rapporter ces espèces à la section des Pholado- myes trigonées. 11 importerait cependant encore de vérifier sur les originaux les caractères de l'aire cardinale des espèces du grés-vert et en particulier du Ph. nodulifera de Munster ; ce que je n'ai pu faire d'après les planches citées, qui ne donnent point de figures d'en haut. Toutes les espèces paraissent avoir été littorales et habiter le sol vaseux et arénacé. (*) J'ignore sur quelles données repose l'assertion de l'Encyclopédie méthodique, Tome 111, p. 7 o G , que cette espèce pro\ient des mers d'Islande; Sowerbj . qui l'a décrite le premier, dit qu'elle est originaire de l'île Tortola. _ 63 — XII. PHOLADOMYA ARCIATA Ag. Tab. 2*; fig. 1-8. L'espèce que nous allons décrire est d'autant plus intéressante, qu'elle provient de la molasse, d'une formation dans laquelle le type des Pholadomyes est resté inconnu jusqu'ici. On ne saurait méconnaître la grande ressemblance qui existe entre elle et le Pli. candida de l'époque actuelle. Elle est allongée, assez gonflée en avant , comprimée et atténuée en arrière ( fig. 4 et 7) ; le bord cardinal et le bord inférieur sont à peu prés parallèles; le premier est sensiblement concave, le second est très-convexe. A part cette circonstance, elle ne diffère du Ph. candida que par la dis- position de ses ornemens; les proportions entre les différentes parties du test sont en particulier les mêmes dans les deux espèces : le devant est arrondi , légèrement aplati, dépourvu de côtes et très-légèrement bâillant ; l'un de nos exemplaires (Gg. 5) est même complètement fermé de ce côté. Les crochets sont placés très en avant , fort saillans, plus ou moins pointus et contigus; ils parais- sent avoir été l'un et l'autre perforés. L'aire cardinale, quoique présentant une fosse profonde, ellip- soïde et effilée en arrière des crochets ( fig. 4 et 7), n'est cependant pas circonscrite d'une manière très-nette. Le bord cardinal est clos jusqu'au tiers postérieur, et ce n'est qu'à partir de ce point, que les bords des valves commencent à s'écarter, formant une vaste gouttière relevée en arrière (fig. 3, 4, 6, 7). Les flancs sont ornés de côtes divergentes , plus ou moins rapprochées et de gros- seur variable qui partent des crochets, où elles sont déjà très-distinctes et vont aboutir en éventail sur toute la ligne inférieure, composant des tubercules subquadrangulaires, très-serrés et souvent confluens, surtout dans les individus adultes. Elles semblent aussi quelquefois se bifurquer, mais sont plus fréquemment onduleuses. La région dorsale et tout le rostre terminal en sont complè- tement dépourvus. Les rides et sillons longitudinaux sont très-nombreux, rapprochés, peu épais , en général linéaires , du reste assez souvent irréguliers. Sur la région dorsale et sur le rostre postérieur, ces rides deviennent très-écailleuses et plus espacées que sur les flancs , et , en se croi- sant avec les côtes, elles déterminent un réseau de mailles plus ou moins distinctes. On peut voir, par les figures de ma planche , que les côtes et les rides subissent des modifications individuelles notables, suivant l'âge et l'état des individus. La forme générale varie assez , par suite du développement plus ou moins considérable du rostre postérieur, qui rend les exemplaires adultes très-arqués et plus allongés, tandis qu'il manque — 64 — chez les jeunes individus ; ce qui les fait paraître plus ramassés et de forme plus quadrangu- laire (fig. 1). Il faut faire bien attention à toutes ces modifications individuelles , si l'on ne veut pas courir le risque d'ériger en caractère spécifique ce qui n'est qu'individuel. Je n'ai encore vu ni les impressions musculaires ni l'impression palléale. Le test paraît avoir été très-mince; il en reste cependant des traces nombreuses sur les moules, sous forme d'écaillés d'un blanc nacré, sou- vent trés-éclatant. Je dois la communication de cette intéressante espèce à M. le Professeur Deicke , qui a re- cueilli les trois exemplaires figurés , dans la molasse coquillière vaseuse , très-riche en fossiles , des environs de St Gall. XIII. PnOLADOMYA NCDA Ag. Tab. 2 6, fig. 9-11. Syn. Trigonia arcuata Lamk. Anim. sans vertèbres. VI. 2 e édit. Cette espèce se distingue par ses sommets fort saillans , rapprochés du bord antérieur et situés au dessus de l'aplatissement cordiforme de la face antérieure delà coquille ( fig. 11). Ils sont pointus et assez distans, quoique tournés en dedans. Le bord cardinal est droit, horizontal, re- levé entre les crochets. L'aire cardinale est assez distinctement circonscrite , profonde, élargie en avant et rétrécie en arrière ; en cela, elle diffère assez sensiblement des autres Pholadomyes trigo- nées. Le bord cardinal ne commence à bâiller qu'au delà de l'aire cardinale , au tiers postérieur de la longueur ; le bord inférieur est légèrement arqué, plus ou moins parallèle au bord cardinal ; le côté antérieur est tronqué, élargi, mais fermé (fig. 11); le côté postérieur est très-atténué , plus ou moins bâillant (fig. 16). Mais ce qui caractérise surtout notre Ph. nuda, c'est l'absence presque complète de côtes , ou s'il en existe , elles sont tellement frustes , qu'elles n'apparaissent que sous la forme de faibles bandes verticales (fig. 9). Les rides longitudinales sont au contraire très-appa- rentes, quoique irrégulières; elles se croisent avec les bandes costales et forment ainsi un léger réseau à mailles quadrangulaires, plus ou moins rhombiques. Je n'ai pas encore pu observer les impressions musculaires , ni l'impression palléale; le test, dont il existe des traces nombreuses , est très-mince et changé en un enduit blanc, farineux , provenant sans doute de la couche nacrée interne. Je regrette de n'avoir reconnu l'identité de ce fossile avec le Trigonia arcuata de Lamarck que depuis l'impression de mes planches; je lui aurais sans cela conservé le nom spécifique que La- - 63 — marck lui avait donné en le rangeant dans le genre Tritjonia et je n'aurais pas songé à donner le nom A'arcuala à l'espèce précédente. Je ne connais encore qu'un exemplaire de cette espèce. J'en dois la communication à M. le Professeur Mérian de Baie. ■ 13. PlioIatlonivcM foncardicnnes (Pholadonija; bncardinae). Cette section des Pholadomyes comprend un grand nombre d'espèces , caractérisées par leur forme en général fort gonflée et ramassée et par leurs ornemens très-prononcés : elles sont tronquées et aplaties en avant; les flancs portent des côtes saillantes, tantôt tuberculeuses, tan- tôt simples et tranchantes; les crochets sont ordinairement épais, très-développés , opposés, per- forés et comme soudés. La coquille est fortement bâillante en arrière et plus ou moins en avant ; 1 ecartement des valves est même si considérable au bord supérieur, que l'aire cardinale en est obli- térée. Les bords de la coquille sont en même temps réûéchis en dehors , de manière qu ils déter- minent deux gouttières parallèles plus ou moins arquées, semblables à celles de la section précé- dente. Quelques espèces montrent , lorsque le test est conservé , à côté de ces gouttières, des arêtes plus ou moins saillantes, qui ne se reproduisent pas sur les moules. Les impressions musculaires et palléale sont surtout marquées dans les individus adultes. Le test, lorsqu'il existe, est ordinaire- ment à l'état de spath corné ou calcaréo-siliceux. Il est généralement peu épais , à bords tran- chans. Cette section n'a aucun représentant dans l'époque actuelle. La plus grande partie des espèces se trouve dans la formation jurassique , depuis le lias jusqu'au terrain portlandien inclusive- ment. Deux espèces proviennent de la formation crétacée et une seule des terrains tertiaires inférieurs. Elles habitent toutes les régions littorales et ne se rencontrent qu'accidentellement dans les régions subpélagiques et pélagiques , où elles sont ordinairement mal conservées. On pourrait subdiviser cette grande section d'après la structure des côtes en plusieurs petites sous-sections les aiguës , les réticulées et les parcicostées. a). Les Aigc:2s ont les côtes étroites, simples ou subluberculeuses, plus ou moins trauchanles, les crochets renflés, peu saillans ; elles sont de forme oblongue, assez renflées et plus fermées que les autres sections. 1. Pholadomya Hausmanni Goldf. Tab. 155. fig. 4. — Du Lias. 2. Ph. cincla Ag. Tab. 3 , fig. 7-9. — Du Lias supérieur. 9 — 66 — 3. Ph. Roemeri Ag. — Phol. ambigua Rœmer. Tab. 15, fig. 1 (non Sow.). — Du Lias. / t . Ph. glahra Ag. Tab. 3 'a, fig. 12-14. —Du Lias. 5. Ph. média Ag. Tait. 5 b, fig. 7-13. — De l'oolile inférieure ferrugineuse. 6. Ph. nodoaa Goldf. Tab. 156, Gg. 5. — Du Jura du Wurtemberg. 7. Pli. nymphacea Ag. Tab, 5 a, fig. 1-3. — De l'oolitc inférieure ferrugineuse. S. Ph. ambigua Sow. Tab. 227. (non Rom., non Goldf.) — De l'oolite inférieure et «lu Lias. 9. Ph. aequalis Sow. Tab. 546. fig. 3. (non Pusch.) — De l'argile d'Oxford. 10. Ph. acula Ag. Tab. 4, fig. 1-3. — Du Lias supérieur. b). Les Réticulées ont des côtes à tubercules nombreux, plus ou moins gros, qui, entrecroisés avec les sillons longitudinaux, forment un dessin réliforme , très-caractéristique ; elles sont très-épaisses et d'ordinaire aplaties à la face antérieure. 1. Pholadomya exaltata Ag. Tab. 4, fig. 7-8 et Tab. 4 a. — Ph. Mur.cMsoni Goldf. p. 265 , Tab. 155, fig. 2. — Pusch, p. 84. Tab. 8, fig. 11. —Du terrain à chailles. 2. Ph. decussata Ag. — Tab. 4, fig. 9 et 10. — Tab. 4', fig. 7-11. — Du terrain crétacé. 3. Ph. alternons Roem. p. 76. — Du terrain crétacé. \. Ph. Murchisoni Sow. Tab. 297, fig. 4. (VI, pag. 87, Tab. 545.) — Agass. Tab. 4 c, fig. 5-7. — De l'oolite inférieure. 5. Ph. Buccardium Ag. Tab. 5, fig. 3-7. — Tab. 5 a, fig. 8. — De l'oolite inférieure. 6. Ph. reticulala Ag. Tab. 4, fig. 4-6. — Tab. 4c, fig. 1-4. — Du Lias supérieur. 7. Ph. texta Ag. Tab. 4 b, fig. 7-9. — De l'oolite inférieure. 8. Ph. deltoidea Sow. Tab. 197, fig. 4. — Du Lias. 9. Ph. crassa Ag. Tab. 6 d, fig. 1-3. — De l'oolite inférieure. 10. Ph. lyrata Sow. Tab. 197, fig. 3.— Du Lias. 11. Ph. producla Sow. Tab. 197, fig. 1. — De l'oolite inférieure. 12. Ph. obtusa Sow. Tab. 197, fig. 2. — De l'oolite inférieure. 13. Ph. triquelra Ag. Tab. 6 e. — De l'oolite inférieure ferrugineuse. 14. Ph. elalhrata Munster, dans Goldfuss, p. 271. Tab. 157, fig. 5. — Agass. Tab. 4', fig. 1-3. — Du Jura supérieur. 15. Ph. carinata Goldf. p. 267. Tab. 155, fig. 6. — Agass. Tab. 4', fig. 4-6. — De l'oolite inférieure. 16. Ph. acuminata Hartm. dans Ziet. Tab. 66, fig. 1. — Du Jura supérieur. — 07 — c) Les Parcicostée» ont tics côtes moins nombreuses , mais souvent très-fortes et en général tranchantes ou rugueuses ; leurs flancs n'ont pas cette apparence réticulée des précédentes , auxquelles elles ressemblent cependant par la forme. 1. Pholadomya Protêt. Brong. Ann. des mines. VI, Tab. 7, fig. 7. — Agass. Tab. 7, lig. 7-9. Tab. 7 6. — Du terrain portlandien. 2. Pli. scutata Ag. Tab. 6a, fig. 1-5. — Du terrain portlandien. 3. Ph. plicosa Ag. Tab. 4 6, fig, 1-2. — Du terrain portlandien. 4i Ph. trîgbnâta Ag. Tab. 8, fig. 8-9. — Tab. le, fig. 10-12. — Du terrain portlandien. 5. Ph. orbiculata Roem. Tab. 15, fig. 8. — Du terrain portlandien. 6. Ph. rostralis Ag. Tab. 1d, fig. 1-3. — Du terrain portlandien. 7.[Ph. angulosa Ag. Tab. 7, fig. 10-12. — Du terrain portlandien. 8. Ph. contraria Ag. Tab. 6' fig. 1. — Du terrain portlandien. 9. Ph. truncataAg. Tab. Id, fig. 4-10. — Tab. 8, fig. 5-7. — Du terrain portlandien. 10. Ph. myacina Ag. Tab. 7 c. — Du terrain portlandien. 1 1. Ph. bicostala Ag. Tab. 46, fig. 3-6. — Du terrain porlandien. 12. Ph. paucicoslata Roem. Tab. 16, fig. 1. — Du corallien supérieur. 13. Ph. concenlrica Roem. Tab. 16, fig. 2 a 6. — Du corallien supérieur. 1 \. Ph. rugosa Pusch. Tab. 9, fig. 1. — Du calcaire jurassique de Pologne. 15. Ph. Cor. Ag. Tab. 6 a, fig. 6-8. — Du terrain portlandien? 16. Ph. pulchella Ag. Tab. 7 e, fig. 1-3. — Du terrain portlandien. 17. Pk parcicosta Ag. Tab. 6, fig. 7-8. — Tab. 66 et Tab. 6 c. — Ph. ventricosa Goldf. Tab. 155, fig. 5. — Ph. ambigua Goldf. Tab. 15 6, fig. 1. —Du terrrain à chailles. 18. Ph. Michel ira Ag. Tab. 6 d, fig. 4-6. — Du groupe oxfordien. 19. Ph. margaritacea Sow. Tab. 297, fig. 1-3. — De l'argile de Londres. 20. Ph. Escheri Agi Tab. 7 f, fig. 16. — Du calcaire des Hautes-Alpes. 21 . Ph.dccorala Zicten Tab. 66, fig. 2 et 3. — Agass. Tab. 7 f. fig. 17-18.— Du Lias. 22. Ph. foliaceaA". Tab. If, fig. 4-12. — De l'oolite inférieure (Marlysandstone). — 68 — XIV. PnOI.ADOMYA CINCTA Ag. Tab. 3 ', fig. 7—9. Celte espèce a le port et la forme générale des Lutraires; elle est assez allongée, gonflée, ovoïde, à crochets assez épais, peu proéminens , déprimés, contigus et légèrement courbés en avant. L'extrémité antérieure n'est pas séparée des flancs par des côtes saillantes , mais bien par une dépression notable qui se dirige des crochets vers le bord inférieur , en formant un léger étranglement entre l'extrémité antérieure et les flancs. Le bord cardinal qui n'est ici conservé que sur un petit espace, en arrière des crochets, montre une petite aire cardinale, étroite et à bords recourbés (fig. 8). Le bord inférieur est for- tement ébrêché ; mais l'on peut conclure des rides et stries d'accroissement et de l'analogie avec les Ph. glabra et Ph. Rœmeri, que le bord cardinal était oblique en bas et en arrière, et le bord inférieur légèrement convexe. Les côtes, quoique très-faibles et linéaires, sont cependant fort distinctes, et leur forme tran- chante sert à distinguer notre espèce de plusieurs de ses congénères. J'en compte une dixaine sur l'exemplaire figuré ; les deux ou trois premières sont fort distantes et moins obliques que les suivantes ; celles du flanc droit sont ici plus faibles , mais plus nombreuses que celles du flanc gauche. L'extrémité postérieure par«°ît avoir été dépourvue de côtes sur une certaine étendue , ainsi qu'une portion de l'extrémité antérieure. Les rides longitudinales sont plus saillantes que les côles, fort nombreuses, inégales dans leur développement, plus ou moins rapprochées, un peu confuses et légèrement onduleuscs , par suite de leur entrecroisement avec les côtes. Je ne connais jusqu'ici qu'un seul exemplaire de cette espèce ; il a été recueilli par M. Gressly dans les marnes du lias supérieur de Gundershofen , département du Bas-Rhin. La roche qui l'orme le moule intérieur est une marne d'un bleu-grisâtre, très-endurcie. Le lest est mince, jau- nâtre et d'aspect corné, ce qui m'a empêché de reconnaître les impressions musculaires et palléale. — 69 — XV. PllOLAbOMYA GLABRA Ag. Tab. 3\ fig. 12-14. Le Pholadomya glabra est voisin du Ph. cincta, mais il en diffère cependant à plusieurs égards, ainsi que l'espèce que M. Roemer a décrite et figurée sous le nom de Ph. ambigua et à laquelle je propose de donner le nom de Ph. Roemeri, attendu qu'elle n'est pas le Ph. ambigua de So- werby. Notre Ph. glabra a aussi été confondu avec le Ph. ambigua, sans doute parce qu'il pro- vient du même terrain (du Lias). Il est vrai qu'il a à peu près la même forme générale ; mais il est à remarquer qu'il est plus comprimé et que l'extrémité postérieure forme un rostre plus aplati et à bords plus tranchans , tandis que le côté antérieur est en revanche plus gonflé dans la région des crochets ( fig. 14). Je ne remarque pas non plus cette dépression caractéristique du Ph. cincta autour de l'extrémité antérieure. Le moule est entièrement lisse, les côtes n'étant ni sail- lantes , ni rugueuses ; l'on n'observe que quelques légères stries linéaires sur les flancs ; en- core descendent-elles rarement jusqu'à la moitié de la hauteur, tandis que chez le Ph. cincta et le Ph. Roemeri, elles se prolongent jusqu'au bord inférieur en se développant toujours davantage. Les rides longitudinales sont peu marquées, mais cependant plus fortement que les côtes. Elles sont en outre plus régulières et plus également espacées que celles du Ph. cincta , mais moins ru- gueuses que celles du Ph. Roemeri. L'extrémité postérieure est fermée dans notre exemplaire sur tout son pourtour. L'extrémité antérieure offre une fente assez large qui naît au dessous des crochets et descend jusqu'au bord inférieur. Je n'ai encore observé aucune trace des impressions musculaires ou palléale , mais bien , près des crochets, quelques vestiges du test, qui est corné et très-mince. L'original de mes figures appartient à M. le comte de Mandelslohe , qui l'a recueilli dans le lias de Vaihingen, dans le Jura wurlembergeois. J'en ai reçu un second exemplaire de la part de M. F. Engelhardt, qui l'a recueilli dans le terrain liasique moyen de Miilhausen, département du Bas-Rhin. — 70 XVI. PuOLADOMYA ACITA A" -' Tab. 4, fig. 1-3. Le Pli. acula estime espèce de taille moyenne qui établit un passage des Pholadomyes aiguës aux réticulées. Sa forme rappelle celle de plusieurs espèces de Pétricoles : elle est fort large et épaisse dans la région antérieure , effilée et étroite en arrière. L extrémité antérieure est subtronquée et offre un rostre épais peu saillant, muni d'une fente médiane assez notable, occupant toute la ligne médiane depuis les crochets jusque vers le milieu du bord inférieur. Les crochets sont proéminens , à base large, légèrement gonflés, pointus eteontigus, de manière que le crochet gauche paraît avoir été perforé pour recevoir celui de la valve droite, qui est un peu plus relevé. Le bord cardinal descend très-obliquement des crochets vers l'extrémité postérieure , qui se ter- minait, à en juger d'après les rides d'accroissement, en un rostre très-aigu. L'aire cardinale est marquée, derrière les crochets, de deux gouttières élroites, mais assez profondes, parallèles au bord des valves et s'oblitérant peu à peu en arrière (fig. 1). L'écartement des valves est continu depuis les crochets jusqu'au tiers postérieur du bord inférieur. Celui-ci est légèrement arqué et se relève un peu vers le rostre postérieur, de manière que le contour de la coquille, vu de profil, est subtriangulaire ou sécuriforme ( fig. 2). Les côtes sont de moyenne taille, voire même petites et étroites , composées de tubercules très- rapprochés,un peu confluens et séparés par d'assez profondes rainures. Ces côtes tuberculeuses sont au nombre de cinq à sept , mais elles ne se prolongent pas d'une manière distincte jusqu'au bord inférieur. Les rides concentriques sont très-distinctes et régulières sur tout leur trajet ; ce sont elles qui , par leur entrecroisement avec les côtes , rendent ces dernières tuberculeuses ; mais elles ne dérangent en rien leur direction. Malgré que toute trace du test ait disparu sur notre exem- plaire , il m'a été impossible de distinguer les impressions musculaires et palléale. C'est un moule d un calcaire ferrugineux bleu-grisàtre. Je dois la communication de l'unique exemplaire que je connaisse, à M. Gressly, qui l'a recueilli à Wallenbourg , canton de Baie, dans les bancs marneux à spérosidérites , passant du Lias à l'oolite ferrugineuse. — 71 — XVII. PlIOLADOMYA NYMPHACEA Ag. Tab. 5a, fig. 1-3. Quoique cette espèce soit étrangère au Jura suisse, elle mérite cependant de fixer notre atten- tion , à cause de sa grande ressemblance avec notre Ph. média de l'oolite ferrugineuse inférieure. Sa taille et sa forme générale sont à peu près les mêmes: elle est épaisse, très-gonflée, surtout dans la région des crocbets , qui sont très-gros, opposés et contigus (fig. 2). On peut se con- vaincre par l'exemplaire figuré, qui est très-bien conservé dans ses détails, que la valve droite était perforée ou écbancrée, de manière à recevoir le sommet du crochet de la valve gauche; le même cas se reproduit, mais d'une manière moins évidente dans le Ph. mcdia. Mais ce qui distingue plus particulièrement notre espèce, ce sont les crochets qui, quoique larges et épais-, n'en font pas moins une forte saillie au-dessus du bord cardinal (fig. 1), tandis que chez le Ph. média, ils restent déprimés, se détachent à peine des flancs et ne s'élèvent que très-peu au dessus du bord cardinal , tout en étant plus obliques et plus rapprochés du bord antérieur. La région dorsale est également plus développée chez le Ph. nymphacea que chez le Ph. média. L'aire cardinale est excessivement large et profonde ; elle s'étend depuis les crochets jusque prés des impressions musculaires postérieures ( fig. 3) et est bordée en dehors par une carène obtuse assez apparente , qui la sépare des flancs ; un second repli plus fort se remarque prés du bord de la coquille, surtout dans la partie située au dessous des crochets. C'est ici aussi que com- mence l'écartement des valves, qui va en s'élargissant graduellement vers le bord postérieur. Malheureusement cette dernière partie de la coquille n'est pas conservée , ensorte qu'il est difficile de juger de sa forme primitive ; mais les rides longitudinales , toujours conformes aux stries d'accrois- sement, indiquent un rostre assez arrondi , quoique moins tronqué que celui du Ph. média, et re- levé en haut. Les côtes sont au nombre de cinq à huit et presque également développées sur les deux flancs; leurs tubérosités irrégulières proviennent de leur entrecroisement avec les stries longitudi- nales qui sont très-accusées , surtout vers les crochets. Les impressions musculaires postérieures sont fort distinctes, quoique très-aplaties , obliques , transverses avec un appendice angulaire du côté interne, près du bord cardinal. Les traces de l'im- pression palléale et celles du muscle antérieur sont ordinairement trop légères pour être remarquées. L'exemplaire figuré est un moule d'une roche jaunâtre, très-oolitique, que l'on trouve par rognons — 72 — dans l'oolite ferrugineuse des Mouliers , en Normandie. Ce terrain remarquable est très-connu des géologues et des paléontologistes , par l'abondance et la beauté de ses fossiles. XVIII. PlIOLADOMYA MEDIA Ag. Tab. 56 fig. 7-13. Cette espèce fait en quelque sorte le passage du groupe des aiguës au groupe des réticulées dans la Section des Pboladomyes bucardiennes. Sa forme est à peu près ovoïde, très-enflée, subtronquée en avant, atténuée en arrière. Les crochets sont très-en avant, fort déprimés et se confondent entièrement avec les flancs de la coquille. Le bord cardinal est presque horizontal , ce qui fait que, vu de profil, le côté postérieur est à peu prés aussi élevé que l'antérieur (fig. 7, 10). Le bord inférieur est arqué et onduleux (fig. 4). L'aire cardinale , quoique très-large et très- évasée, n'est pas très-bien séparée des flancs (fig. 8, 12). Les côtes sont au nombre de six à huit, faibles, assez égales, tranchantes, à tubercules irréguliers et plus obliques que celles du Ph. Bucardium. Les rides longitudinales sont aussi plus distinctes et forment , aux points de rencontre avec les côtes, des tubercules irréguliers et peu précis. Je n'ai observé aucune trace caractérisée des impressions musculaires , ni de l'impression palléale. Comme nous venons de le voir, une espèce fort analogue, le Ph. nymphacea, à crochets plus détachés et plus bombés, se rencontre dans l'oolite ferrugineuse des Moutiers, en Normandie. Le Pli. média provient de l'oolite ferrugineuse inférieure de Diirrenast, dans le val de Beinwyl , chaîne du Passwang , dans le canton de Soleure , où M. Gressly a recueilli les trois exemplaires figurés , qui sont d'âges divers. Ces fossiles sont à l'état de moules calcaires , ferrugineux , assez compactes, et d'un rouge brunâtre. XIX. Pholadomya exaltata Ag. Tab. 4 , fig. 7-8 et Tab. 4 a. Syn. Pholadomya Murchisoni Goldf, p. 2Co , Tab. loo , fig. 2. — Pusch, Tab. S, fig. 11. Dans l'origine, cette espèce ne m'était connue que par un seul exemplaire ( Tab, 4, fig. 7). Plus tard, M. Gressly m'en a communiqué d'autres plus parfaits; et comme je dispose mainte- nant d'une série de plus de vingt-cinq exemplaires de toute grandeur, et que parmi ce nombre — 73 — il s'en trouve de fort bien conservés, je suis à même de donner une description assez détaillée de cette espèce; aussi n'ai-je pas craint de lui consacrer une planche entière. Elleacquierlune taille consi- dérable; à l'état adulte, elle est fortement gonflée , surtout en avant, quoique moins globuleuse que le Ph. decusaata; son extrémité antérieure est très-tronquée et présente un large disque cordiforme , semblable à celui du Ph. decussata (fig. 6). Le profil se présente sous la forme d'un triangle à angles émoussés (fig. 5). Le bord inférieur est plus ou moins régulièrement arqué ; en revanche , le bord supérieur est généralement concave ; mais ces contours varient beaucoup dans les indi- vidus d'âge différent et même dans ceux de même taille. L'aire cardinale n'est que rudimentaire, étroite , courte et mal déterminée (fig. 3). Les crochets sont très-développés , épais , fort relevés et contigus ( fig. 5 et 6) ; l'une des valves est ordinairement échancrée ou perforée pour recevoir celle du côté opposé. L'écartement des valves est assez marqué dans la partie postérieure de la coquille ; il s'étend sur une bonne partie de la ligne cardinale , et occupe tout le pourtour de l'extrémité postérieure, qui est courte, épaisse et de forme assez variable dans les différons exemplaires. Cependant cet écartement n'est jamais fort large. Les côtes sont au nombre de huit à neuf, trés-développées , épaisses , arrondies et fort tuber- culeuses. Les tubercules sont presque toujours rectangulaires et plus ou moins allongés dans le sens dessillons cencentriques; c'est surtout le cas de ceux qui ornent les côtes antérieures. On en compte jusqu'à trente sur une seule côte d'un exemplaire adulte. Ils s'allongent également vers le bord in- férieur, où ils sont environ du double plus longs que hauts et finissent enfin par disparaître , en faisant place à des rides d'accroissement très-serrées et fort distinctes. Les sillons longitudinaux qui déterminent les nœuds des côtes transverses sont très-prononcés sur toute la coquille ; ils sont fort nombreux , concentriques, mais irréguliers et inégaux , s'a- planissant tant sur le devant que sur le rostre postérieur. Je n'ai encore observé aucune impres- sion musculaire ni palléale bien distincte, ni aucune trace du test. La roche dont se composent nos moules est un calcaire bleu-grisâtre ou jaunâtre, subsiliceux , très-dur, semblable au calcaire sphé- ritique qui les entoure ou les accompagne surtout à la hase des bancs à coraux, comme au Fringeli, dans le canton de Soleure ou dans les assises entièrement vaseuses du Rcchberg, près de Liesberg, dans le Jura bernois. C'est essentiellement dans ces deux localités que M. Gressly a recueilli les nombreux exemplaires qu'il possède du Ph. exaltala et du Ph. parcicostata. Comme ces deux espèces comptent parmi les plus nombreuses en individus , elles sont plus propres que d'autres à nous donner des indices biologiques sur ces animaux. Le Ph. exaltaia 10 — 74 — est presque exclusivement littoral, et ce n'est que par hasard et ordinairement dans un mauvais état de conservation qu'il se montre dans les régions subpélagiques ou pélagiques. M. Hugi en a recueilli trois à quatre exemplaires dans les chaînes pélagiques du Jura soleurois. M. Gressly en possède , au contraire , plus de vingt échantillons tous littoraux , sans compter ceux qu'il a dis- tribués à ses amis, et des centaines d'exemplaires qu'il a négligé de recueillir à cause de leur mauvais état de conservation. XX. Pholadomva decussata Ag. Tah. i, (ig. 9 et 10. Tab. V, fig. 7-1 1 . Syn. Cardiiim decussatum Sow. Tab. oo"2, fig. 1. — Mantell Geol. of Susses Tab. 25, fig. 3. Pholadomya drcussata Ag. — DesHayes Concliyl. élém. Tab. 5, fig. 1-5. Si je décris ici une espèce étrangère provenant du grès-vert de l'Angleterre et de France , c'est pour faire ressortir certaines différences qui la distinguent de plusieurs autres très-voisines , et en second lieu pour constater l'existence de Pholadomyes buccardiennes, pendant l'époque crétacée. Les auteurs qui en ont parlé en ont fait à tort un Cardium. C'est réellement une Pholadomye distincte, qui démontre encore une fois qu'il n'existe pas d'espèce identique dans des formations d'âge dif- férent. En effet, quelque voisin que soit notre Ph. decussata de plusieurs espèces jurassiques et surtout du Ph. exaltala du groupe oxfordien, il en diffère cependant à plusieurs égards ; et d'abord il est plus globuleux et un peu moins aplati à son extrémité antérieure. La ligne dor- sale est plus oblique et bien moins concave ; le bord inférieur est au contraire plus convexe , même dans le jeune âge (Tab. V fig. 7), et passe insensiblement aux bords antérieur et postérieur. Les crochets et l'ouverture antérieure ne diffèrent pas d'une manière sensible dans les deux espèces. Les côtes, quoique d'une structure très-analogue, sont moins nombreuses que chez leP/t. exaltala ; je n'en compte que six sur l'exemplaire adulte (fig. 11). Quoique très-fortes , elles ne sont cependant pas aussi saillantes que celles du Ph. exaltata ; elles sont en outre très-distinctes et égale- ment espacées , et leurs tubercules quoique très-serrés et nombreux , ne se détachent pas d'une manière aussi tranchée des rides longitudinales avec lesquelles ils confluent , surtout chez l'exemplaire adulte. Dans le jeune individu de fig. 7, les côtes sont plus raboteuses , mieux prononcées et plus nombreuses que dans celui de fig. 11 ; et cela s'explique par le fait que les côtes les plus externes n'ont pas encore disparu sur le moule par 1 epaississement de la lame na- crée, comme c'est le cas chez l'adulte. Les rides longitudinales sont très-développées , plus ser- rées et plus saillantes que chez le Phi cxallala , mais moins accidentées, moins onduleuses, sur- tout sur la région aplatie de l'extrémité antérieure. Le test qui a entièrement disparu sur nos deux moules n'a laissé aucune trace distincte des impressions musculaires et palléalc. Nos moules se composent d'un grès calcaire poruleux ou tut— face, peu solide et très-friable. Ils appartiennent au musée de Neuchàlel et proviennent du grés- vert du Mans. XXI. PflOLADOMYÀ TRIQLETRA Ag. Tab. G e, Je ne connus d'abord cette espèce que par un exemplaire assez mal conservé appartenant à M. le comte de Mandelslobe. Plusieurs particularités de structure me firent cependant entrevoir dans ce fossile une nouvelle espèce de Pholadomye, caractérisée surtout par son profil triangu- laire , ses crochets épais , entièrement confondus avec leur base , par son bord cardinal large et incliné en arriére et en bas , et enGn par ses côtes rugueuses et sans tubercules distincts. Ces caractères se sont trouvés plus tard pleinement confirmés par deux autres exemplaires que je viens de recevoir, l'un du Musée de Soleure et l'autre de M. Fr. Engelhardt. C'est surtout ce der- nier exemplaire qui, par sa parfaite conservation , m'a fourni les données les plus précises. La partie antérieure est assez aplatie, en forme de cœur, pointue en bas, surtout dans le jeune âge , (fig. 3), tandis qu'à l'état adulte, elle est plus obtuse et plus arrondie ( fig. 5 et 6) ; elle est en outre légèrement bâillante et très-nettement séparée des flancs par une première forte côte. Les cro- chets sont placés tout-à-fait en avant et surplombent même la face antérieure qui, dans deux de nos échantillons, fuit sensiblement en arrière et en bas. Le bord supérieur renferme une aire cardinale assez distincte ( fig. 2), bordée de chaque côté d'une carène assez marquée dans le jeune âge , mais qui paraît s'effacer à mesure que la coquille grandit. Elle ne se ferme pas en arrière comme cela a lieu dans la section des Pholadomycs cardissoïdes , mais elle est entaillée par le bâillement postérieur qui est large et occupe tout le pourtour de l'extrémité postérieure jusqu'au tiers postérieur du bord iuférieur. L'extrémité postérieure va en s'atlénuant insensiblement; elle est très-effilée et saillante chez les adultes (fig. 7), mais plus arrondie chez les jeunes — 76 — ( fig. 1,2). Le bord inférieur est fermé sur toute son étendue, tranchant, légèrement convexe et un peu onduleux , par l'effet des côtes, qui font plus ou moins saillie. Les côtes ne sont pas moins caractéristiques que la forme générale. Il y en a sept principales de chaque côté , sans compter une côte surnuméraire située à l'extrémité antérieure et une ou deux au bord postérieur ; elles sont très-apparentes , presque tranchantes et très-rugueuses , sans être proprement tuberculeuses ; leur direction est oblique tant en avant qu'en arrière ; elles sont eu même temps onduleuses, et les antérieures s'atténuent en général en avant, surtout dans les exemplaires adultes. Les rides longitudinales concentriques offrent une structure assez parti- culière : dans le jeune âge, elles semblent être très-régulières, fort distinctes et se composent d'un certain nombre de faisceaux dichotomes qui prennent naissance en avant des crochets et se di- visent, sur les flancs, en un grand nombre de fdets secondaires qui se confondent sur l'extré- mité postérieure. Vues de près , ces rides sont variables dans leur épaisseur et leur étendue , mais n'en suivent pas moins une direction parallèle, qui donne lieu à un dessin fort régulier (fig. 1, 4 et 7). Dans les exemplaires adultes , les rides longitudinales deviennent très-obtuses , et il n'y a plus que les plus grossières qui marquent de distance en distance la marche de l'accroissement de la coquille. Les intermédiaires sont assez irrégulières et n'apparaissent en général , surtout vers le bord inférieur, que comme des aspérités plus ou moins considérables , alignées dans le sens longitudinal. Ces accidens rendent en général les diverses impressions musculaires et palléala trop confuses pour qu'on puisse en reconnaître la forme et la situation. Nos exemplaires adultes sont des moules qui ne montrent aucune trace du test ; le jeune individu de fig. 1-3 a par contre conservé presque en entier son test , qui est trans- formé en une lamelle ferrugineuse. Les moules sont également ferrugineux , compactes et d'un rouge-brunâtre, très-foncé, presque noir. L'exemplaire du Musée de Soleure (fig. 4 et 5) est com- posé d'une oolite ferrugineuse moins foncée; l'exemplaire de M. le comte de Mandelslohe est un moule composé d'un marlysandstone jaunâtre tirant sur le rouge, peu compacte et assez fria- ble. Ces trois échantillons proviennent tous de la division inférieure (oolite ferrugineuse et mar- lysandstone) de l'oolite inférieure , le premier de Mietesheim , département du Bas-Rhin , le se- cond du Jura soleurois, et le troisième de Dettingen , dans le Jura wurtembergeois. — 77 — XXII. Pholadomya Bccardicm Ag. Tab. 5, Cg.3-7. Tab. 5 a, fig. 8. On a confondu, sous le nom de PL Murchùoni Sow. , plusieurs espèces fort distinctes de l'oo- lite inférieure du Jura suisse, l'une qui paraît bien être celle du paléontologiste anglais, et une autre très-voisine, que j'appelle Pholadomya Bucardium et que les anciens paléontologistes suisses ont désignée sous le nom de Buccardites ; c'est celle dont nous avons à nous occuper ici. Elle est fort commune dans les marnes à Ostrea acuminala du Jura suisse et se rapproebe à plusieurs égards du Ph. decussata: ses croebets sont très-gros, enflés, opposés et comme soudés dans les moules. C'est tantôt le crochet droit, tantôt le croebet gauebe, qui est éebancré et qui reçoit le crochet opposé. Le bord supérieur n'offre pas une aire cardinale distincte, mais seulement en arrière des crochets ( Tab. 5 a fig. 8 ) une gouttière profonde et très-évasée. Le côté antérieur est aplati et offre , sur la ligne médiane , une fente assez étroite qui se perd près des crochets , entre les premières côtes. Le bord inférieur est très-convexe, mais varie quelque peu dans les diver- individus. Il est clos sur toute son étendue, depuis les premières côtes jusqu'à l'extrémité postés rieure, qui est en général très-obtuse , arrondie , un peu tronquée dans les vieux individus , plus rarement chez les jeunes exemplaires et toujours plus ou moins bâillante. L'écartement des valves se prolonge même quelquefois en s'effilant jusque entre les crochets (Tab. 5 a fig. 8). Les côtes sont au nombre de six à sept dans les jeunes comme dans les vieux individus ; elles sont saillantes, mais étroites à proportion des valves, voire même tranchantes, plus ou moins rapprochées, presque droites ou légèrement obliques d'avant en arrière. La première côte est plus distante que les autres et la seconde est d'ordinaire la plus forte. Toutes descendent unifor- mément et sans s'élargir jusqu'au bord inférieur, dont elles occupent toute la partie moyenne. Les espaces intercostaux sont de profonds sillons qui ne font que donner plus de relief aux côtes ffig. 7). L'extrémité postérieure est entièrement exempte de côtes, et ne montre que des rides longitudinales plus ou moins prononcées , qui se reconnaissent aussi d'une manière confuse sur les côtes, qu'elles entament en déterminant çà et là des tubérosités irrégulières et des ondulations plus ou moins marquées. Les impressions musculaires et palléale ne sont que confusément indi- quées ; et ce n'est qu'au moyen d'un certain nombre de bons exemplaires que l'on peut arriver à 7o préciser leur forme et leur trajet. L'impression musculaire antérieure est très-allongée, car elle occupe tout l'espace entre la base des crochets et la seconde côte; elle est du reste de forme peu régulière et légèrement oblique en dedans. L'impression palléale se dislingue difficilement des rides longitudinales; elle est étroite et placée tout près du bord inférieur. Le lobe palléal infé- rieur est voisin de la dernière côte ; sa largeur est considérable , ainsi que celle du sinus pal- léal. Ce dernier se combine en haut avec une impression musculaire de forme arrondie et très- large, qui se trouve entre le bord cardinal postérieur et la dernière côte. Des impressions vagues de fibres musculaires sont dispersées à la face externe des crochets, jusque près de leur sommet. J'ai trouvé le test conservé presque en entier sur deux jeunes exemplaires du Musée de So- leure ; il est excessivement mince, orné de stries d'accroissement nombreuses et composées de spath corné jaunâtre. Il ne paraît pas avoir été plus épais dans les exemplaires adultes, à en juger d'après les parcelles apathiques qui se trouvent encore çà et là sur quelques échantillons de grande taille et d'après la faiblesse des impressions musculaires. L'on reconnaît très-bien, dans un exemplaire du Musée de Soleure, la perforation du test au sommet du crochet droit et la ma- nière dont le crochet gauche s'y enfonce. Je pense que c'est surtout au moyen de cette sorte d'ar- ticulation que les valves de cette espèce et de beaucoup d'autres semblables ont pu se maintenir dans leur position naturelle après la mort de l'animal , surtout si l'on se rappelle que les vases qu'elles habitaient étaient probablement peu accessibles à faction des vagues ; car s'il en avait été autrement , le test aurait dû se déformer au moindre choc des vagues , surtout après la décom- position des substances animales glutineuses qui tiennent ensemble les différens anneaux con- centriques de la coquille. Celte espèce est très-abondante dans les marnes à Ostrea acuminata qui forment de vastes dé- pôts dans les régions littorales du Jura suisse. Elle cohabite avec plusieurs autres Pholadomyes et beaucoup d'autres genres de Myacées , tels que desGresslyes , des Myopsis , des Goniomyes , plu- sieurs Céphalopodes, et surtout avec une foule innombrable de petites huîtres [Ostrea Knorrii et O. acuminata) , qui sont des habilans des vases pures. Elle se rencontre bien moins fréquemment dans les régions pélagiques, quoique les faciès soient en général moins bien caractérisés dans le groupe oolitique inférieur que dans les terrains supérieurs. Enfin, elle se trouve aussi, mais plus rarement, dans le calcaire roux sableux, qui est plus arénacé et plus graveleux que les marnes à Oslrea acuminata et qui offre un ensemble de fossiles assez différent. Les originaux de mes figures appartiennent à M. Gressly , qui en possède près de trente exem- plaires. On en rencontre des exemplaires dans presque toutes les collections de fossiles jurassi- ques en Suisse. — 79 — XXIII. Pholadomya Mcrchisom Sow. Tab. 4 c, fig. 5-7. Sy*. Pholadomya Murchisoni Sow. Tab. -297, fig. 4. (VI. p. 87. Tab. 545) (non Goldf., non Pusch.) Le calcaire roux-sableux du Jura soleurois et de la Savoie renferme une espèce dePholadomyc que je crois être le véritable Ph. Murchisoni. Quoique fort voisine du Pli. Bucardium et surtout du Pli. texta , avec lequel elle se trouve habituellement, il existe cependant quelques caractères constans qui permettent toujours de la distinguer de ces deux dernières. Ces caractères résident tant dans la forme générale que dans l'arrangement des côtes; et d'abord, elle est bien plus comprimée, plus allongée ; le bord cardinal est plus abrupte et les crochets se détachent moins du corps de la coquille ; le bord inférieur est moins convexe ; le côté antérieur est en revanche plus tronqué et sa coupe est plus effilée en bas (fig. 5). Ce dernier caractère la distingue sur- tout du Ph. Bucardium. Les côtes des espèces différent sensiblement dans leur structure ; celles du Ph. Murchisoni sont moins saillantes que celles des Ph. Bucardium et texta, et en outre trés- aplaties et arrondies ; il n'y en a que cinq qui ressortent parfaitement et se laissent poursuivre sur tous les exemplaires. Leur entrecroisement avec les rides longitudinales qui sont très-régulières , épaisses et arrondies, les rend fort tuberculeuses; mais, du reste , elles ont la même allure que celles du Ph. Bucardium. La coquille est largement baillante et sur une plus grande étendue que chez ce dernier ; souvent l'ouverture postérieure commence déjà aux crochets et s'élargit in- sensiblement en arrière pour se confondre, au bord inférieur, avec l'écartement antérieur, plus étroit, qui commence entre les deux ou trois premières côtes et s'avance eu haut jusqu'aux cro- chets. Le test n'est que rarement conservé et toujours à l'état de spath corné. Les moules, composés d'un calcaire sableux roux , tirant sur le bleu gris , n'ont conservé aucune trace distincte des im- pressions musculaires. M. Gressly possède une douzaine d'exemplaires de cette espèce, qu'il a recueillis dans un banc à mollusques du calcaire roux sableux ( oolite inférieure ) de Goldcnthal , canton de Soleure. M. L. Coulon, père, a aussi rapporté de la montagne du Chat, près du lac Bourget, en Savoie, plusieurs exemplaires du même terrain qui me paraissent parfaitement identiques avec l'espèce — SO- que Sowerby a décrite; mais je ne puis accepter l'identité de l'espèce anglaise avec celle que (loldfuss et Pusch ont figurée sous le nom de Ph. Murchisoni qui , est mon Ph. exaltata. XXIV. PlIOLADOMYA BETïCtJLATA Ag. Tab. 4, fig. 4-6. Tab. 4c, fig. 1-4. Je ne connaissais cette espèce que par le petit exemplaire représenté sur ma Tab. 4, fig. 4-6, lorsque tout récemment je reçus en communication de la part de M. Engelhardt et de M. le comte de Mandelslobe plusieurs exemplaires adultes et très-bien conservés, qui me permettent d'en donner une description détaillée. C'est une espèce de la section des Bucardiennes, assez voisine du Ph. Murchisoni , pour qu'il soit possible de ne voir en elle qu'une variété de cette dernière. Cependant , quoique sa forme générale soit la même , elle est ordinairement plus aplatie ; les crochets sont au bord antérieur et ne forment qu'une saillie peu notable , quoique ils soient assez distincts ; ils sont en outre contigus et l'un ou l'autre est perforé pour recevoir la pointe du crochet opposé ; le bord supérieur ou cardinal est incliné en bas et en arrière et légèrement arqué au milieu ; l'extrémité postérieure est très-arrondie ; le bord inférieur est uniformément convexe ; l'aire cardinale est étroite ; mais très- marquée. L'on pourrait dès-lors être tenté de ranger cette espèce à côté des Pholadomyes cardis- soïdes , si l'on ne reconnaissait dans le moule les caractères des Pholadomyes bucardiennes , savoir l'absence de carènes latérales le long des gouttières de l'aire cardinale ; d'ailleurs , l'ouverture postérieure est conformée comme chez toutes les espèces bucardiennes et se prolonge plus ou moins sur le bord cardinal. Les flancs sont très-accidentés. Des côtes nombreuses (dix à douze), dont huit très-prononcées, descendent d'avant en arrière et deviennent de plus en plus obliques en arrière , recouvrant tout le flanc depuis la troncature antérieure jusque près du bord supérieur-postérieur. Des sillons fort étroits, mais profonds, entament les côtes et les divisent en un grand nombre de carrés disposés en séries tuberculeuses , qui forment un réseau très-régu- lier. Les intervalles entre les tubercules quadrangulaires sont en outre striés longitudinale- ment. Dans les jeunes individus, les côtes sont très-serrées ; mais chez les exemplaires adultes, elles s'écartent considérablement vers le bord inférieur, notamment les postérieures (Tab. 4 c, fig. 1-2). Les impressions musculaires et palléale sont si faibles qu'il est impossible de reconnaître leurs contours et de poursuivre leur trajet; cependant, tout porte à croire qu'elles ne différaient pas sensible- — 81 — ment de celles des espèces analogues sur lesquelles on a pu les observer. Le test est parfaitement conservé sur un exemplaire de M. Engclhardt; il est composé d'un spath corné, olivâtre , très- mince. De même que l'exemplaire de M. Gressly et ceux de M. le comte de Mandelslohe , il a été recueilli dans le lias supérieur du département du Bas-Rhin et du Jura wurtcmbergeois. Tous les moules se composent d'un sphérosidérite argileux très-dur, de couleur bleuâtre ou jaunâtre, tirant sur le brun ferrugineux. XXV. PllOLADOMYA TEXTA Ag. Tab. 4Mg- 7-9. La forme générale de cette espèce rappelle le Ph. parcicosta; mais elle est généralement de plus petite taille ; sa ligne dorsale est plus oblique , tandis que ses autres bords sont plus arqués. On remarque aussi moins de différence entre les côtes des deux valves que chez le Ph. parcicosta. Les rides longitudinales sont , en revanche , bien plus marquées et presque toujours distinctes sur les premières côtes ; elles sont en outre plus régulières et produisent des nœuds plus constans qui composent un réseau fort élégant qui a valu à l'espèce le nom spécifique de Ph. texta. Les impressions musculaires et palléale manquent chez le plus grand nombre des exemplaires. Rare- ment il existe quelques légères traces des impressions musculaires postérieures et du sinus palléal. C'est une espèce du calcaire roux-sableux du Jura soleurois et bernois. Elle accompagne le Ph. Murchisoni et parfois le Ph. Bucardium. Elle est surtout fréquente à Goldenthal, ( dans le ravin du Sangetel , derrière la ferme de Bracheten) , dans le Jura soleurois, où elle prédomine sur le Ph Murchisoni. M. Gressly y a recueilli les originaux de mes figures; il en possède environ vingt individus. Le Musée de Soleure en possède aussi cinq exemplaires de la même localité. XXVI. PllOLADOMYA CRASSA Ag. Tab. 6d,fig. i-3. Celle espèce, très-voisine des Ph. (Cardita) producta Sow. et Ph. (Cardita) obtusa Sow., se rap- proche également du Ph. exallata par sa forme générale, et des Ph. parcicosta et Ph. texta par ses ornemens. Elle est très-renflée ; aplaie et tronquée eu avant , plus rétrécie à son extrémité pos~ 11 — 82 — térieure, qui est plus ou moins comprimée. Les crochets sont fort grands , proéminens, bour- soufflés, contigus et même perforés dans l'une ou l'autre valve. Le bord cardinal ou supérieur est graduellement incliné en arriére et passe sans inflexion brusque au bord postérieur, qui est fort ar- rondi et à peu près semi-circulaire. Le bord inférieur est fort convexe et se confond sans interrup- tion avec l'extrémité antérieure. Cette espèce est proportionnellement plus comprimée que le Pli. texta , surtout en arrière. L'ouverture antérieure est assez notable et s'étend jusqu'au bord car- dinal (fig. 3); l'ouverture postérieure est très-étroite, mais elle occupe tout le pourtour postérieur à partir des crochets , tant sur le bord supérieur que sur le bord inférieur. Les côtes sont à peine marquées, droites et verticales, au nombre de trois ou quatre, rarement de cinq et légèrement tranchantes. Quelques grosses rides longitudinales peu suivies et quelques impressions digitées plus ou moins sensibles rendent la surface un peu onduleuse et inégale. L'un de nos exemplaires (fig. 2) montre le contour des impressions musculaires et palléale. L'impression musculaire antérieure (Gg. 3), très-étroite et peu allongée, est située immédiatement au-dessous de la base des crochets. La ligne palléale se montre sur la portion aplatie de l'extré- mité antérieure, sous la forme d'une saillie longitudinale peu sensible ; elle n'est bien marquée que le long du bord inférieur, qu'elle suit de très-près, jusque près du tiers postérieur. De là elle se dirige promptement en haut et en dedans, en formant un lobe très-large et arrondi, et au-dessus un sinus assez aigu qui rejoint enfin, à angle droit , l'impression musculaire postérieure, qui est à peu prés circulaire , aplatie et rugueuse ; de là elle se continue sous forme d'une légère arête à la face interne des crochets, où elle se perd définitivement. C'est une espèce assez rare des marnes à Ostrea acuminata, appartenant à la division supérieure de l'oolite inférieure. M. Gressly a recueilli les originaux de mes figures dans la localité de Horlang, petit hameau, situé dans la commune de Grindel, district de Thierstein, dans le canton de Soleure. Le Musée de Neuchâtel possède un échantillon, provenant des environs de Dijon, qui paraît appartenir à cette espèce. — 85 — XXVII. PlIOLADOMYA CLATHRATA MtiNST. Tab. 4', fig. 1-3. Syn. Pholadomya clathrata Miinst. dans Goldf. p. 271. Tab. 157, fig. 5, a. h. c. d. e. Quoique je ne sois pas sûr de l'indigénal de cette espèce , j'ai cependant cru devoir lui accorder une place dans cette monograpbie , parce qu'elle diffère assez notablement, ainsi que la suivante , des autres Pboladomyes bucardiennes. Ce qui frappe tout d'abord en elle, c'est l'extrême apla- tissement du côté antérieur, du milieu duquel s'élève une légère carène médiane , sans ou- verture antérieure. Le corps du fossile a la forme d'un cône comprimé latéralement et graduel- lement rétréci vers son extrémité postérieure. Les crochets sont au bord antérieur, très-nettement dessinés, quoique reposant sur une base large, qui se confond insensiblement avec les flancs. Le bord inférieur est tranchant , à-peu-près droit. Le bord dorsal est caché presque en entier, de façon que notre exemplaire ne peut donner une idée ni de sa direction ni de la forme de l'aire car- dinale. L'extrémité postérieure est très-comprimée à bord arrondi et tranchant, et sou ouverture parait avoir été réduite à un léger écartement des valves, que l'on ne peut pas préciser sur notre exemplaire. Il n'y a pas de séparation particulière entre la face comprimée de l'extrémité antérieure et les flancs; les deux parties se combinant sous un angle très-arrondi et à peu près droit. Les côtes, au nombre de huit à dix, se réduisent à de faibles séries de très-petits tubercules ; elles sont fort rapprochées, parallèles, également espacées et suivent une direction un peu oblique, qui est ce- pendant plus prononcée en arrière qu'en avant. Les tubercules sont arrondis et de la grosseur d'une tête d'épingle. Les rides longitudinales sont très-nettes , continues et séparées par des sillons profonds et étroits, qui sont très-distincts sur la face antérieure et sur le dos, mais qui parais- sent moins marqués à l'extrémité postérieure. On en compte une vingtaine sur les flancs et à-peu- près trente en tout , en y comprenant celles plus serrées et moins distinctes qui se trouvent vers la pointe des crochets. L'exemplaire figuré , le seul que j'aie connu jusqu'ici , est un moule intérieur, sans vestige du test ni des impressions musculaires et palléale. Il appartient au Musée de Neuchàtel et provient d'une ancienne collection sans indication d'origine. Il se compose d'un calcaire blanc à pâte fine — 8/i — et homogène, semblable à certaines roches portlandiennes. Je ne doute pas qu'il n'appartienne au Jura supérieur. C'est aussi à cette formation que le rapporte M. le Comte de Munster. XXVIII. PlIOLADOMYA CARINATA Goldf. Tab. 4', 6g. 4-6. Syx. Pholadomya carinata Goldf. p. 267. Tal). 165, fig. 6, a, h. La forme générale de cette espèce représente un cône comprimé latéralement, à base plate et subcirculaire. Quoique voisine de l'espèce précédente , elle est cependant un peu moins aplatie à l'extrémité antérieure; ses crochets, plus ou moins contigus, ne sont pas lout-à-fait antérieurs, mais du reste fort distincts, dégagés, larges et directement opposés. La face antérieure est plus bom- bée que chez l'espèce précédente , avec une large ouverture médiane qui se développe successi- vement des crochets vers le bord inférieur et ne s'arrête qu'au tiers antérieur de ce dernier. Le bord dorsal ou cardinal est légèrement oblique en arrière et en bas; mais l'on ne peut reconnaître sur notre exemplaire ni la forme, ni l'étendue de l'aire cardinale. Le bord inférieur est légèrement convexe et oblique en arrière, de façon qu'il forme avec le bord cardinal un angle très-arrondi, occupé, dans tout son pourtour, jusqu'au tiers de la lon- gueur par une ouverture peu large , mais d'autant plus allongée. La face antérieure offre , de chaque côté, une côte très-rugueuse et ornée de douze à quatorze nodules épineux (fig. 6). Il y a en outre six côtes très-distinctes et fort régulières sur les flancs; la première forme une arête très-épaisse et saillante qui sépare les flancs de la portion aplatie de l'extrémité antérieure. Quoique usée et ébréchée par le frottement dans notre échantillon , elle montre cependant encore des plis noueux plus ou moins apparens et se dirige en ligne presque droite, du crochet à l'angle antérieur du bord inférieur. Les côtes suivantes , au nombre de cinq, se composent de séries de nodules (jusqu'à vingt-quatre dans une série), très-régulièrement arrondis, surtout dans la région des crochets et sur les deux côtes antérieures, taudis qu'ils sont moins nets et effacés par les rides longitudinales dans la région inférieure et vers l'extrémité postérieure. Quoique un peu divergentes, elles ne sont cependant que légèrement obliques en arrière , et à mesure qu'elles s'élargissent du haut en bas , elles s'aplatissent davantage et deviennent de moins en moins dis- tinctes. Les rides longitudinales, quoique moins saillantes , se remarquent cependant très-faci- — 8i> — lement à la grande régularité avec laquelle elles s'étendent longitudinalemenl d'un tubercule à l'autre. Elles sont plus apparentes le long du bord inférieur et sur les deux extrémités. L'original de mes figures me paraît être un moule externe; car on n'y découvre ni lest, ni impressions musculaires ou palléalc quelconques. Il est composé d'un calcaire compacte , coloré en jaune par un oxide ferrugineux et mêlé de grains arénacés. Il a tout-â-fait l'aspect des fossiles de l'oolite ferrugineuse des Moutiers en Normandie; cependant je ne saurais affirmer avec certitude que ce soit là son origine. L'exemplaire de M. Goldfuss provient de l'oolite ferrugineuse, de Chaufour, département de la Sarthe. XXIX. Pholadomya Protei Brongn. Tab. 7, fig. 7-9. Tab. 1b. SYN. Pholadomya Protei Brongn. et Auct. — Rœmer, p. 132. Cardium Protei Brongn. Ann. des Mines. VI. Tab. 7, Fig. 7. Le Ph. Protei est l'une des espèces les plus fréquentes du terrain portlandien et plus particuliè- rement du faciès vaseux à Ptérocéres ; aussi est-elle mentionnée par tous les géologues qui ont décrit ce terrain sur le continent européen. Possédant une série de prés de cinquante exem- plaires, tous recueillis dans la même localité, je me crois à même de donner une description cir- constanciée de cette importante espèce, et afin d'en représenter à-peu-près toutes les variétés, je n'ai pas craint de lui consacrer une planche entière, outre les figures 7-9 de Tab. 7. Aucune espèce n'est soumise à des variations plus notables, et c'est sans doute pour cette raison que M. Al. Brongniart lui a donné le nom spécifique de Ph. Protei. Sa forme générale est tantôt trapue et gonflée (Tab. 7 b, fig. 10 et 1 1), tantôt plus allongée , et sensiblement comprimée en arriére ( fig. 7). Les contours sont tantôt arrondis ( fig. 11), tantôt ils présentent des angles saillans (fig. 10); en général les jeunes individus sont plus arrondis et plus g'obuleux que les vieux, qui sont plus cordiformes, aplatis en avant et rétrécis en arrière. Les crochets sont bien détachés et s'élèvent beaucoup au dessus du bord cardinal. Celui-ci est assez court et souvent fort concave, mais variable dans sa direction. La coquille est très— bâil- lante et l'écartement des valves s'étend parfois jusque sous les crochets, mais en se rétrécissant insensiblement (fig. 9). Le bord inférieur varie aussi beaucoup dans son étendue et dans sa — 86 — convexité : mais il se relève ordinairement avec la première côte et passe au bord antérieur qui n'est pas ordinairement très-bàillant. Les côtes sont aussi plus variables que dans aucune autre espèce. En général , elles sont peu épaisses, quelquefois saillantes, surtout la première (fig. 11); d'autres fois elles sont moins distinctes et à peine visibles, surtout les dernières (fig. 7 et 8); mais elles sont toujours plus ou moins verticales et presque parallèles, ne divergeant qu'insensiblement au bord inférieur. Il y en a ordinairement quatre ou cinq ; souvent aussi l'on n'en compte que deux ou trois, bien dé- veloppées ; quelques exemplaires n'ont même que la première côte. Ces côtes sont séparées par des espaces déprimés, dont la largeur est double ou triple de la leur. Les rides et sillons longitudinaux sont plus constans, mais en général peu développés. Us influent parfois d'une manière sensible sur les côtes en les rendant onduleuses et souvent même légèrement tuberculeuses. Les stries d'accroissement paraissent se confondre avec les rides et sillons longitudinaux. Je n'ai pu reconnaître jusqu'ici aucune impression musculaire ni palléale , ni aucun vestige du test. Tous mes exemplaires sont des moules , pour la plupart extérieurs , qui se composent d'un cal- caire marneux jaune-grisâtre, à tacbes et points bruns ou noirâtres. Le Pli. Protêt peut être compté au nombre des fossiles les plus caractéristiques du terrain portlan- dien et notamment du faciès littoral vaseux à Ptérocères , et comme il se trouve par familles très- nombreuses , surtout dans les marnes kimméridiennes , il n'est pas difficile de le recueillir par centaines d'individus. Tous les exemplaires que j'ai examinés proviennent des environs de Por- rentruy, où MM. Tburmann et Gressly en ont recueilli un graud nombre , qu'ils ont distribués dans beaucoup de musées suisses et étrangers. XXX. Pholadomya scutata Ag. Tab. 6a, fig. 1-5. C'est une espèce très-gonflée, large en avant, étroite et atténuée en arriére, mais au reste assez semblable au Ph. Prolei. Le bord antérieur, complètement séparé des flancs par la première côte , est aplati ou légèrement bombé, et les bords des valves font saillie sous la forme d'une carène médiane plus ou moins bâillante. Vu en face, le côté antérieur présente l'aspect d'un coeur de carte qui a son plus grand diamètre transversal un peu au dessus du milieu de sa hauteur et se ré- — 87 — trécit d'une part vers les crochets et d'une manière plus sensible vers le bord inférieur qui est assez tranchant (fig. 2 et 5). Le bord cardinal égale en longueur à peu prés la moitié de la hauteur; il est fortement incliné en arrière et en bas, et passe sans interruption marquée au bord postérieur. Comme dans toutes les autres espèces voisines du Pli. Prolei, il n'y a point d'aire cardinale distincte , mais l'ouver- ture postérieure s'avance jusque sous les crochets. Ceux-ci, sans être trés-développés, s'élèvent considérablement au dessus du bord cardinal ; ils sont opposés , contigus, mais ne paraissent pas être perforés. L'extrémité postérieure est très-développée et plus haute même que l'extrémité an- térieure, en faisant abstraction des crochets; ses bords, qui sont plus ou moins enflés, em- brassent une ouverture assez large et surtout fort allongée , car elle naît en arrière des crochets et s'étend jusque prés du bord inférieur, qui est court et plus ou moins convexe. Les côtes et les rides concentriques offrent de très-bons caractères: les premières, un peu tuberculeuses sur les crochets, se développent rapidement vers le bord inférieur, en suivant une direction verticale ou un peu oblique en arriére, et devenant successivement plus saillantes et plus tranchantes : on en compte quatre sur les flancs et une côte surnuméraire de chaque côté, sur l'extrémité anté- rieure ; mais il n'y en a qu'une très-saillante sur le flanc, droit et deux sur le flanc gauche. Les autres ne sont que des lignes à peine visibles , qui se perdent bientôt sur les flancs et n'attei- gnent que rarement le bord inférieur. Les rides concentriques sont fort nombreuses, très-distinctes, sans être parfaitement con- tinues; elles sont en général grossières en avant, plus fines en arrière, parallèles au bord, mais elles s'épaississent et s'amincissent alternativement. Leur influence sur les côtes se borne à les rendre légèrement tuberculeuses en haut et onduleuses en bas. Les moules que j'ai sous les yeux n'offrent aucune impression musculaire ni palléale marquée; ce qui méfait supposer que ce sont des moules externes ; car on n'y remarque non plus aucun vestige du test Les deux moules de M. Strohmeyer , dont l'un est représenté dans la fig. 3 et celui de M. Hugi ( fig 1 ) consistent en un calcaire portlandien compacte, très-cassant, d'un blanc éclatant , un peu dendritique. Les premiers ont été recueillis dans le portlandien des carrières de Goesgen ; le second est, m'assure-t-on, originaire des carrières à tortues de Soleure, qui appartiennent aussi au terrain portlandien. 83 — XXXI. PnOLADOMYA TRIGONATA Ag. Tab. 8, fig. 8-9. Tab. 7e, fig. 10-12. Pendant longtemps je n'ai connu qu'un seul exemplaire de cette espèce, celui qui est figuré sur la Tab. 8, fig. 8-9 ; mais ayant reçu récemment en communication un second échantillon mieux conservé du Musée de Solcure, je puis aujourd'hui caractériser cette espèce d'une manière plus complète que je ne l'eusse pu auparavant. L'on voit au premier abord qu'elle appartient au type du Ph. Protêt. Mais les détails nous montrent en même temps qu'elle est spécifiquement diffé- rente de la précédente. Elle est beaucoup plus allongée, et la partie postérieure est surtout plus déve- loppée ; la partie antérieure est très-gonflée et tronquée ; mais elle s'atténue rapidement en arrière ensorte que l'arrière, quoique haut, est cependant très-comprimé (Tab. 7 e, fig. 11). Les crochets sont fort saillans, très-gonflés, contigus à leurs sommets, qui sont obtus et directement opposés. La coquille est bâillante; néanmoins, la fente qui part des crochets et va en s'ëcartant vers le bord antérieur, n'atteint pas le bord inférieur. L'ouverture postérieure commence au tiers postérieur ; elle est fort longue, mais peu large, et s'étendait probablement jusque prés des crochets, autant qu'il est permis d'en juger d'après des exemplaires imparfaitement conservés. Les côtes sont très- développées, fort saillantes, surtout vers le bord inférieur, presque parallèles et très-légèrement arquées (fig. 10); mais l'on n'en compte que quatre de chaque côté , plus une petite côte surnu- méraire placée en arrière des autres sur le flanc gauche. Des rides concentriques, accompagnées de sillons plus ou moins profonds , traversent toute la surface de la coquille , et leur entrecroise- ment avec les côtes y produit de légères ondulations et des tubérositésplus ou moins marquées , mais cependant peu distinctes sur l'exemplaire adulte du Musée de Soleure (Tab. 7 e, fig. 10). En revan^ che , on y découvre quelques légères traces de la ligne palléale, l'impression musculaire posté- rieure et un sillon rectiligne très-marqué qui se trouve au-dessus de l'impression musculaire et qui provient sans doute de quelque arête interne de la coquille, longeant l'impression musculaire en haut et en dehors. Les moules se composent d'un calcaire compacte, d'aspect gris-jaunàtre. M. Hugi a recueilli l'exemplaire du Musée de Soleure dans le calcaire à tortues des carrières de St-Nicolas, prés de Soleure, et M. Gressly a trouvé le sien dans les marnes qui accompagnent les bancs à coraux de Raedersdorf, département du Haut-Rhin. — 89 — XXXII. PnOLADOMYA ROSTRALIS Ag. Tab. 7 d, fig. 1-3. Cette espèce se trouve dans le même terrain que les trois précédentes ; mais par sa physiono- mie et sa forme générales , elle se rapproche beaucoup plus du Ph. angulosa que de toute autre ; elle est presque aussi plate que cette dernière , mais elle est en même temps plus effilée en arrière et ressemble sous ce rapport davantage au Ph. acuta. Sa taille ordinaire est celle du Ph. Protêt. Mais son principal caractère consiste dans le prolongement rostral très-proéminent et très-pointu, qui termine le côté postérieur (fig. 1). La portion de l'extrémité antérieure, qui est dépourvue de côtes, n'est pas bien distincte des flancs, mais elle est munie d'une forte carène au milieu (fig. 2). Le bord supérieur est oblique de bas en haut et d'avant en arrière ; le bord inférieur est un peu convexe , mais très-uniforme , et se relève en arrière. Les crochets , qui ne font qu'une légère saillie , sont opposés et contigus. On ne distingue point d'aire cardinale sensible. Les ouvertures antérieure et postérieure sont conformées comme chez les espèces voisiues. Les côtes, ainsi que les rides longitudinales ou concentriques, sont fort peu développées , très- variables dans les divers individus , et même sur le même exemplaire. Elles sont plates, moins tu- berculeuses, mais plus onduleuses que dans les espèces précédentes. Sur l'exemplaire figuré , on voit très-distinctement les impressions musculaires postérieures et l'impression palléale ; mais le test n'est conservé sur aucun des exemplaires que j'ai examinés, quoique M. Gressly m'en ait remis une dixaine. Le Musée de Soleure en possède aussi deux exemplaires. M. Gressly a recueilli les uns et les autres dans les marnes kimméridiennes des environs de Porreutruv- XXXIII. Pholadomya angulosa Ag. Tab. 7, fig. 10-12. Le faciès littoral vaseux du portlandien des environs de Porrentruy est peuplé d'une quantité dePholadomyes, appartenant à plusieurs espèces que l'on a regardées jusqu'ici comme de simples variétés du Ph. Protêt. Un examen plus attentif m'a prouvé que ces variétés sont si constantes dans certains limites , tant pour le jeune âge que pour l'âge adulte , qu'il est nécessaire de les 12 — 90 — séparer comme espèces distinctes. Le Ph. angulosa est une de ces espèces ; il est caractérisé par sa forme très-comprimée et aplatie ; sa taille est moins considérable que celle du Ph. Protei; ses crochets sont moins saillans, moins aigus et plus larges. L'extrémité antérieure est moins nette- ment séparée des flancs, mais très-proéminente, assez bombée et terminée par une carène tran- chante. Le bord dorsal n'est pas aussi concave que dans le Ph. Protei , mais oblique et incliné en arriére et en bas. Le bord inférieur est uniformément convexe; mais les différens angles sont plus prononcés que chez les espèces analogues. L'extrémité postérieure est très-comprimée, fort proéminente, tranchante, avec une ouverture plus ou moins large qui occupe à peu près tout 1 espace depuis les crochets jusqu'au tiers postérieur du bord inférieur. L'aire cardinale est trés- rudimentaire et étroite ; elle forme deux petites gouttières très-effilées et se divise en arrière en queue d'hirondelle qui embrasse l'ouverture postérieure. Les ornemens de la surface sont disposés à peu près comme ceux du Ph. Protei. Cependant les côtes sont plus arrondies , plus tubercu- leuses , plus divergentes et occupent la moitié antérieure du bord inférieur , en subissant les mêmes variations que les côtes du Ph. Protei. Il en est de même des rides concentriques. Je n'ai pu distinguer ni les impressions musculaires ni l'impression palléale, bien que le test ait entière- ment disparu. Cette espèce n'atteint jamais les dimensions du Ph. Protei adulte. Les onze exemplaires que jais eu sous les yeux et deux autres du Musée de Soleure ont été re- cueillis par M. Gressly dans le portlandien des environs de Porrentruy. Ils se composent, comme tous les moules de cette localité , d'un calcaire marneux , plus ou moins compacte , d une couleur gris-jaunâtre. XXXIV. Pholadomta contraria Ag. lab. 6' fig. 1-7. Le Ph. contraria est l'une des espèces les plus remarquables du genre , à raison de certains caractères particuliers , qui pourraient même faire mécounaitre en lui le type des Pholadomyes. Sa forme est des plus bizarres, à cause du développement extraordinaire delà partie antérieure , qui est excessivement gonflée, tandis que la partie postérieure est au contraire très-réduite, en quelque sorte atrophiée et terminée par un rostre plus ou moins effilé. Nous verrons plus tard la même forme se répéter dans une autre section, et il serait fort difficile de distinguer les diverses espèces cons- truites sur ce plan , si tous les exemplaires de notre Ph. contraria n'étaient dépourvus de cette — 91 — aire cardinale distincte qui est propre aux autres espèces. Au lieu de cela, il n'y a que deux légères gouttières entre les crochets et le bord cardinal. Les Ph. paradoxa et birostris de la division sui- vante ont au contraire une aire cardinale très-bien circonscrite et bordée de carènes latérales. Une large ouverture occupe toute la circonférence de la moitié postérieure et s'avance en haut jus- qu'aux crochets et en bas jusqu'au milieu du bord inférieur (fig. 6-7). L'ouverture antérieure est, au contraire, peu développée et ne consiste que dans un léger écartement des valves sur une étendue plus ou moins considérable du bord antérieur (flg. 5). Les crochets sont à peu prés mé- dians, opposés, contigus, très-gros, irrégulièrement boursoufflés , et l'on dirait qu'ils sont plutôt courbés en arrière qu'en avant. L'un ou l'autre est alternativement le plus développé et paraît perforé. Les ornemens sont ceux de toutes les espèces voisines du Ph. Protêt, quant à leur structure générale. 11 n'y a de différence qu'en ce que les côtes sont très-faibles, de nombre variable (de trois à cinq) , plus nombreuses et mieux prononcées sur la valve gauche que sur la valve droite. Des rides et sillons concentriques très-nombreux , mais très-irréguliers dans leur développement se remarquent sur toute la surface. Elles empêchent de poursuivre les impressions musculaires et palléale , qui cependant ont laissé quelques traces obscures de leur présence. Le test a entièrement disparu. Les trois exemplaires que je connais jusqu'ici de celte espèce sont des moules marno-calcaires que M. Gressly a recueillis dans les marnes kimmérigiennes des environs de Porrentruy. XXXV. PlIOI ADOMYA TRUNCATA Ag. Tab. Id, fig. 4-10. Tab. 8, fig. 5-7. Je désigne sous le nom de Ph. truncata une espèce très-différente de celle que M. Goldfuss a publiée sous le même nom dans son ouvage sur les fossiles de l'Allemagne. Je n'aurais pas hésité à lui donner un autre nom , si celle de mes planches qui la représente n'avait été imprimée dés 1838, et si elle n'avait déjà reçu une sorte de publicité cette même année, à la réunion de la Société géologique de France , à Porrentruy , et à celle de la Société helvétique , à Bàle. C'est ce qui explique pourquoi je conserve le nom de Ph. truncata à mon espèce , de préférence à celle de Goldfuss, qui ne diffère peut-être pas de mon Ph. cardissoides, comme je le ferai remarquer plus bas. La forme de mon Ph. truncata est plus ou moins allongée et tronquée en avant. Sou pourtour est très-anguleux, le plus souvent subquadrangulaire ou en lozange à angles très-obtus. Le bord — 92 — supérieur est coucave, presque horizontal ou quelque peu oblique en bas et en arrière. Le bord inférieur est en revanche convexe et séparé des bords antérieur et postérieur par un angle plus ou moins prononcé. Le bord postérieur est oblique, le plus souvent fortement tronqué ou légè- rement convexe, présentant des angles très -proéminens et à peu près droits, tandis que les antérieurs sont toujours plus émoussés et disparaissent même quelquefois presque en entier , sur- tout l'angle antéro-supérieur. L'ouverture antérieure n'est qu'une fente assez étroite, et ordinai- rement peu marquée (fig. 10). L'ouverture postérieure est d'autant plus large et très-développée , car elle occupe tout l'espace entre les deux angles postérieurs et se prolonge en outre sur le bord cardinal (Tab. 8, fig. 6 et Tab. 7 d, fig. 8) , ainsi que sur le bord inférieur. Le plus souvent les lianes sont glabres ; l'on y remarque cependant parfois des rides transversales ; plus rarement des côtes bien distinctes, telles qu'elles se voient entre autres dans l'exemplaire de fig. 9, Tab. 7 d. On voit plus souvent une dépression oblique s'étendre des crochets vers le bord inférieur, entre deux saillies peu marquées dont l'antérieure est cependant moinsi nclinée que la posté- rieure. Les rides d'accroissement, ordinairement plus distinctes que les côtes , suivent exacte- ment les contours des bords de la coquille. Je n'ai pas encore pu reconnaître les impressions musculaires et palléale. Le test a disparu presque en entier sur tous les moules , ou bien il n'en existe que quelques traces insignifiantes. La plupart de mes exemplaires proviennent du faciès de charriage du terrain portlandien des en- virons de Laufon, où M. Gressly en a recueilli un grand nombre dans leur position naturelle. Cette espèce se trouve plus rarement dans le portlandien de Porrentruy et dans le portlandien du Born , d'où provient l'exemplaire de M. Strohmeyer, figuré Tab. 7 d, fig. 9 et 10. XXXVI. PnoLAnoMYA plicosa Ag. Tab. 4 6, fig, 1-2. Le Ph. plicosa est une espèce voisine du Ph. truncata et du Ph. bicostata , mais qui s'en distingue par l'arrangement de ses côtes : celles-ci sont au nombre de cinq , fort rapprochées , moins tran- chantes et plus obliques que celles du Ph. bicostata. Elles sont en même temps plus sujettes à subir l'influence des rides concentriques, qui sont fort irrégulières, tantôt apparentes et épaisses, tantôt à peine visibles. L'entrecroisement de ces rides avec les côtes produit, aux points d'inter- section , des tubérosités très-irrégulières. — 93 — Les contours généraux de cette espèce, autant qu'il est permis d'en juger sur des exemplaires mal conservés , sont plus obliques et plus étirés que chez le Ph. bicostata, et moins allongés que chez le Ph. truncata. C'est une espèce assez rare du terrain portlandien, du faciès corallien de Rœdersdorf , dans le dé- partement du Haut-Rhin , où on la trouve dans les assises marno-sableuses inférieures aux bancs à coraux, et quelquefois aussi dans les marnes qui accompagnent les bancs à coraux eux-mêmes. Les trois ou quatre exemplaires que j'en connais appartiennent à M. Gressly ; ils se composent d'un calcaire marneux , jaunâtre , subferrugineux. XXXVII. Pholadomya myacina Ag. Tab. 7 c. Le faciès littoral vaseux à Ptérocères du portlandien de Porrentruy a fourni à M. Gressly une espèce de Pholadomye très-curieuse , en ce qu'elle forme un passage entre les Pholadomyes et certains Myopsis. Comme elle est très-fréquente en Suisse, j'en ai représenté toute une série, afin de donner une idée de ses différentes variétés d'âge. Sa forme générale est ovoïde, très- bombée, surtout dans la région antérieure, qui est plus ou moins tronquée. Les crochets sont très-gonflés, épais et proéminens, surtout dans les exemplaires adultes (fig. 7). L'aire cardinale n'est que rudimentaire ; elle ressemble en cela , comme sous plusieurs autres rapports , au Ph. Protêt; elle est aussi très-variable dans sa forme générale et dans ses détails. L'extrémité posté- rieure est très-élevée , assez arrondie, graduellement atténuée et le plus souvent fort bâillante. L'ouverture postérieure en occupe tout le pourtour et se prolonge en haut jusqu'aux crochets (fig. 3, 6, 8, 12), et en bas jusqu'au tiers postérieur du bord inférieur. Les côtes ne sont pas très-développées , mais cependant fort analogues dans leurs détails à celles du Ph. Protci, et de plus beaucoup plus nettes et plus tuberculeuses dans les jeunes individus que dans ceux d'âge adulte; souvent elles disparaissent même complètement dans ces derniers, lien est de même des rides concentriques, qui se montrent aussi plus régulières dans les jeunes individus que dans les vieux. Je n'ai ohscrvé aucune trace des impressions musculaires et palléale dans la plupart des exemplaires que j'ai sous les yeux ; mais je possède un moule d'un vieux exem- plaire de Pholadomye qui , d'après tous ses caractères , appartient à cette espèce , et sur lequel ces impressions sont très-nettes (fig. 13-15), surtout l'impression palléale. Le test a entièrement dis- — 94 — paru et tous les exemplaires que je connais sont des moules maruo-calcaires , d'un gris-jauuàtre , recueillis par M. Gressly dans les environs de Porrentruy. XXXVIII. PlIOLADOMYA B1COSTATA Ag. Tab. 46, fig. 3-6. M. Gressly m'a remis quelques exemplaires d'une Pholadomye qui , quoique très-voisine de plusieurs Protéines, entre autres du Ph. truncata Ag. et du Ph. paucicostataRœm., en diffère cepen- dant sous quelques rapports, et m'a semblé devoir constituer une espèce particulière. Elle a bien la forme générale et la taille des espèces ci-dessus, et surtout du Ph. paucicostata Rœm.; mais lors- qu'on sait quelle affinité de formes régne parmi les Myacées en général et chez les Pboladomyes sur- tout, l'on ne s'étonne pas que des différences , en apparence très-insignifiantes , puissent constituer un caractère spécifique, toutes les fois qu'elles sont constantes. Ces différences consistent dans des côtes qui sont fort étroites, presque linéaires , plus ou moins tranchantes, et dont le nombre varie de deux à quatre. Leur position respective n'est pas absolument invariable : elles se développent rapidement sur la partie moyenne des crochets, suivant tantôt une direction verticale et tantôt s inclinant légèrement en arriére ; elles sont au reste plus ou moins onduleuses, par suite des rides concentriques peu distinctes, larges et aplaties , qui les entrecroisent. Ces dernières sont trés- irrégulières dans leur développement et ne forment pas en général des lignes continues d'une ex- trémité à l'autre. Les crochets sont assez distincts , gonflés , à-peu-prés contigus , placés à l'extrémité anté- rieure du bord cardinal. La face antérieure est assez bombée, en forme de cœur allongé, avec une petite lunule au dessous des crochets. L'extrémité postérieure est courte , relevée et occupée par une très-large ouverture, autant qu'il est permis d'en juger d'après des exemplaires mal conservés. Par cette même raison , il m'a été impossible d'observer les impressions musculaires et palléale. M. Gressly a recueilli les cinq exemplaires que je connais dans les assises marno-sableuses et ferrugineuses qui forment la base du faciès corallien du terrain portlandien de Rœdersdorf , dé- partement du Haut-Rhin. Ils s'y trouvent en société avec des fossiles nombreux des roches littora- les, tels que des Arcomyes, des Lucines, des Peignes, des Natices et plusieurs autres Gastéropodes. 95 — WXIX. PholadomVa Cor Ag. ïab. 6 a, fig. 6-8. Il existe au Musée de Soleure une forl belle Pholadomye de grande taille et d'une forme parti- culière, provenant d'une ancienne collection de curiosités et assez généralement connue des habitans de Soleure sous le nom de cœur humain pétrifié. On l'envisage comme provenant du déluge, et pour que l'on ne doutât pas que ce fût réellement un cœur d'homme, on a eu soin de l'enduire d'un ver- nis, couleur de sang, qui recouvre encore aujourd'hui notre fossile. Par bonheur on n'a pas eu l'idée d'en corriger la forme , comme cela s'est fait si souvent pour d'autres fossiles , dont les con- tours ne semblaient pas être assez ressemblans aux objets qu'ils étaient censés représenter. Au reste , notre fossile a effectivement plus qu'aucune autre espèce de Pholadomye la forme d'un cœur, et c'est pour cette raison que je l'ai appelé Ph. Cor. Il est extrêmement aplati sur le devant, et le bord des valves ne forme qu'une faible carène au milieu du disque cordiforme (ûg. 6). La hauteur, prise au bord antérieur , égale à-peu-prés le double du diamètre longitudinal, ce qui fait paraître la coquille excessivement courte; et cependant notre fossile n'a subi aucun écrasement; il a sa forme naturelle, qui se retrouve plus ou moins dans quelques autres espèces du genre. Le bord cardinal est très-court et muni seulement de deux petites gouttières latérales , sans arêtes le long de l'aire cardinale, caractère qui distingue cette espèce du Ph. cardissoides. Les crochets se détachent très-bien des flancs; ils sont fort élevés au-dessus du bord cardinal, au reste conformes au type que présentent les Pholadomyes voisines du Ph. Protei , c'est-à-dire qu'ils sont compri- més , aigus et contigus. Chez notre espèce , le crochet droit est perforé et reçoit la pointe du cro- chet gauche. La face antérieure présente une lunule très-grande et très-profonde sous les crochets (fig. 8). Le bord inférieur passe insensiblement au bord postérieur qui est convexe, arrondi et pourvu d'une ouverture fort large, qui s'étend depuis les croebets jusque à l'extrémité de la troisième côte sur le bord inférieur, de manière à occuper à peu près toute la circonférence du côté postérieur. Les ornemens sont très-simples et peu accidentés. Ils se composent, de chaque côté, de trois ou quatre côtes , dont les deux premières sont seules un peu prononcées; les autres sont des arêtes li- néaires, verticales, presque parallèles et qui ne s'épaississent presque pas vers le bord inférieur. Les postérieures sont un peu plus divergentes, mais si faibles que l'on a de la peine à les recon- naître et à les poursuivre. Il y a encore une ou deux côtes surnuméraires de chaque côté sur l'ex- — 96 — Irémité antérieure ; mais elles ne sont pas plus distinctes. Les rides concentriques sont très-serrées, nombreuses et en général très-nettes, quoique très-aplaties. L'unique exemplaire que je connais de cette espèce est celui du Musée de Soleure. C'est un moule extérieur sans trace des impressions musculaires ou palléale. Il est composé d'une roche calcaire d'un blanc-jaunâtre, que je crois être du portlandien. Il provient sans doute du Jura soleurois, mais la localité est inconnue. XL. PlIOLADOMYA PILCHELLA Ag. Tab.7e, (ig.1-3. Je décris sous le nom de Ph. puhhella une petite espèce de Pholadomye très-ornée et voisine par sa forme générale du Ph. Cor, à tel point que l'on pourrait être tenté de l'envisager comme un très- jeune individu de ce dernier fossile , s'il ne se trouvait sur mon exemplaire quelques particularités de forme qui m'ont décidé à l'envisager comme spécifiquement distinct. L'extrémité antérieure, quoique endommagée par une large brisure, paraît être moins aplatie et surtout moins distincte des flancs que chez le Ph. Cor. Les crochets sont moins comprimés , légè- rement aplatis, et en quelque sorte carénés sur la face antérieure. Du reste, ils s'élèvent sensi- blement au dessus du bord cardinal et sont opposés sans être tout-à-fait conligus. Le bord cardinal est très-court, un peu oblique en arrière et en bas, muni de deux petites gouttières étroites et pa- rallèles dans toute leur étendue. L'ouverture postérieure, à en juger d'après la disposition des stries d'accroissement, a dû être fort grande et large, occupant presque tout le pourtour de la partie postérieure, laquelle, par la même raison, semble avoir été plus développée que chez le Ph. Cor. Cependant, comme notre fossile est mutilé aux deux extrémités, je ne peux que m'en rapporter pour la forme aux indices fournis par les ligues d'accroissement, indices qui sont rarement contredits par les exemplaires parfaits , surtout si l'on tient compte des changemens que les coquilles de tel ou tel genre peuvent éprouver avec l'âge. Le bord inférieur n'a pas dû être plus long que le bord cardinal ; il formait sans doute une carène très-tranchante , un peu oblique d'avant en ar- riére et en bas. Les ornemens de la surface offrent aussi des caractères qui me paraissent être particuliers à cette espèce. Les côtes ne sont que des rides transversales très-légères, composées de très-petits nodules fort serrés, placés dans l'alignement des rides d'accroissement, avec lesquelles ils se confondent. Il y a quinze jusqu'à vingt de ces tubercules sur chaque côte. Les côtes elles-mêmes — 97 — sont au nombre de six sur le flanc gauche, dont trois à quatre atteignent le bord inférieur et dont les deux dernières se perdent bientôt après leur naissance. Je n'en compte au contraire que trois bien distinctes sur le flanc droit, avec une ou deux côtes accessoires à peine sensibles. Les rides ou stries concentriques sont d'une netteté peu commune, surtout sur le devant et sur les crochets : mais elles deviennent plus larges, plus plates et plus confuses en arriére ; elles sont en général on- duleuses, surtout à leurs points de rencontre avec les côtes. Je crois qu'au moyen de ces caractères on pourra toujours distinguer aisément cette espèce du Ph. Cor. , dont les côtes sont tranchantes , moins obliques et moins divergentes, et les rides concentriques moins nettes et plus grossières. L'exemplaire figuré , le seul que je connais , est un moule calcaire fort homogène , compacte , se cassant par esquilles subconchoïdales , de teinte jaunâtre sur la surface conservée et gris-bleuàtre sur les cassures. 11 provient du portlandien du Jura neuchâtelois, près des Verrières, sur la frontière française du Val-de-Travers , où il a été recueilli par M. A. Borel, qui l'a déposé 'au Musée de Neuchâtel. XLI. Pholadomya parcicosta Ag. Tab. 6, fig. 7-8. Tab. 6 b. Tab. 6 c. Svn. Ph. ambigua Goldf. Tab. 156, fig- 1. — Pholadomya ventricosa Goldf. Tab. 155, fig. 5. Cette espèce, l'une des plus communes du groupe oxfordien, mérite une attention toute parti- culière , parce qu'elle présente des caractères spécifiques et génériques très-précis , et parce que c'est elle qui m'a fourni le plus de détails sur la structure des impressions musculaires et palléa- le chez les Pholadomyes bucardiennes , dont elle forme un sous-type particulier, à côtes peu nombreuses, tranchantes et fort saillantes. Elle est en général très-épaisse et tronquée en avant. Les crochets sont placés tout-à-fait en avant ; ils sont épais, bien détachés , contigus et l'un d'eux paraît avoir été perforé. Le bord antérieur est fort large, cordiforme et séparé des flancs parles deux premières côtes, qui sont les plus saillantes. Le bord cardinal est plus ou moins concave (Tab. 6 6, fig. 1. 2. 4, Tab. 6 c, fig. 1). Mais il paraît qu'il devient toujours plus droit et plus oblique daus les très-vieux exemplaires, à mesure que les crochets s'élèvent davantage (Tab. 6c, fig. 4). L'aire cardinale est insignifiante , com- posée de deux petites gouttières très-variables dans leur développement. Le bord inférieur est uniformément convexe, mais à des degrés assez divers, et suivant les exemplaires, il est rendu 13 — 98 — plus ou moins onduleux par les côtes qui s'y terminent; il passe sans interruption au bord pos- térieur qui est fort convexe dans la plupart des individus. Les angles postérieurs sont toujours trés-émoussés ; l'angle antéro-inférieur seul est ordinairement marqué par la saillie que fait l'ex- trémité de la première ou de la seconde côte (Tab. 6, fig. 8; Tab. 6 c, fig. 4). Une ouverture étroite, mais assez allongée, se voit à l'extrémité antérieure (Tab. 6 c, fig. 2-5); l'extrémité pos- térieure offre au contraire une ouverture large, qui commence entre les crochets et se termine au tiers postérieur ou au milieu du bord inférieur (Tab. 6 c, fig. 3). Il y a trois à quatre côtes saillantes dans la plupart des exemplaires et plusieurs côtes surnumé- raires , tant sur l'extrémité antérieure que sur la partie postérieure ; toutes sont légèrement obli- ques, quelquefois un peu onduleuses, à dos tranchant, plus rarement tuberculeuses ou rugueuses et allant en s'affaiblissant d'avant en arrière. Les rides et les sillons longitudinaux sont serrés , confus, et rarement très-distincts. Ils disparaissent quelquefois presqu'en entier sur les moules intérieurs , (Tab. 6 b, fig. 4,) et les côtes elles-mêmes sont alors bien moins saillantes que sur les moules extérieurs. Cette circonstance paraît dépendre presque uniquement de l'épaisseur du test qui était variable selon les individus , les stations et les localités. Je ne connais aucune autre espèce de Pholadomye fossile qui ait eu un appareil musculaire et palléal aussi fort que notre Pli. parcicosta; aussi a-t-il laissé dans un assez grand nombre de moules intérieurs des impressions proportionnelles (Tab. &b, fig. 1, 3, 4, 5). Ce fut à la disposition de ces empreintes que j'empruntai les principaux caractères du genre , avant que j'eusse l'oc- casion de les observer sur des espèces vivantes. Les exemplaires les plus parfaits sous ce rapport m'ont été communiqués par M. Junod, ingénieur des ponts et chaussées, de Neuchàtel. Ce qui est surtout caractéristique pour la tribu des Pholadomyes parcicostées , dont notre Ph. parcicosta est le type, c'est la forme allongée et grêle du muscle antérieur , le peu de profondeur et la largeur du sinus palléal et la forme arrondie ou subcarrée du muscle postérieur. L'impression musculaire antérieure est en effet très-étroite , allongée en ellypse , efOlée de deux côtés et placée un peu obliquement de dehors en dedans sur la portion aplatie de l'extrémité antérieure , près des bords de la coquille, au-dessous des crochets (Tab. 6 b, fig. 4-5.) De son extrémité inférieure part une ligne palléale étroite , puis assez saillante et s'élargissant légèrement eu arriére , qui suit toujours de près le bord inférieur jusque vers sou tiers postérieur, où elle se relève, remonte obliquement en haut et forme un vaste sinus au dessus du lobe inférieur ; elle se recourbe en- suite de nouveau en haut et en dehors et monte obliquement vers le muscle postérieur, qu'elle touche par sa face interne et inférieure. Ce muscle , situé près du bord supérieur, en arrière des — 99 — côtes, a dû être très-puissant, car il a laissé une empreinte très-large , en forme tle carré à angles arrondis. L'empreinte musculaire a même l'air de se continuer en ligne droite au delà du muscle, vers le bord supérieur, sous la forme d'un sillon vertical ou oblique (fig. 1 et 4) ; mais ce sillon ne me paraît être autre chose que l'empreinte d'une arête intérieure, formée par le bord du muscle à mesure qu'il descendait. Des paquets de fibres musculaires plus ou moins alignées continuent aussi à se montrer vers les crochets ; on y observe, ainsi qu'autour des impressions musculaires, de petites impressions très-étroites, mais assez profondes, qui proviennent sans doute de certains appendices cloisounaires irréguliers qui servaient de points d'appui aux faisceaux musculaires. On remarque en outre , le long de la ligne palléale , surtout à son bord interne, de nombreuses petites proéminences tuberculeuses et des fossettes qui ont servi d'attache aux muscles de la ligne palléale (Tab. 6 b. fig. 4). La ligne palléale elle-même est singulièrement frangée et festonnée dans son trajet , surtout au milieu. Cette même structure s'observe dans le Ph. crassa et dans toutes les espèces bucardiennes qui ont laissé des traces plus ou moins notables des impressions musculaires et palléale. Notre Ph. parcicosta paraît avoir été muni d'un test assez épais, surtout sur la région des rides costales et le long du bord cardinal, près des crochets ; mais il s'amincissait vers les bords , comme le démontre un très-bel exemplaire de M. Gressly, dont la coquille est en grande partie conservée à l'état de spath calcaire et recouverte d'une pellicule siliceuse. Les exemplaires de M. Juuod indi- quent également, par le développement considérable de leurs impressions musculaires et palléale, un test épais. On rencontre dans le nombre des exemplaires plusieurs variétés de forme et de détails ; mais il m'a été jusqu'ici impossible de trouver un caractère assez important pour les séparer Spécifiquement, d'autant plus qu'elles passent de l'une à l'autre par des passages insensibles. L'in- dividu figuré Tab. 6c, fig. 4-5, provenant du terrain à chailles de Dorneck, canton de Soleure , se distingue par ses crochets fort élevés , le raccourcissement du diamètre longitudinal et par ses côtes moins saillantes et son test très-épais. L'exemplaire de tab. 6 6, fig. 1, provenant d'un dépôt de vase calcaire du groupe oxfordien supérieur de Liesberg, se fait au contraire remarquer par sa forme allongée, ses crochets moins saillans, et par ses côtes plus nombreuses et plus dis- tantes, ainsi que par ses faibles impressions musculaires et palléale. La fig. 6 de tab. 6 c repré- sente une des orbicules siliceuses de l'exemplaire de fig. 4, vue à la loupe. C'est une des espèces les plus communes du Jura suisse; elle est surtout caractéristique pour les strates de calcaire vaseux, alternant avec les marnes subsableuses du groupe oxfordien des régions littorales du Jura suisse. M. Gressly en possède une série de trente individus de — 100 — diverse taille , qu'il a recueillis pour la plupart au Fringeli , dans le canton de Soleure et au Rechberg , près de Liesberg , dans le Jura bernois. C'est surtout dans cette dernière localité qu'il les a étudiées dans leurs rapports biologiques et d'association avec d'autres fossiles du faciès vaseux. Le Musée de Soleure possède également une douzaine d'exemplaires originaires pour la plupart du Fringeli. M. Tburmann en a recueilli une belle série au Mont-Terrible et dans les chaînes de montagnes voisines. Elle est , en revanche , fort rare dans les régions pélagiques et subpélagiques et ne paraît s'y trouver en place que dans quelques localités , entre autres au Val de Travers, où M. Junod a recueilli ses beaux exemplaires, en construisant la route de la Chaîne et d'Entre-deux-Monts dans le Jura neuchàtelois, près des frontières françaises. Quant au Ph. ambkjua de Goldfuss, quoique je n'en aie pas vu d'exemplaires originaux , il me paraît évident que c'est mon Ph. parcicosta , et nullement l'espèce à laquelle les paléontologistes anglais ont donné le nom A'ambigua. Je ne puis me rendre compte des motifs qui ont pu engager M. Goldfuss à distinguer son Ph. ventricosa de son ambigua ; aussi ai— je cru pouvoir les placer tous deux comme synonymes de mon Ph. parcicosta. XLII. PlIOLADOMYA MlCHEUNl Ag. Tab. 6 a, fig. 4-6 6" Le Ph. Michelini est une espèce fort-voisine du Ph. parcicosta, par sa forme ramassée, épaisse, tronquée et aplatie en avant. Ses crochets sont très-gonflés , opposés et contigus ; le crochet droit est même perforé à son sommet et reçoit dans son échancrure la pointe du crochet gauche. Le bord cardinal est droit , légèrement incliué en bas et en arrière, et les crochets s'élèvent brus- quement au-dessus de sa surface. Il n'y a point d'aire cardinale , mais les bords amincis de chaque valve s'inclinent faiblement vers l'ouverture postérieure , qui commence déjà aux crochets et s'é- largit graduellement en arrière, occupant tout le pourtour du bord postérieur et s étendant sur le bord inférieur, jusque vis-à-vis des crochets où les deux valves se touchent imparfaitement sur un petit espace. L'ouverture antérieure est une fente étroite, un peu élargie en bas et s'éten- dant sur toute la face antérieure (fig. 6). Le bord inférieur est très-convexe et arqué ; il est séparé du bord antérieur par un étranglement assez marqué en arriére de la première côte (fig. 4). Cette première côte est seule très-saillante ; la suivante est déjà bien moins marquée et la troisième est à peine sensible. Il est probable, cependant, que la forte saillie de la première côte est en partie — 101 — due à une pression accidentelle. Il existe aussi en arrière des crochets, ainsi que sur la face anté- rieure , quelques rudimens de côtes très-faibles et en quelque sorte surnuméraires , qui n'attei- gnent pas le bord inférieur. De nombreuses rides et stries d'accroissement se remarquent sur toute la surface du test ; elles sont surtout très-distinctes et serrées sur l'extrémité antérieure, dans la région des crochets, où elles rendent les côtes légèrement tuberculeuses, et le long du bord cardinal. Sur la partie moyenne des flancs , elles sont un peu confuses et accompagnées de rides plus grossières qui rendent les fines stries moins visibles. Le test est parfaitement conservé, quoiqu'il soit très-mince. Il est composé d'un spath calcaire d'aspect corné , subtranslucide. L'exemplaire figuré provient des marnes oxfordiennes de la Nor- mandie, où M. Michelin , auquel je dédie cette espèce, l'a recueilli. XLIII. Puoladomya décorât a Zieten. Tab. If, fig. 17-18. Syn. Pholadomya decorata Ziet. Tab. 66, fig. 2, a. h. c, fig. 3, a. h. c. — Bronn Letha?a, Tab. 30, fig. 20 a. b. — Goldf. Tab. 155, fig. 3, a. h. Cette espèce a une analogie éloignée avec le Ph. Protêt, notamment dans sa forme générale : elle est, comme celui-ci, courte et très-haute, mais elle esten même temps un peu plus oblique. Ses cro- chets sont plus hauts, fort épais et contigus. La face antérieure est très-large. Le bord inférieur est oblique en arrière, ainsi que le bord cardinal. L'aire cardinale est peu distincte dans nos exem- plaires. L'ouverture postérieure est de largeur moyenne. Les flancs sont très-étroits, proportion- nellement à la hauteur de la coquille , surtout en arrière. Les côtes , au nombre de huit à dix , sont linéaires , rugueuses, très-rapprochées et recouvrent toute la surface des flancs, mais ne s'étendent pas à la face antérieure (fig. 17). Les rides longitudinales sont très-nombreuses, tran- chantes et saillantes , surtout sur les flancs , moins sur la face antérieure ; les impressions muscu- laires et palléale ne sont pas reconnaissables. Le test est conservé en partie sur l'un de nos exemplaires. M. Gressly a trouvé un exemplaire de cette espèce dans le calcaire à Gryphées de Baerschwyl, dans la localité d'Anderegg. Deux autres exemplaires m'ont été envoyés par M. le comte de >lan- delslohe, qui les a recueillis dans les strates à Bélemnites du même terrain. — 102 — XLIV. PnOLADOMYA F0L1ACEA Ag. Tab. If, 6g. 4-12. Je décris sous ce nom une Pholadomye du Lias de Gundershofeu, qui me parait devoir cons- tituer une espèce à part. Elle est ordinairement allongée, trés-déprimée et fort élargie (6g. 8); mais, dans le jeune âge, elle paraît être un peu plus trapue (6g. 4). Il n'y a pas d'aire cardinale distincte. Les crochets sont assez développés et placés tout-à-fait en avant (6g. 9). Les côtes, au nombre de neuf ou dix, sont très-obliques d'avant en arrière , tranchantes et assez fortes, au moins dans l'exemplaire de 6g. 8, que j'envisage comme le type de l'espèce. Leur rencontre et leur alter- nance au bord inférieur s'observent surtout bien dans la 6g. 1 1 . Les rides d'accroissement sont également fort développées, très-serrées et déterminent un réseau de mailles étroites et allongées. L'ouverture postérieure occupe tout le pourtour supérieur de l'extrémité postérieure , formant une gouttière large et bien circonscrite qui s'étend fort en avant sur le bord supérieur (6g. 12) ; le bord inférieur est fermé. Au premier abord, on est tenté d'attribuer l'aplatissement extrême de cette espèce à une pres- sion accidentelle; cependant , si cette pression a eu lieu, elle n'a pas dû être bien considérable, puisque j'ai rencontré plusieurs exemplaires ayant la même forme. Le petit individu de 6g. 4-6, qui paraît le moins déformé , est lui-même très-aplati : sa forme et sa physionomie sont les mêmes que celles des deux autres exemplaires, et si les côtes sont plus 6nes, c'est sans doute à l'âge qu'il faut attribuer cette différence. Les trois exemplaires figurés sont des moules marneux, de couleur rouge-brunâtre et jaune- fauve, appartenant au Musée de Soleure. XLV. Pholadomya Escheri Ag B ' Tab. If, 6g. 16. Cette espèce mérite une attention toute particulière à cause de son gisement remarquable , ayant été découverte par M. A. Escher de la Linth dans une couche de schiste marno-calcaire , recouverte d'une puissante assise de gneiss passant au granit. Quoique déformée par une pression latérale, elle laisse cependant reconnaître le type des Pholadomyes parcicostées. Elle ressemble — 103 — au Pli. decora/a, décrit ci-dessus. Sa face antérieure est large, très-haute et passe insensiblement aux flancs. Le bord inférieur, à eu juger d'après les rides longitudinales , parait avoir été arqué et plus ou moins protubérant en avant. Le côté antérieur est court et à peu près droit. Le côté postérieur a dû être très-atténué et rétréci. Les crochets , quoique petits , sont assez distincts et à base très-large. Les côtes , au nombre de huit à dix , sont peu distinctes , linéaires , tubercu- leuses et s'étendant sur toute la surface des flancs. Les rides longitudinales sont plus distinctes et l'emportent même sur les rides costales. Elles sont très-nombreuses, fort rapprochées, saillantes et séparées par des sillons linéaires, profonds et assez bien suivis. L'on ne remarque aucune trace des impressions musculaires , mais bien quelques parcelles du test, qui est très-mince et ressemble à un enduit ferrugineux de teinte fauve. Il n'existe jusqu'ici qu'un seul exemplaire de cette espèce, dans la collection du Musée de Zu- rich. 31. Escher l'a recueilli lui-même dans la vallée d'Urbach, au Stellihorn, dans le calcaire des Hautes-Alpes ; il ne saurait donc exister aucun doute sur son gisement. SECONDE DIVISION DES PIIOLADOMYES. PHOLADOMYES AVEC UNE AIRE CARDINALE CIRCONSCRITE. La seconde grande division des Pholadomyes comprend des espèces de forme et de taille di- verse, allongées, ovalaires, courtes, gonflées ou cordiformes. Malgré ces variations, ces espèces se distinguent par un caractère commun, très-important, c'est d'avoir une aire cardinale fort déve- loppée, formée de deux lames aplaties et circonscrite par deux arêtes plus ou moins fortes. La coquille est fort peu bâillante. Le bord cardinal est fermé. L'ouverture antérieure se réduit le plus souvent à un léger écartement de valves et paraît même quelquefois manquer tout-à-fait. L'ouverture postérieure est également peu développée et fort étroite , proportionnellement aux dimensions des coquilles ; elle ne s'avance que peu sur le bord supérieur. Les ornemens sont beaucoup plus simples que chez les espèces de la division précédente. Ce sont des côtes uniformes , rarement tuberculeuses , tantôt linéaires et à peine visibles , tantôt très-saillantes et tranchantes, mais toujours peu nombreuses et limitées à la partie antérieure et moyenne du test. En général, les rides longitudinales sont plus développées que les côtes elles- mêmes; souvent elles prédominent même de beaucoup, et se font remarquer par leur netteté et — 104 — leur grande régularité. Les impressions musculaires et palléale sont trop rarement conservées pour offrir des caractères iraportans. Le test a généralement disparu, ou bien il n'existe que sous la forme d'une lame de spath corné fort mince, à peine papv racée, ayant rarement l'épaisseur d'une carte à jouer. Les espèces de cette division sont à peu près aussi nombreuses que celles de la division pré- cédente ; il est facile de les classer , d'après leur forme extérieure , en trois sections , savoir les les Flabellées, les Ovalaires et les Cardissoïdes. IV. Pholadoinjos flabellées ^Pholndouiyse flabellata . Les espèces de cette section sont très-allongées , à côtes saillantes et tranchantes dans la plu- part des cas : elles habitent toutes les vases pélagiques et les dépôts qui s'y rattachent. Elles cor- respondent par leur forme aux Multicostées , mais elles en diffèrent essentiellement par leur aire cardinale. 1. Pholadomyatumida Ag. Tab. 2a, fig. 6-11. — Tab. 5 b, Gg. 1-3. — Du terrain portlandien. 2. Pli. Hugii Ag. Tab. 2 c, fig. 4-9. — Du terrain portlandien. 3. PL obliqua Ag. Tab. 3, fig. 1 0-12. — Tab. 3 b, fig. 7-9. — Ph. pdicula Goldf. (non Sow.) Tab. 157, fig. 2. — Du terrain portlandien. 4. Ph. pelagica Ag. sous le nom de Ph. decemcostata Ag. Tab. 2, fig. 5-7. — Du terrain à chailles. 5. Ph. similis Ag. Tab. 2, fig. 8 et 9. — Tab. 2 a, fig. 1-5. — Tab. 8, fig. 1. — Du terrain à chailles. 6. Ph. flabcllata Ag. Tab. 2 c, fig. 10-12.— Ph. anguslata Goldf. (non Sow.) Tab. 156, fig. 7. — Du terrain à chailles. 7. Ph. biroslris Ag. Tab. 7/", fig. 13-15. — Du terrain à chailles. 8. Ph. pontica Ag. Tab. 5, fig. 1 et 2 — Tab. 5 a, fig. 4. — De l'oolite inférieure. Voici maintenant la description de celles de ces Pholadomyes que l'on rencontre dans nos ter- rains, et que j'ai pu étudier d'une mauière détaillée. — lOiî — XL VI. Pholadomya pelagica Ag. Tal). 2, fig. 5-7, sous le nom de Pholadomya deçemcoslata Ag. J'ai pendant longtemps envisagé cette espèce comme identique avec le Pholadomya decemcostata Roem. : ayant plus tard conçu des doutes sur cette identité, je m'adressai à M. Rœmer, en le priant de me communiquer un exemplaire de son espèce , ce qu'il a bien voulu faire ; et en le com- parant avec mes exemplaires de Suisse , j'ai reconnu que ces derniers en différaient complè- tement. Le véritable Ph. decemcostata Rœm. n'appartient pas à la même section; c'est une es- pèce de la section des ovalaires dont l'aire cardinale est moins distinctement circonscrite. J'ai dû en conséquence changer le nom de notre espèce et je l'appelle Ph. pelagica, à cause de son gisement particulier. Il est à regretter que la planche qui la représente ait déjà été imprimée lors- que je fis cette découverte. Ma figure porte pour cette raison un nom fautif. Le Ph. pelagica est, comme le Ph. decemcostata Rœm. et le Ph. angustata de Sow., qui lui res- semble aussi , une espèce assez grande , renflée en avant et très-étirée et aplatie en arriére ; mais sa hauteur est à peu près égale dans toute sa longueur , excepté toutefois près des crochets, qui sont contigus, placés fort en avant , et ont leurs sommets recourbes en dedans. L'extrémité antérieure est fort courte, sensiblement comprimée et assez obliquement tronquée de haut en bas et de dehors en dedans , sans cependant former des angles bien saillans. Le bord supérieur est droit ou plus ou moins concave, muni d'une aire cardinale de forme lancéolée et assez large, du mi- lieu de laquelle les bords des valves s'élèvent sous la forme d'une carène plus ou moins saillante. L'ouverture postérieure est fort étroite et peu développée , car elle n'empiète que peu sur le bord supérieur et n'atteint pas le bord inférieur. Le bord postérieur forme un rostre arrondi cunéi- forme et très-haut. Les côtes sont très-saillantes, peu épaisses, mais fort tranchantes, et de plus en plus obliques d'avant en arrière. Il y en a de huit à dix, dont les deux ou trois dernières sont à peine mar- quées. Les quatre moyennes sont en général les plus proéminentes ; mais elles peuvent varier plus ou moins, ainsi que leur inclinaison, leur nombre et leur structure, lorsqu'on a sous les yeux une série d'exemplaires. Les rides concentriques sont particulièrement marquées sur l'extrémité postérieure, où elles forment une courbe assez brusque , pour venir aboutir sur quelque point du bord cardinal. 14 — 106 — Elles sont très-iuégales et se confondent plus ou moins intimement sur les flancs avec les stries d'accroissement, qui sont également très-marquées dans beaucoup d'exemplaires et occasionnent, à leurs points d'intersection avec les côtes , des nœuds assez distincts , mais fort variables et quel- quefois même un dessin treillissé plus ou moins régulier. A peu près tous les échantillons que j'ai examinés, et j'en ai eu une dizaine à ma disposition, paraissent être des moules extérieurs sans test ni impressions musculaires et palléale. Cette espèce habite le faciès pélagique du terrain à cbailles du Jura suisse , depuis le Jura so- leurois jusque dans le Jura vaudois. Elle se trouve toujours dans les assises vaseuses, entre autres dans les marnes calcaires et les lins graviers oolitiques qu'on rencontre à la base et autour de* bancs à coraux pélagiques, en société avec les Ph. similis et Ph. flabellata et un assez grand nombre d'autres fossiles. J^es exemplaires que j'ai sous les yeux ont été recueillis en partie par MM. Coulon, père et fils, et par M. de Moutmolliu, au Chàlelu, sur les frontières françaises. M. Junod en a aussi recueilli linéiques exemplaires dans le Jura neucbàtelois , et MM. Hugi et Gressly en ont rapporté plu- sieurs exemplaires de Gûnsberg dans la chaîne du Weissenstein. XLVII. PnoL.vnoMYA similis Ag. lab. 2, fig. 8-9 (et non 7-9 , comme la pi. l'indique). — Tab. 2 a, fig. 1-5.— Tab. 8, fig. 1. Le Ph. similis est une espèce très-voisine du Pli. pelagica, mais plus ovoïde, plus raccourcie et plus également renflée. Ses contours sont aussi plus adoucis et n'offrent aucune proéminence anguleuse, de façon que son extrémité antérieure est plus développée et moins tronquée, et l'ex- trémité postérieure mieux arrondie. Le bord dorsal est moins sinueux et sans carène proéminente, il se relève de plus en plus en arrière dans les exemplaires adultes (Tab. 2a, fig. 5), tandis que, dans le jeune âge, il est droit et oblique (fig. 1). J'ai pu m'assurer par l'étude d'un grand nombre de bons échantillons qu il existe des passages insensibles entre ces diverses formes et l'on peut entre autres envisager comme tel l'exemplaire de fig. 2. L'aire cardinale est fort allon- gée, très-étroite et ne se termine que très-près de l'extrémité postérieure (Tab. 2, fig. 8). Le bord inférieur est plus ou moins convexe et totalement fermé. La coquille n'est bâillante qu'en ar- riére , où une ouverture plus ou moins large occupe le pourtour de l'extrémité postérieure (Tab. 2 a, fig. 3). Les crochets sont moins saillans que chez le Ph. pelagica. Ils sont assez dépri- més et plus directement opposés. — 107 — Les côtes sont en général très-inégales, peu saillantes, arrondies, obliques et au nombre de onze à treize; la première et les deux dernières sont très-faibles. Les rides longitudinales sont peu accusées dans la plupart des exemplaires ; on ne les distingue bien que dans la région posté- rieure (Tab. 2 a, fig. 5). Les stries d'accroissement ne sont visibles que lorsque quelque parcelle du test est conservée (Tab. 8, fig. 1). Les impressions musculaires postérieures sont rarement marquées et trop confuses pour être étudiées. Les impressions musculaires antérieures et celle de la ligne palléale sont tout-à-fait méconnaissables. Les nombreux exemplaires que je connais de cette espèce se composent tous, comme ceux du Ph. pclagica, d'un calcaire spbéritiquc bleuâtre ou gris-jaunâtre très-fin et bomogène. Ils se trou- vent dans le faciès pélagique et subpélagique du groupe oxfordien du Jura suisse, depuis l'Àrgovie jusque dans les cantons de Neucbàtel , de Vaud et de Genève. M. Hugi en a recueilli plus de vingt exemplaires à Gùnsberg, où ils sont très-communs. M. Gressly en possède aussi une dizaine d'échantillons qui proviennent en partie de la même localité, en partie de l'oxfordien sub- pélagique deGoldenlbal. Les échantillons du Musée deNeuchâtel ont été recueillis par MM. Coulon et Junod dans le Jura neucbàtelois. On n'en a encore rencontré aucun dans les régions littorales. XLVIII. PlIOLADOMYA POXTICA Ag. Tab. 5, fig. 1-2, et Tab. 5a, fig. 4. Je ne connais encore cette espèce que par un seul échantillon; elle est assez voisine des Pli. pelagica et Ph. similis ; mais elle en diffère sous bien des rapports : et d'abord , son bord dorsal est plus droit et l'aire cardinale qu'il renferme est moins bien délimitée, quoique large et assez allongée (Tab. 5 a, fig. 4). Les crochets sont plus gonflés, directement opposés et presque con- tigus ; en revanche, l'extrémité postérieure est plus comprimée que chez les espèces précédentes. Les côte», au nombre de sept à huit ne sont bien distinctes que sur la partie antérieure et moyenne; la face dorsale en est parfaitement libre. Elles sont moins obliques et plus courtes que chez le Pli. pelagica, mais plus faibles et moins tranchantes. L'on n'observe qu'un petit nombre de rides lon- gitudinales très-confuses. Les impressions musculaires et palléale ne sont pas visibles. Le seul moule que je connais de cette espèce se compose d'un calcaire brunâtre, très-dur et très-tenace. Il a été trouvé par M. Gressly dans les schistes qui séparent, à Goldenthal, 1 oxfor- dien de l'oolite inférieure. — 108 — XLIX. Pholadomya Hcgii Ag. Tab. 2 c , fig. 4—9. Le Ph. Ilugii est une espèce très-remarquable , tant par sa forme générale que par ses orne- mens. Elle est de forme assez allongée; sa bauteur et son épaisseur sont à-peu-près égales près des crochets (fig. 8) et équivalent environ à la moitié de sa longueur. Elle se rétrécit insensible- ment vers l'extrémité postérieure (fig. 6). Le devant est passablement gonflé et aplati, tout en pré- sentant une carène médiane, assez proéminente (fig. 4 et 7). Les crocbcts, situés au bord antérieur, sont fort détacbés, obliques, opposés, presque contigus et sans perforation. L'aire cardinale, mu- nie à son origine d'un très-petit ligament de forme arrondie, est très-large, elliptique et rétrécit' en arrière; deux arêtes plus ou moins marquées, qui partent des crochets, la séparent des flancs. L'ouverture postérieure empiète un peu sur le bord supérieur ; mais elle n'envahit pas le bord in- férieur qui est totalement fermé et forme une carène assez tranchante, un peu onduleuse, droite ou légèrement convexe. Les côtes, au nombre de sept, sont obliques, saillantes, tranchantes, étroites, et presque li- néaires. Leur taille et leur disposition sont assujetties à des variations notables : elles sont (antôt inégales et onduleuses ffig. 7), tantôt très-distantes du côté antérieur et plus rapprochées en arriére (fig. 4); en général elles sont d'autant plus faibles qu'elles sont plus nombreuses. Il existe rarement des côtes surnuméraires, ou, s'il y en a, elles sont peu visibles et se perdent à moitié chemin de la région dorsale. Toutes ces côtes deviennent de plus en plus obliques d'avant en arrière ; les antérieures se renforcent vers la région dorsale ; les postérieures s'affaiblissent au con- traire dans cette direction (fig. 4). Les rides et stries d'accroissement sont très-distinctes ; les premières sont surtout très-marquées dans la partie postérieure, sans manquer pour cela sur les flancs et sur l'extrémité antérieure ; elles sont du reste irrégulières, quoique assez bien suivies. Les stries d'accroissement sont fines, très- serrées et surtout distinctes sur les crochets. Les originaux de nos figures , les seuls exemplaires que je connais de cette espèce , sont des moules extérieurs sans test et sans impressions musculaires ou palléale , composés d'un calcaire compacte d'un blanc jaunissant, à pâte fine et homogène. Us ont été découverts par M. Hugi dans les célèbres carrières porllandiennes de St-Nicolas , près de Soleure. — 109 — L. Pholadomya flabellata Ag. Tab. 2c, fig. 10-12. SYN. Pholadomya angnstata Goldf. (non Sow.) Tab. 156. fig. 7. Le Ph. flabellata se rapproche beaucoup par sa forme générale et par ses ornemens du Ph. obliqua et du Ph. Hugii; mais il est de taille supérieure et en même temps un peu plus allongé (fig. 10). Ses crochets sont placés, comme chez ces derniers, tout-à-fait en avant, de façon qu'ils dépassent quelquefois l'extrémité antérieure et paraissent toujours trés-obliques. L'extré- mité antérieure, quoique très-sensiblement tronquée, n'est point aplatie, mais au contraire assez bombée et carénée sur la ligue médiane, qui se termine, comme chez le Ph. Hugii, par une proé- minence cunéiforme très-marquée (fig. 10). Le bord supérieur est presque droit ou légèrement onduleux et muni d'une aire cardinale très-accusée, elliptique , légèrement concave , élargie au milieu , fermée sur toute son étendue et circonscrite par une arête très-marquée. Un petit ligament très-court, arrondi et transformé en spath calcaire de couleur jaunâtre , est visible à son extrémité antérieure. Le bord dorsal passe insensiblement à l'extrémité postérieure qui est plus ou moins comprimée et arrondie. L'ouverture postérieure est étroite sur le bord dorsal (fig. 12). Le bord in- férieur est entièrement fermé , tranchant , plus ou moins convexe et onduleux. Un caractère très-important réside dans les côtes et surtout dans leur position : elles sont au nombre de douze à treize, peu épaisses, mais fort saillantes, tranchantes, tout aussi obliques que celles du Ph. obliqua, mais très-également espacées et vont en divergeant très-graduellement , quoique elles soient répandues à peu près sur toute la surface des flancs , à l'exception d'un très- petit espace, aux extrémités antérieure et postérieure et au bord dorsal. De nombreuses rides longitudinales et des stries d'accroissement s'observent sur toute la surface , mais elles sont faibles et souvent effacées. De plus fortes s'aperçoivent de distance en distance, mais elles ne suivent pas en général une direction constante. Je n'ai pu observer sur aucun de mes exemplaires des traces des impressions musculaires et palléale , attendu que la plupart sont des moules intérieurs , composés d'un calcaire bleuâtre très-compacte à pâte homogène , semblable à celui qui compose la plupart des mollusques fossiles du terrain à chailles pélagique. — 110 — M. Hugi a recueilli les quatre exemplaires que je connais de cette espèce, à (iùnsberg , dans le canton de Soleure. LI. Pholadomya obliqua Ag. Tab. 3 , fig. 10-12. — Tab. 3 b, fig. 7-9. SVN. Pholadomya fidicula Goldf. (non Sow.) Tab. 157, lig. 2. Le Ph. obliqua est une espèce très-voisine du Ph. Hugii, tant par sa forme générale que par la structure de ses côtes. Comme ce dernier, elle est uniformément renflée et obliquement tronquée à son extrémité antérieure. Les crocbets sont placés très-en avant et fort distincts, quoique moins gros que ceux du Ph. Hugii. L'aire cardinale est aussi plus étroite, quoique lancéolée et allon- gée. Vu de profd, ce fossile présente un contour rhomboïdal assez oblique et à angles émoussés (Tab. 3 b, fig. 7 , Tab. 3, fig. 12). L'extrémité postérieure est large, épaisse, obliquement tron- quée de haut en bas et d'avant en arriére et médiocrement bâillante. Le bord inférieur est plus ou moins tranchant et légèrement onduleux. Les côtes sont au nombre d'environ dix , recouvrent les flancs , à l'exception d une partie de 1 extrémité postérieure et du dos. Elles se dirigent toutes fort obliquement en arrière et de haut en bas, en divergeant vers le bord inférieur, sans cependant être aussi distantes que chez le Ph. Hugii. Leur structure est très-uniforme ; elles sont âpres, tranchantes et séparées par un intervalle plat et beaucoup plus large quelles-mêmes. Les rides longitudinales ou concentriques, ainsi que les fines stries d'accroissement sont assez marquées et serrées, surtout vers l'extrémité postérieure, mais elles n'influent que peu sur la direction des côtes. Comme mes exemplaires sont des moules inté- rieurs, l'on ne peut y observer ni le test, ni les impressions musculaires, ni 1 impression palléale. L'original des fig. 10-12 de Tab. 3 appartient au Musée de Neuchàtel , qui le doit à M. Léo Lesquereux , qui l'a recueilli dans le haut portlandien du Jura neuchàtelois. L'original des fig. 7-!) de Tab. 3 b, a été découvert par M. le curé Strohmeyer dans le portlandien des carrières de Gôs- gen, entre Aarau et Olten , dans le canton de Soleure. — 111 LU. Pholadomya tumida Ag. Tab. 2a , fig. (3-11. — lab. 5 b, fig. 1-3. Cette espèce affecte à un haut degré tous les caractères généraux des Pholadomyes allon- gées , à aire cardinale distincte et à côtes flabelliformes ou en éventail. Elle est ovale , médiocre- ment enflée. Le côté antérieur est régulièrement bombé ; le côté postérieur assez relevé et épais (Tab. 2 a, fig. 7 et 9). Le bord supérieur et l'aire cardinale sont semblables à ceux du Ph. pelagica et du Pli. similis ; cependant le premier est moins long, et l'aire cardinale moins profonde et moins caractérisée. L'ouverture postérieure est assez large et empiète plus ou moins sur le bord supérieur. Le bord inférieur est ordinairement convexe dans les jeunes exemplaires (fig. 6 et 7), droit et même légèrement concave au milieu dans les vieux (fig. 9). Les côtes sont nombreuses (dix à douze) et également développées sur les deux valves. Les rides longitudinales sont peu distinctes et n'influent qu'insensiblement sur les rides costales en y produisant des nodules irréguliers et confus. Je n'ai observé jusqu'ici aucune trace des impressions musculaires ni de l'impression palléale, quoique le test ait complètement disparu des exemplaires que j'ai sous les yeux, qui sont des moules d'un calcaire fauve presque roux. J'ai représenté sur la Tab. 5 b , fig. 1-3 , un petit exemplaire que j'ai tout lieu de croire iden- tique avec notre espèce. Il a la même physionomie générale que nos exemplaires de Tab. 2 a. Le bord inférieur est seul un peu plus arqué, ce qui lui donne une forme plus arrondie: or nous avons eu plus d'une fois l'occasion de faire observer que dans toutes les coquilles de cette fa- mille , les jeunes sont ordinairement moins anguleux que les adultes. Nous devons la découverte de celte espèce au zèle de M. le curé Strohmeyer d'Obergôsgen, qui l'a recueillie à Gôsgen , dans un faciès particulier du porllandien des environs d'Olten et d'Aa- rau, faciès qui reparaît aussi dans les carrières de Soleure et que M. Gressly désigne dans son mé- moire sur le Jura soleurois sous le nom de faciès littoral vaseux à polypiers spongieux, Eugëniacri- nes et calcaire à tortues (*). (*) Observations sur le Jura soleurois, par M. A. Gressly , dans les Nouveaux Mém. de la Soc. Helvétique des Sciences nat. T. IV, p. 157. — 112 — LUI. Pholadomya birostris Ag. Tab. If, fig. 13-15. Parmi les fossiles dout M. l'ingénieur Junod a enrichi le Musée de Neuchâtel , se trouve un exem- plaire fort bien conservé d'une Pholadomye nouvelle, qui se distingue de toutes ses congénères par le développement démesuré de la partie antérieure au détriment de la partie postérieure. Cette par- ticularité si frappante, lorsqu'il s'agit d'une Pboladomye , ne se rencontre ailleurs que chez le Ph. contraria et chez le Ph. paradoxa. Le côté antérieur est très-épais , dilaté , obliquement tronqué de haut en bas et d'arrière en avant, aplati, présentant une légère fente sur la ligne médiane. Le côté postérieur se rétrécit brusquement et forme un rostre très-effilé et comprimé avec une ouverture assez considérable en haut. Les crochets , sans être gonflés , sont cependant proéminens ; leurs sommets sont pointus , recourbés en dedans et contigus. Le bord supé- rieur est concave, avec une aire cardinale assez apparente et circonscrite à la manière de toutes les espèces de cette section. Le bord inférieur est très-convexe et tranchant : d'abord onduleux dans la région des côtes, ensuite plus uni et relevé eu haut vers l'extrémité postérieure , il forme un double rostre , un en avant et un en arrière ; de là le nom spécifique de l'espèce. Les côtes sont très-saillantes , minces et tranchantes. Elles sont au nombre de douze à treize, toutes légèrement courbées et se dirigeant en avant , à l'exception des quatre ou cinq dernières. Le devant présente une surface cordiforme et aplatie, sans côtes. Celles-ci sont en général limi- tées au milieu et vont en diminuant de grosseur en arrière ; l'extrémité postérieure en est com- plètement dépourvue. Les rides longitudinales sont très-distinctes sans être bien continues. Plu- sieurs se réunissent en faisceaux et provoquent de gros plis, surtout vers l'extrémité postérieure et le bord cardinal. Notre exemplaire est très-probablement un moule extérieur ; car l'on ne peut distinguer aucune trace des impressions musculaires et palléale ; l'on ne découvre non plus aucun vestige du test. 11 se compose d'un calcaire bleuâtre , très-foncé , fort dur et homogène , tel qu'on le rencontre souvent dans les dépôts pélagiques du groupe oxfordien du Jura neuchàtelois. — 115 — V. Plioladoimycs ovalaircs ( Pholadomyw ovales). Les espèces de cette section rappellent un peu les Trigonées de la première division ; elles sont de forme ovoïde et plus ou moins comprimées ; leur aire cardinale est souvent peu marquée et évasée en arrière; leurs côtes sont linéaires et pectinées, rarement saillantes. Elles bâillent plus que les Flabellées , tant en avant qu'en arriére, et leur test est plus épais. Elles ha- bitent surtout les bandes de vases graveleuses des régions littorales , mais s'étendent aussi plus ou moins fréquemment dans les régions subpélagiques et même dans les régions pélagiques. I. Pholadomya tenuicosta Ag. Tab. 7, fig. 1-3. — Du terrain portlandien. 2. PL pectinala Ag. Tab. 8, fig. 2-ï. — Du terrain portlandien. 3. Ph. recurva Ag. Tab. 3, fig. 4-0. — Du terrain portlandien. 4. Ph. slriatula Ag. Tab. 3 a, fig. 7-9. — Du terrain portlandien. 5. Ph. nilida Ag. Tab. 3 a, fig. 13-15. — Tab. 7, fig. 4-6. — Du terrain portlandien. 6. Ph. complanala Roemer. Tab. 15, fig. 5. — Du Jura supérieur. (Corallien supérieur). 7. Ph. angustata Agi (Sow. Tab. 327). Tab. 3', fig. 4-6. — Du groupe oxfordien. 8. Ph. canaliculata. Rœmer Tab. 15, fig. 3. — Du Jura supérieur. 9. Ph. cormnna Ag. Tab. 7 à, fig. 1-6. — Du terrain à chailles. 10. Ph. omïum Ag. Tab. 3, fig. 7-9. — Tab. 3 b, fig. 1-6. —De l'oolite inférieure. II. Ph. parvula Roemer. Tab. 15, fig. 4. — Du terrain portlandien 12. Ph. fabacca Ag. Tab. 3 , fig. 1-3. — Tab. 3 b, fig. 10-12. — Tab. ï>a, fig. 5-7. — De 1 oolite inférieure ferrugineuse. 13. P. Siliqua Ag. Tab. 36, fig. 13-15. — De l'oolite inférieure ferrugineuse. 14. Ph. Voltzii Ag. Tab. 3 c, fig. 1-9. — Du lias moyen. 15. Ph. decemeostata Roem. Tab 15, fig. 6. — Goldf. Tab. 156, fig. 2. — Du Jura supérieur. 16. Ph. latirosiris Ag. — Ph. fulicula Roemer ( non Sow., non Ziet., non Goldf.) Tab. 15, fig. 2. — De l'oolite inférieure. 17. PL obsokla Pbill. Tab. 5, fig. 24. — De l'argile d'Oxford. 18. PLovalh Sow. Tab. 226, —Goldf. Tab. 156, fig, 6.— Zieten. lab. 65 , fig. 3. — Du Jura supérieur. 15 — 114 — Les espèces suivantes forment une petite subdivision à part , qui paraît lier les Pholadomyes ovalaires aux cardissoïdes , par la configuration de l'aire cardinale , et aux bucardiennes , par la structure des orneraens : toutes sont littorales et vivent de préférence dans le sol graveleux de charriage. 19. Ph. modiolarh Ag. Tab. 3 a, fig. 1-6. — Du terrain portlandien. 20. Ph. depressaAg. Tab. 3 a, fig. 10-12. — Du terrain portlandien. 21. Ph. tenera Ag. Tab. 3 a, fig. 16-18. — Du terrain portlandien. 22. Ph. echinala Ag. Tab. 3 a, fig. 19-21 . — Du terrain portlandien. 23. Ph. paradoxa Ag. Tab. If, fig. 1-3. Tab. 8, fig. 10-12. —Du terrain portlandien. LIV. Pholadomya tenuicosta Ag. Tab. 7, fig. 1-3. Le Ph. temiicosla est une espèce très-bien caractérisée par sa forme allongée et comprimée et par ses crochets déprimés, petits et contigus ; sous tous ces rapports , elle peut être envisagée comme le type de la section des Ovalaires. Le bord dorsal est légèrement oblique en arrière , muni d'une aire cardinale longue , assez large, mais peu déterminée. Le bord inférieur est légèrement con- vexe; l'extrémité antérieure est comprimée, arrondie et subtronquée. L'extrémité postérieure pa- raît avoir été plus ou moins tronquée, à en juger d'après le contour des lignes d'accroissement ; elle est, de plus, largement bâillante au bord supérieur; l'écartement des valves s'étend même jusque sous les crochets, tout en se rétrécissant peu à peu (fig. 1), et , au bord inférieur, jusqu'au tiers de la longueur. L'ouverture antérieure est peu considérable. Les côtes sont peu nombreuses ; il n'y en a ordinairement que quatre , peu marquées , linéaires, mais très-obliques et fort divergentes en arrière, tout en offrant une courbure assez notable. Les rides longitudinales sont également très-faibles, peu nombreuses et suivent exacte- ment les bords. Ce n'est que par exception que l'on rencontre des exemplaires adultes , dont les côtes et les rides longitudinales sont très-marquées. Les exemplaires que j'ai sous les yeux sont vraisemblablement des moules extérieurs; car l'on n'y observe ni les impressions musculaires , ni l'impression palléale, ni aucune trace du test. Ils se composent d'un calcaire blanc-jaunâtre, souvent très-oolitique. M. Gressly en a recueilli une douzaine d'exemplaires plus ou moins bien conservés dans les roches du faciès de charriage — liS — (lu terrain portlandien des environs de Laufon , dans le Jura bernois , la seule région où cette es- pèce ait été rencontrée jusqu'à présent. Il se pourrait qu'elle fût identique avec le Ph. complanata de M. Rœmer ; en tous cas, elle en est très-voisine. LV. PlIOLADOMYA PECTINATA Ag. Tab. 8 , fig. 2-4. Le Ph. pectinata est une petite espèce de forme ovalaire, plus épaisse et moins allongée que ses congénères du même terrain et du même faciès. Les crochets sont au tiers antérieur; ce qui lait paraître l'extrémité antérieure assez proéminente ; ils sont en outre saillans , épais , opposés et contigus. L'aire cardinale est allongée et assez dilatée ; elle fait place en arrière à l'ouverture postérieure , qui est considérable et s'étend depuis le tiers postérieur du bord cardinal jusqu'au bord inférieur qui est assez convexe. Mais ce qui distingue surtout le Ph. peclinata de toutes les Pholadoniyes de forme analogue , ce sont ses côtes très-divergentes , rares (cinq au plus) , tran- chantes et presque verticales, qui s'étendent sur la plus grande partie des flancs , ne laissant qu'un petit espace libre en avant et en arriére. Toutes atteignent le bord inférieur, qu'elles rendent même très-onduleux (fig. 2). Tous les échantillons que je connais de cette espèce ont été recueillis par M. Gressly dans le faciès de charriage du terrain portlandien des environs de Laufon , dans le Jura bernois. Un seul provient du calcaire portlandien des environs de Porrentruy. Ce sont, selon toute apparence, des moules extérieurs. LVI. PlIOLADOMYA RECCRVA Ag. Tab. 3, fig. 4-6. Cette espèce, très-voisine du Ph. parvula Rœm. est de forme ovoïde et allongée. Le côté antérieur est peu proéminent et généralement arrondi; le côté postérieur est au contraire très-allongé et fort comprimé. L'aire cardinale est assez apparente et de forme lancéolée. Les côtes, ordinairement au nombre de six , sont plus ou moins développées et se dirigent toutes fort obliquement en arriére. Les rides longitudinales sont distinctes, mais irrégulières dans leur développement et leur po- sition ; elles s'aperçoivent sur toute la surface du corps. — 116 — M. Gressly en a recueilli environ dix individus dans le faciès de charriage du terrain portlan- dien des environs de Laufon , dans le Jura bernois. Ainsi que les espèces précédentes , elle paraît <'lre propre à ce faciès, qui contient en général une quantité de débris fossiles de toutes espèces, arrachés pour la plupart aux bancs à coraux voisins et réduits à l'état d'oolites et de pisoolites plus ou moins grossiers, luniaehelliques ou entièrement usés par le frottement qu'ils ont subi par le charriage, lors de l'époque de la déposition du terrain portlandien. LVII. PnOLADOMYA STRIATCLA Ag Tab. 3 a, fig. 7-9. Cette espèce ressemble si fort par sa forme générale et par ses ornemens au Ph. striata de M. Goldfuss , qu'au premier abord l'on est tenté de la réunir à cette dernière. Mais un examen mi- nutieux des détails ne manque pas de faire découvrir plusieurs différences que je crois suffisantes pour justifier l'établissement d'une nouvelle espèce, si toutefois ils se confirment sur d'autres exem- plaires. La forme générale est ovoïde, à bords tranchans. Les crochets sont rapprochés du bord anté- rieur, relevés, pointus et contigus. L'aire cardinale, quoique petite, est assez profonde et dis- tinctement circonscrite. Le côté antérieur est tronqué et comprimé, comme chez le Ph. recurva ; le côté postérieur est comprimé , mais plus effilé et allongé. Mais ce qui distingue le mieux cette espèce de ses analogues du même terrain , ce sont ses côtes fort nombreuses, très-serrées, linéai- res, excessivement fines, obliques et courbées en arrière : elles recouvrent toute la surface des lianes comprise entre les crochets et les deux extrémités du bord inférieur , tandis que les parties qui avoisinent le bord dorsal en avant et en arrière en sont complètement libres. L'on n'y re- marque que des rides longitudinales en général peu apparentes, mais très-nombreuses, dont quel- ques-unes seulement deviennent plus saillantes sur l'extrémité postérieure. L'entrecroisement des rides longitudinales avec les côtes est assez distinct, mais ne produit pas des accideus bien mar- qués. N'ayant pu observer aucune trace des impressions musculaires et palléale, et le test ayant éga- lement disparu dans notre exemplaire, le seul que je connais, j'en conclus que c'est un moule extérieur. Il fait partie de la collection de M. Gressly et provient du terrain portlandien littoral vaseux à Ptérocères des environs de Porrentruy. — 117 — LVIIl. PlIOLADOMYA NITIDA Ag. lab. 3a, fig, 13-15. -—Tab. 7, fig. i-6. Le Ph. nitida est une petite espèce, essentiellement ovoïde, assez renflée et plus courte que la plupart des autres espèces ovalaires. Le bord dorsal est droit et renferme une aire cardinale très- apparente, de forme essentiellement elliptique ; particularité qui distingue cette espèce des jeunes individus du Ph. myacina, qui, sous d'autres rapports , lui ressemblent beaucoup. L'ouverture postérieure est étroite et limitée au bord postérieur. Les côtes, au nombre de douze, sont faibles, tranchantes, linéaires, assez rapprochées, très- parallèles et légèrement obliques d'avant en arrière. Les rides longitudinales et les stries d'accrois- sement sont d'une netteté peu commune, très-serrées et continues sur toute la surface du test. Notre fossile est un moule extérieur, car il ne montre ni impressions musculaires, ni impression palléale , ni aucune trace du test. Il se compose d'un calcaire assez vaseux, très-homogène et fin. J'en connais deux exemplaires, qui ont été déposés au Musée de Neuchàtel par MM. Robert et Léo Lcsquereux. Ils proviennent , selon toute apparence , du terrain portlandien. LIX. PlIOLADOMYA ANGUSTATA SoW. Tab. 3', fig. 4-6. 8YN. Pholadomya angustata Sow. M. C. Tab. 327. J'ai souvent trouvé parmi les Pholadomyes d'Angleterre et de l'Ouest de la France des espèces qui, au premier coup d'oeil, me semblaient identiques avec certaines espèces de notre Jura suisse, mais qui, lorsque je les examinais de plus près, en différaient très-souvent par leurs détails et se montraient comme des espèces distinctes. Le Plv angustata de Sowerby est du nombre ; il ressem- ble à la fois au Ph. decemeostala Rœmer, au Pli. pelagica et surtout au Ph. ovulum , au Ph. fabacea et au Ph. Srfiqua; il a la forme générale de ces derniers, puisqu'il est ovoïde, comprimé, à bords bien arrondis et tranchans , et muni d'une aire cardinale bien distincte, bordée d'une arête marginale arrondie ; les crochets sont larges , contigus et déprimés ; mais ils sont en même temps plus directement opposés , moins épais et moins avancés que chez la plupart des espèces ci-dessus, et l'extrémité antérieure est moins épaisse et proportionnellement plus saillante. — 118 — Les côtes, au nombre de dix, suivent la même direction oblique que celles du Ph. ovulum et du Ph. fabacea, néanmoins elles sont plus obliques que chez le premier et moins que chez le der- nier. Elles sont en outre linéaires et , quoique très-apparentes , elles recouvrent toute la partie postérieure, tandis que toute l'extrémité antérieure en est dépourvue. La coquille bâille légère- ment sur l'extrémité antérieure et un peu plus sur l'extrémité postérieure. Les rides longitudinales sont très-prononcées , mais peu continues et irrégulières dans leur développement. Les impressions musculaires et palléale sont trop faibles pour qu'on puisse les poursuivre. L'on reconnaît néanmoins l'impression du muscle postérieur qui est situé à côté de 1 extrémité de l'aire cardinale. Elle est arrondie , effilée en avant et si légère qu'on ne l'aperçoit qu'à grand peine. Le test a entièrement disparu dans notre exemplaire, qui est un moule calcaire marneux, d'un gris-bleuâtre , rempli de grains pisoolitiques blanchâtres. J'ai recueilli moi-même l'échantillon figuré dans les argiles oxfordiennes de Uennequeville , en Normandie. LX. Pholadomya concinna Ag. Tab. Ta, fig. 1-6. Le Pli. concinna est une espèce particulière, qui, par sa physionomie, se rapproche beaucoup des Ph. nùida etPh. Voltzii. Elle est de taille moyenne, épaisse et très-uniformément gonflée, à bord dorsal droit, muni d'une aire cardinale fort distincte, effilée en avant , et bordée d'arêtes très-apparentes. Les crochets sont plus déprimés et plus confondus avec leur base que chez toutes les espèces analogues, mais en même temps placés, comme chez le Ph. nùida , très en avant , de manière que l'extrémité antérieure paraît tronquée et fort épaisse (fig. 4 et 5). L'extrémité posté- rieure est médiocrement atténuée, mais très-haute; ce qui fait que, vue de profil, cette espèce pré- sente un quadrilatère oblong (fig. 4). Les jeunes individus sont plus arrondis (fig. 1). Le Ph. Voltzii est de toutes les espèces, celle dont elle se rapproche le plus par sa forme générale ; mais elle s'en distingue , d'un autre côté , par ses crochets moins développés. Les côtes, au nombre de dix de chaque côté, sont linéaires et souvent effacées, comme chez la plupart des espèces de la section des Pholadomyes ovalaires. Elles sont en même temps plus obliques en arrière que chez les espèces voisines, si ce n'est chez le Ph. Siliqua, où elles le sont encore davantage. Les rides longitudinales sont très-prononcées, assez épaisses, serrées, mais sou- — 119 — vent un peu confuses et effacées. Elles rendent aussi les côtes fréquemment moins distinctes , sans cependant en déranger la direction. Je n'ai pas pu observer les impressions musculaires et palléale, ni aucun vestige du test , soit que celui-ci, probablement peu épais, ait disparu en entier, sans laisser d'impressions , soit que mes échantillons soient des moules extérieurs. Ils se composent d'un calcaire spbéritique gris— jaunâtre ou gris-bleuàtre d'aspect marneux et très-dur. Cette espèce n'a été encore été signalée que dans une seule localité, au Recbberg, prés de Lies- berg, dans le val de Laufon. M. Gressly en a recueilli huit exemplaires dans le faciès littoral va- seux du terrain à chailles. LXI. Pholadomya ovulcm Ag. Tab. 3 , fig. 7-9. — Tab. 3 6, fig. 1-6. J'ai devant moi une douzaine d'individus d'âge différent d'une espèce de Pholadomye voisine du Ph. omlis de Zieten , si même elle n'est identique avec ce dernier. C'est presque la seule des Pho- ladomyes ovalaires du Jura suisse , dont j'aie à ma disposition une série assez nombreuse pour étudier toutes les variations qui peuvent se présenter dans les limites d'une espèce. Sa forme est essentiellement ovale et assez constante ; les ornemens seuls sont soumis à des variations plus notables , mais de telle nature , qu'il est toujours facile d'en reconnaître les traits caractéristiques. Le côté antérieur est assez tronqué et épais; il se rétrécit insensiblement en arriére et son ex- trémité postérieure forme un rostre comprimé et assez médiocrement effilé, surtout dans le jeune âge (Tab. 3 b, fig. 2). Les crochets se détachent peu des flancs , mais ils n'en sont pas moins très- pointus. Le bord dorsal est un peu concave et pourvu d'une aire cardinale étroite et allongée. Le bord inférieur est convexe et en général fermé sur la majeure partie de son étendue. La coquille ne bâille qu'aux extrémités, en avant, depuis les crochets jusqu'au tiers antérieur du bord infé- rieur, en arrière , sur toute la circonférence de l'extrémité postérieure , sur une portion plus ou moins notable du bord dorsal et jusqu'au tiers postérieur du bord inférieur. L ecartement des valves est ici beaucoup plus considérable qu'en avant. Les côtes sont très-peu apparentes, linéaires et très-souvent complètement effacées ; on en compte jusqu'à quinze, à peu près toutes de même grosseur, quoique ordinairement un peu plus distinctes sur le flanc gauche que sur le flanc droit. Comme dans la plupart des espèces , elles deviennent de plus en plus obliques d'avant en arrière (Tab. 3 b, fig.l-i); il n'y a que les deux extrémités qui en soient dépourvues. Les rides longitu- — 120 — dinales et les stries d'accroissement sont fort nombreuses, très-distinctes, mais en général fines et peu saillantes. Le test est quelquefois très-bien conservé à l'état de lamelle cornée, mais il n'a pas laissé sur les moules des traces distinctes des impressions musculaires et palléale. Tous les échan- tillons que j'ai étudiés^ proviennent d'une seule localité et d'une même assise de l'oolite infé- rieure , le calcaire roux-sableux de Goldenthal. Du reste, cette espèce paraît aussi se retrouver dans plusieurs autres localités. LXIÎ. PiiOLAnOiMYA fabacea Ag. Tab. 3, fig. 1-3. — Tab. 3 b, fig. 10-12. — Tab. 5 a, fig. 5-7. Le Ph. fabacea est un fossile d'assez petite taille, de forme ovoïde, très-voisin du Ph, ovulum, mais moins tronqué, plus effilé et plus comprimé en arrière et pourvu d'un rostre saillant à son extrémité antérieure ,- ce qui le fait paraître bien moins trapu que l'espèce ci-dessus. Cette forme est surtout particulière aux jeunes individus ( Tab 5 a, fig. 5.) Les adultes sont moins aplatis , même assez gonûés (Tab. 3 6, fig. 11); le pourtour de la coquille est arrondi, sans angles proéminens. L'aire cardinale est étroite, mais distincte. Les crochets sont conformés comme chez la plupart des espèces de cette section , mais uu peu plus saillans que chez le Ph. ovulum. La co- quille bâille aux deux extrémités, mais les ouvertures ne sont pas ordinairement bien larges. Les côtes varient , à ce qu'il paraît , dans leur nombre et dans leur disposition ; mais leur struc- ture est toujours la même. Les individus adultes en ont huit ou neuf , qui sont toujours moins serrées et moins obliques que celles du Ph. ovulum. Ce ne sont guère que de simples lignes peu apparentes, quoique en général plus saillantes et plus tranchantes que celles du Ph. ovulum. Les rides concentriques sont plus ou moins distinctes, suivant l'état de conservation des individus. L'état assez défectueux de nos originaux ne m'a pas permis d"y découvrir les impressions mus- culaires et palléale, ni des traces du test. Je n'en connais encore que trois qui ont été re- cueillis par M. Gressly, dans l'oolite ferrugineuse à Durrenast, dans la chaîne du Passwang , dans le canton de Soleure. Ce sont des moules d'une composition minéralogique identique avec les roches rougeàtres ou jaunâtres , mélangées de débris oolitiques , qui composent en grande partie l'oolite ferrugineuse du Jura septentrional des cantons de Bàle, d'Argovie, de Berne et de Soleure. — 121 — LXIII. PnOLADOMYA SlLIQCA Ag. Tab. 3 6, fig. 13-15. L'oolite ferrugineuse des Moutiers en Normandie contient une espèce de Pholadoinye très-sem- blable à notre Pli. fabacea, de l'oolite ferrugineuse suisse. Je l'avais d'abord confondue avec cette dernière; mais je reconnus plus lard, après en avoir fait une étude plus complète, qu'elle en dif- fère par plusieurs caractères qui m'ont décidé à la distinguer spécifiquement. Et d'abord , elle est plus comprimée, plus effilée, et se prolonge en arrière sous forme d'un rostre très-allongé et in- sensiblement atténué (fig. 14.) L'extrémité antérieure est, en revancbe, proportionnellement plus arrondie , moins saillante et plus épaisse que chez le Ph. fabacea. Les crochets sont nets , saillans , contigus, et se détachent bien de leur base. Les côtes, au nombre de huit, sur le flanc gauche , sont linéaires , tranchantes , mais peu sensibles et plus obsolètes que chez l'es- pèce précédente : le flanc droit ne m'en a offert que trois dans notre exemplaire. Elles sont en somme plus obliques que les côtes du Ph. fabacea, et même que celles du Ph. ovulum , et en même temps plus divergentes (fig. 13). L'on remarque en outre, près de la première côte, une légère dépression, surtout vers le bord inférieur, dépression qui sépare l'extrémité antérieure des flancs. Les rides longitudinales sont fort nombreuses, assez saillantes, quelquefois même plus accusées que les côtes , mais confuses et assez irrégulières dans leur développement. Le test de notre exemplaire n'est conservé que le long du bord dorsal sur l'aire cardinale et sur une portion des crochets ; il est fort mince , presque papyracé et transformé en spath corné translucide. Le moule intérieur se compose d'une roche subcrayeuse , assez tendre et d'un jaune de paille clair. La surface est très-lisse, un peu luisante et recouverte d'un enduit ferrugineux orangé. J'ai recueilli moi-même ce fossile dans l'oolite ferrugineuse marneuse à rognons ou chailles oolitiques, si riche en fossiles, des Moutiers, près de Caen, en Normandie. 16 — 122 — LXIV. PllOLADOMYA VoLTZII Ag. Tab. 3 c, fig. 1-9. Je dédie à la mémoire de feu M. Voltz une espèce de Pholadomye très-voisine du Ph. continua , quoique cependant distincte ( comp. Tab. 7 a, fig. 1-6). Mais pour bien saisir les différences, il im- porte de comparer les deux espèces sur de bons exemplaires ; et c'est dans ce but que j'ai repré- senté toute une série d'exemplaires du Ph. Voltzii. Les deux espèces sont de même taille, et à peu prés de même forme , toutes deux très-renflées , trapues , et surmontées de crocbets larges et gros. Toutefois le Ph. Voltzii est un peu plus allongé ; son extrémité antérieure est moins tron- quée , et son extrémité postérieure plus étirée et moins arrondie. Les crochets aussi sont plus dé- veloppés , plus saillans et surtout plus boursoufflés , tandis que le Ph. continua présente un profil plus carré , à crocbets très-déprimés , à peine saillans et entièrement confondus avec le corps de la coquille. Le Ph. Voltzii est en outre moins graduellement atténué en arriére ; mais les ou- vertures antérieure et postérieure ne paraissent trabir aucune différence, non plus que l'aire car- dinale, qui est fort distincte et bordée de deux arêtes marginales très-saillantes qui ne se réunissent pas en arrière , mais divergent au contraire passablement. Les côtes et les rides longitudinales ne présentent pas de différence , si ce n'est que les premières sont moins apparentes que chez le Ph. continua, tandis que les dernières paraissent être plus fortes et moins régulières , quoique très-continues ; les plus fortes alternant sans régularité avec les plus faibles, et occasionnant fréquemment des sillons très-profonds et très-dilatés. La surface du moule devient par ces accidens très-rugueuse , et cette circonstance fait qu'il est impossible de reconnaî- tre et de poursuivre les impressions musculaires et palléale. Le test, qui est parfaitement conservé sur l'un de nos exemplaires, est fort mince et transformé eu spath corné , de couleur brunâtre , tirant sur le gris. Les moules intérieurs eux-mêmes se composent d'une masse de marne bleuâtre passant à un sphérosidêrite ferrugineux très-dur et très- tenace. Je dois la connaissance de celte belle espèce au zèle de M. F. Engelhardt, qui a recueilli les quatre exemplaires que j'ai devant moi , dans les marnes du lias moyen de Mûlhausen , dans le département du Haut-Rhin. — 123 — LXV. PlIOLADOMYA MoDIOLAMS Ag. Tab. 3a, fig. 1-6. L'espèce que je décris sous ce nom se fait remarquer par sa forme allongée et déprimée , quoique considérablement renflée. L'extrémité antérieure est tronquée et séparée des flancs par un sillon qui descend un peu obliquement des crochets vers le bord inférieur, absolument de la même manière que cela a lieu dans le genre Modiola (fig. 4). Les crochets ne dépassent qu'in- sensiblement le bord dorsal , mais n'en sont pas moins très-distincts. L'aire cardinale existe , sans être bien apparente ; elle est étroite et écartée en arrière pour laisser passer l'ouverture posté- rieure (fig. 2, 5). Celle-ci occupe toute l'extrémité postérieure, qui est plus ou moins arrondie. Le bord inférieur est légèrement convexe , fermé , mais moins tranchant que chez les espèces voisines. Les cotes sont à peine visibles, linéaires, souvent effacées et plus obliques en arriére que dans aucune des espèces suivantes. Leur nombre est variable ; mais à l'état normal , il paraît être de neuf à dix. Les rides longitudinales sont beaucoup plus saillantes et plus épaisses, assez continues et très-nombreuses. Elles interrompent à chaque instant les côtes, sans cependant les faire dévier. C'est l'une des plus petites espèces du genre, car elle ne dépasse pas la longueur d'un pouce. Je n'ai pas observé de vestiges du test ; les impressions musculaires et palléale ne sont pas non plus visibles ; dans tous les cas, elles n'ont pu être que très-insignifiantes. Les trois à quatre indi- vidus que je connais de cette espèce ont été recueillis par M. Gressly dans le portlaudien du faciès de charriage des environs de Laufon, dans le Jura bernois. Ce sont des moules cal- caires , mélangés d'oolites , d'un blanc jaunâtre. LXVI. PlIOLADOMYA TENERA Ag. Tab. 3a, fig. 16-18. Le Ph. tenera est de forme ovoïde, peu allongé, tronqué en avant, très-bombé dans la ré- gion des crochets, comprimé et atténué à l'extrémité postérieure. Les crochets sont proéminens. très-acérés , contigus et placés un peu obliquement en avant. L'extrémité antérieure est épaisse , arrondie et bâillante, depuis les crochets jusqu'au milieu du bord inférieur. Le bord dorsal, un peu relevé vers l'extrémité postérieure (fig. 16), est muni d'une aire cardinale trés-développée , — 124 — élargie au milieu , pointue aux deux extrémités, et bordé de deux arêtes marginales très-accusées formant une ellipse très-distincte ( fig. 17). L'extrémité postérieure de cette ellipse est légèrement échancrée, pour donner passage à l'ouverture postérieure. Le bord inférieur est convexe et assez Irancbant. Le bâillement antérieur représente une fente étroite , qui s'étend depuis les crochets jusqu'au bord inférieur (fig. 18). Le bâillement postérieur n'empiète que peu sur le bord dorsal. 11 existe sur la partie antérieure des flancs une dépression analogue à celle de l'espèce précé- dente , qui descend des crochets vers le bord inférieur; mais cette dépression est à peine sensible, presque verticale et n'influe nullement sur la configuration générale de la coquille. L'on ne dis- tinguera pas moins toujours cette espèce de ses analogues, à sa plus grande hauteur, à ses cro- chets plus saillans et à son aplatissement postérieur , qui la rapproche davantage des vraies Pho- ladomyes ovalaires. Il y a environ huit côtes linéaires et très-obsolètes ; elles sont bien moins obliques que cbez l'espèce précédente. Les rides longitudinales , accompagnées de sillons parallèles, Irès-continus , très-réguliers et fort apparens sur presque tout le corps, traversent , au nombre d'environ vingt- buit, les côtes et y déterminent de petits tubercules rugueux , qui ne changent rien à la direc- tion des côtes. Quoique notre exemplaire soit à l'état de moule calcaire , il m'a été impossible d'y découvrir des traces d'empreintes musculaires et palléale : je suppose par conséquent que c'est un moule extérieur. L'unique exemplaire que je connais jusqu'ici de cette jolie petite espèce , a été recueilli par M. Gresslydans le porllandien du Val de Laufon, dans le faciès que M. Gressly appelle faciès, de charriage. LXVII. Pholadomya hepressa Ag. Tab. 3 a, fig. 10-12. Cette espèce est celle qui, par sa forme générale, se rapproche le plus du Ph. modiolaris; elle est en même temps assez voisine du Ph. multicostala par la structure de ses côtes ; mais elle diffère du premier par ses crochets très-enflés , quoique peu saillans et très-rapprochés de l'a- vant. L'extrémité antérieure est en général plus gonflée et au moins aussi courte ; l'extrémité postérieure, en revanche, est très-aplatie et allongée, à peu près comme chez le Ph. tenera. Le bord cardinal est droit (fig. 10) ; mais je n'ai pu distinguer d'une manière précise l'aire cardi- nale , attendu que notre exemplaire n'est pas très-bien conservé dans cet endroit; dans tous les — 125 — cas, elle paraît avoir été plus étroite que celle du Ph. tenera. Le bord inférieur est peu convexe et parait avoir été bâillant dans presque toute son étendue, à en juger d'après la direction pres- que borizontale des dernières rides d'accroissement. Notre moule offre même une très-large ouver- ture dans cet endroit ( fig. 12) , ouverture qui rappelle jusqu'à un certain point celle qu'on observe chez les Gastrocbénes. Mais il se pourrait qu'elle ne fût que la conséquence d'un accident fortuit. Le caractère le plus sur pour distinguer cette espèce de ses congénères les plus voisines consiste dans la structure des ornemens et dans leur disposition. Les côtes prévalent ici de beaucoup sur les rides longitudinales qui ne jouent qu'un rôle subordonné ; elles sont très-saillantes , voire même tranchantes et crénelées , et par là se rapprochent sensiblement des côtes de la section des Pholado- myes multicostées. Il y en a ordinairement sept qui sont toutes de forme à peu prés égale , très- obliques d'avant en arrière et légèrement onduleuses , par suite de leur entrecroisement avec les rides longitudinales. Celles-ci sont fort nombreuses , mais moins nettes qu'à l'ordinaire et moins égales dans leur structure. Quoique très-subordonnées aux côtes , elles influent cependant très- sensiblement sur ces dernières, en les rendant âpres et onduleuses. L'original de mes figures est le seul exemplaire connu de cette espèce. Il a été recueilli par M. Gressly dans les marnes kimméridgieunes du portlandien littoral vaseux à Ptérocères de Por- rentruy. C'est un moule calcaire-marneux, d'un gris-jaunâtre, comme presque tous les fossiles de ce terrain. LXVIII. Pholadomya echinata Ag. lab. 3 a, fig. 19-21. Cette belle espèce ne m'est encore connue que par un seul échantillon dont je donne ici la ligure. Elle est de taille moyenne ; mais ce qui frappe surtout eu elle, c'est son épaisseur extra- ordinaire , surtout dans la région des crochets. L'extrémité antérieure est courte; l'extrémité pos- térieure est trés-atténuée et semble par conséquent être hors de proportion avec le corps de la co- quille. Le contour du bord inférieur a dû être très-uniforme, sans angles proéminens. Le bord dor- sal est droit et horizontal , mais les crochets le dépassent de beaucoup. L'aire cardinale est fort distincte , lancéolée et très-allongée ; les deux carènes qui la bordent sont relevées en arêtes saillantes et tranchantes , qui paraissent à peu près parallèles dans toute leur longueur. D'autres caractères non moins distinctifs résident dans la structure et dans l'arrangement des côtes et des rides concentriques, qui sont les unes et les autres très-prononcées. Les côtes , au — 126 — nombre de neuf dans notre exemplaire , sonl linéaires , développées d'une manière assez égale sur l'un et l'autre liane , mais cependant plus continues sur le haut des crochets et sur la moitié postérieure que près du bord inférieur et dans la partie antérieure , où elles se composent essen- tiellement de petits tubercules pointus, très-rapprochés , disposés par séries, et placés sur les points d'intersection des côtes avec les rides longitudinales. Ces tubercules deviennent toujours plus rares et distants , mais aussi plus gros et plus épais , à mesure qu'ils approchent du bord inférieur. Les rides longitudinales sont plus saillantes et plus continues que les côtes elles-mêmes , niais elles s'aplanissent et s'évanouissent en partie sur le bord antérieur, et surtout sur le bord postérieur. L'on n'observe aucune trace des impressions musculaires et palléale, ni aucun ves- tige du test; ce qui indique que notre exemplaire est un moule extérieur. La découverte de cette intéressante espèce est due à M. Gressly, qui l'a rencontrée dans une couche de calcaire marneux, bigarré de jaune et de blanc, remplaçant, sur certains points du Jura bernois et soleurois, les marnes kimméridgiennes. LXIX. Pholadomya pabadoxa Ag. Tab. 7/, fig. 1-3. — Tab. 8, fig. 10-12. Cette espèce se distingue de presque toutes ses congénères par le développement extraordinaire de toute la partie antérieure , tandis que la partie postérieure est très-atténuée et forme un rostre très-comprimé, se terminant par une pointe arrondie, mais efûlée , quoique baillante sur pres- que tout son pourtour. Les crochets sont gros, à base large, pointus, contigus et situés à peu prés au milieu du diamètre longitudinal. Les contours qui résultent de cette conformation , sont assez frappans et rappellent ceux du Ph. contraria. Le bord dorsal est fortement incliné, à partir des crochets tant du côté antérieur que du côté postérieur. L'aire cardinale est de forme lancéolée et très-effilée en arrière; particularité qui distingue cette espèce du Ph. contraria, auquel l'aire cardinale manque complètement ; le bord inférieur est convexe et Irés-uniforme. L'on n'observe que quelques côtes linéaires, peu développées, plus ou moins proéminentes et divergeant des cro- chets vers la périphérie , sous forme d'un éventail plus ou moins ouvert. Les rides concentriques sont un peu plus nettes, surtout en arrière, mais inégales et confuses. Comme mes échantillons sont très-probablement des moules extérieurs, Ion ne doit pas s'attendre à découvrir des vestiges du test ou des impressions musculaires et palléale. — 127 — Des (rois exemplaires que je connais de cette espèce, deux ont été recueillis par M. Gressly, dans le portlandien vaseux de Porrentruy et dans le faciès de charriage du même terrain du Val de Laufon par M. le curé Strohmeyer, d'Obergœsgcn ; un troisième a été trouvé dans le calcaire à tor- tues des carrières portlandiennes de Gœsgen. Tous trois sont de petite taille et se composent d'un calcaire compacte vaseux ou sub-oolitique. VI. Pkoladouiyes cai'dissoïdcs (Pliolndomyac cardi«soïdcs.) Elles rappellent, par leur forme ramassée et plus ou moins aplatie sur la face antérieure, les Pholadomyes bucardiennes de la première division ; mais elles en diffèrent par leur aire cardinale trés-développée et circonscrite et parle peu d'ornemens qu'elles offrent dans la plupart des cas. Elles habitent, avec les Flabellées, les régions pélagiques et subpélagiques très-vaseuses , et ne se montrent jamais dans les dépôts littoraux, à l'exception de quelques espèces douteuses. 1 . Ph. cancellata Ag. Tab. 7 e, fig. 4-9. — Du terrain portlandien. 2. Ph. concelata Ag. Tab. G, fig. 4-6. — Du terrain à chailles. 3. Ph. cardissoides Ag. Tab. 6, fig. 1-3. — Du terrain à chailles. 3 6. Ph. Goldfussii. Ag. — Ph. truncata Goldf. Tab. 157, fig. 6, qui n'est pas celle a laquelle j'avais donné le même nom, Tab. 8, fig. 5-7, dès 1838. Je pense dès lors qu'on devra appeler la première Ph. Goldfussii , comme je le fais ici, si elle diffère réellement de mon Ph. cardissoides. — Du Jura supérieur. 4. Ph. ampla Ag. Tab. 7, fig. 13-15. — Tab. 7 a, fig. 7-10. — (Ph. concentrica Goldf. non Roemer. Tab. 156, fig. 3). — (Ph Kneata Goldf. Tab. 156, fig. 4). — Du terrain à chailles. 5. Ph. laeviuscida Ag. Tab. 8. fig. 13-15. — (Tab. 6', fig. 8-10). — Du terrain à chailles. 6. Ph. (Mica Ag. Tab. 5 h, fig. 4-6. — Du terrain portlandien. 7. Ph. cingulata Ag. Tab. 6". — Ph. Hcmicardia Goldf. (non Rœmer). Tab. 156, fig. 8. — Du terrain à chailles. 9. Ph. Hcmicardia Roeni. Tab. 9, fig. 18, (non Goldfuss). — Du Jura supérieur. 10. Ph. concalenata Ag. ( Ph. œqualis Pusch. Tab. 8, fig. 12). — De l'oolite inférieure ? — 1<28 — LXX. PlIOLADOMYA CANCELLATA Ag. Tab. 7 e, fig. 4-9. Cette espèce est très-renflée, de taille moyenne, à contours subcirculaires, à crochets obliques, tort développés , épais , proéminens , contigus et très-rapprocbés du bord antérieur. Elle est tronquée en avant , mais d'une manière oblique , et le bord des valves s'élève du milieu de la face antérieure sous la forme d'une faible carène. Le bord supérieur est plus ou moins oblique. L'aire cardinale est large , elliptique et bordée d'une arête marginale très-apparente. Sur l'un de mes échantillons, la coquille bâille considérablement du côté antérieur (fig. 9), depuis les crochets jusque prés de l'extrémité postérieure ; chez un autre , toute cette partie est parfaitement fermée ; (lig. 4); l'extrémité postérieure est très-bâillanle, principalement en arrière de l'aire cardinale. Les côtes sont faibles, nombreuses et très-rapprochées , et forment , en s'entrecroisant avec les rides longitudinales , des tubercules plus ou moins marqués , mais plus visibles au sommet des crochets et sur les côtes antérieures qu'en bas et en arrière. Les rides longitudinales sont fort développées et se laissent poursuivre avec la plus grande régularité sur toute la surface de la coquille ; cependant elles sont plus faibles en avant des crochets et sur le bord supérieur qu'à l'extrémité postérieure, en général très-relevées, même tranchantes et séparées par de profonds sillons ; ce qui a valu à cette espèce le nom de Pli. cancellata. L'on n'observe à la surface de mes exemplaires aucune impression musculaire et palléale, parce que ce sont des moules extérieurs. En somme c'est du Ph. concentrica que notre espèce se rapproche le plus. Les trois exemplaires que je connais de cette espèce se composent d'un calcaire blanchâtre à pâte très-fine et parfaitement homogène. Les deux beaux exemplaires qui ont servi d'originaux à mes figures, ont été recueillis par M. Hugi dans les carrières portlandiennes de St-Nicolas, près de Soleure. M. Slrohmeyer en a trouvé un échantillon moins bien conservé dans les carrières de (îôsgen, près d'Olten , où l'on retrouve le même terrain et le même faciès à tortues et à dents de poissons qu'à Soleure. — 129 — LXX1. PllOLADOMYA CARMSSOIDES Ag. Tab. G, fig. 1-3. Cette espèce est fort bien caractérisée par l'aplatissement extrême de la face antérieure et par sa forme très-raccourcie, tandis qu'elle est très-dilatée dans le sens du diamètre transversal, qui excède de beaucoup, près des crochets, le diamètre longitudinal. La hauteur, en y comprenant les crochets, égale aussi le double de la longueur (Tig. Z). La face antérieure est quelquefois en- tièrement plane; mais plus fréquemment on voit s'en élever une carène médiane plus ou moins forte. L'extrémité postérieure est courte, épaisse , et forme en haut un angle plus ou moins sail- lant qui termine brusquement le bord dorsal. L'aire cardinale est très-courte , ovalaire , mais fort large (fig. 2). Les crochets sont très-proéminens, comprimés, et forment une arête souvent très- saillante qui sépare l'avant de l'arrière. Les côtes se réduisent, comme chez un très-grand nombre d'autres espèces vaseuses, à de simples stries peu distinctes, légèrement onduleuses et faiblement obliques en arrière. Elles sont d'ordinaire au nombre de quatre ou cinq. Les rides concentriques sont plus marquées et ressemblent fort aux rides analogues de plusieurs autres espèces, entre autres du Ph. cancellata, que je viens de décrire ; elles sont très-nettes, assez larges, saillantes et séparées par des sillons fortement marqués. Tous les échantillons que je connais paraissent être des moules extérieurs sans impressions mus- culaires et palléale et sans aucune trace du test. Ils se composent d'un calcaire bleuâtre ou gris , tantôt marneux , tantôt sphéritique et très-dur. Cette espèce se trouve dans les vases pélagiques du terrain à chailles du Jura suisse. Mes exemplaires ont été recueillis dans le Jura soleurois, à Giïnsberg, par MM. Gressly et Hugi, et dans le Jura neuchàtelois, par MM. Coulon et Junod. LXXII. PeOLADOMYA CONCELATA Ag. Tab. 6, fig. 4-6. Le Ph. concelata est une espèce assez voisine de la précédente, mais cependant moins aplatie en avant des crochets et plus rostrée en arrière. Les crochets sont saillans, pointus et contigus ; le contour de la coquille est en général assez anguleux (fig. 5). Le bord dorsal, semblable à celui 17 — i30 — ilu Ph. cardissoïdes , est pourvu d'une aire cardinale très-développée, lancéolée, large et s'effilant insensiblement vers l'extrémité postérieure. La coquille n'offre point d'ouverture sensible à l'ex- trémité antérieure; mais l'extrémité postérieure est légèrement bâillante sur tout son pourtour. Les côtes se réduisent à quelques sillons linéaires, qui descendent des crochets, en divergeant légèrement vers le bord inférieur, mais sans l'atteindre. Les rides longitudinales sont d'autant plus développées, très-grosses, fort continues et peut-être plus saillantes que chez aucune autre espèce. Comme je n'ai observé jusqu'ici aucun vestige du test, ni aucun indice des impressions muscu- laires et palléale , je suis porté à croire que les deux exemplaires que je connais de cette espèce sont des moules extérieurs, composés d'un calcaire sphéritique. Elle se trouve, comme l'espèce précédente, dans les roches pélagiques du groupe oxfordien. Mes exemplaires ont été recueillis par MM. Coulon , père et fils , au Chatelu, dans le Jura neuchàtelois. LXXIII. PlIOLADOMYA AMPLA Ag. Tab. 7, fig. 13-15. — Tab. la, fig. 7-18. Syn. Ph. lineata Goldf. Tab. lo6, fig. 4a. J. (jeune individu). Ph. concentrica Goldf. Tab. latt, fig. 3 a. h. (individu adulte) (non Ph. concentrica Rœm. Tab. 16, fig. 2a. b). Cette espèce a la physionomie générale du Ph. exallata (Tab. 4a), qui se trouve avec elle dans le même terrain ; mais nous devons faire remarquer d'entrée que ses crochets sont moins épais et plus dégagés, quoique opposés, contigus et même soudés. M. Goldfuss l'a identifiée avec le Ph. concentrica de M. Rœmer, qui, quoique très-voisin , en diffère cependant à plusieurs égards, et par sa forme et par ses détails. D'un autre côté, il distingue à tort le Ph. lineata, qui n'est que le jeune âge de notre espèce. Une pareille erreur s'explique facilement, lorsque l'on songe que M. Goldfuss n'avait peut-être que quelques exemplaires à sa disposition. Il est probable que je n'aurais pas non plus songé à identifier ces deux variétés d'âge , si je n'avais connu toute une série d'échantillons , montrant tous les passages intermédiaires du jeune âge à l'âge adulte. Dans les Pholadomyes plus que dans tout autre genre, c'est à cette seule condition que les variétés d'âge peuvent se reconnaître. La forme générale de cette espèce est tronquée en avant et plus ou moins rétréeie en arriére. Ses bords sont convexes et quelquefois assez tranchans en arrière. Le bord dorsal est concave et plus ou moins incliné. L'aire cardinale est très-allongée, bien développée et bordée d'arêtes distinctes, qui s'étendent depuis tes crochets jusqu'à l'angle supérieur-postérieur. — 151 — Les côtes sont à peu près nulles ou du moins ne se montrent que sous la forme de fines lignes plus ou moins âpres et divergeant des crochets à la périphérie. Elles ne sont distinctes que chez les individus adultes. Les rides longitudinales sont d'autant mieux développées , arquées , très- serrées et divisées le plus fréquemment par des sillons profonds et parallèles aux bords. L'ouver- ture antérieure est rarement distincte ; l'ouverture postérieure se réduit à une fenle étroite qui oc- cupe le pourtour de l'extrémité postérieure. L'on observe parfois quelques rugosités dans l'empla- cement des muscles; mais je n'ai jamais pu suivre la ligne palléale. La plupart des exemplaires sont des moules extérieurs , composés d'un calcaire sphérilique bleuâtre ou gris-jaunâtre , sou- vent fort dur. Cette espèce est assez fréquente dans plusieurs localités du Jura soleurois; on la trouve aussi dans le Jura neuchâtelois. Elle est caractéristique des vases pélagiques calcaires et submarneuses de l'oxfordien, surtout autour des bancs à coraux pélagiques et dans les intercalations de ces mêmes bancs. Le Musée de Soleure en possède une douzaine d'exemplaires, provenant du Gùns- berg ; M. Gressly en a aussi recueilli une demi-douzaine dans la même localité. LXXIV. PUOLADOMYA L/EV1USCULA Ag. Tab. 8, fig. 13-15. — Tab. 6', fig. 8-10. Cette espèce est très-voisine du Ph. ampla, mais elle est plus allongée , moins tronquée en avant et plus graduellement rélrécie en arrière. Les crochets ne s'élèvent que peu au dessus du bord dorsal, qui est plus ou moins droit et horizontal. L'aire cardinale est très-allongée , large , plus ou moins aplatie, et se prolonge jusque vers l'extrémité postérieure, où elle est envahie par le bâillement postérieur (Tab. 6', fig. 8). Tous les contours de la coquille sont arrondis , et les bords supé- rieur et inférieur passent très-insensiblement aux bords antérieur et postérieur. L'ouverture an- térieure est peu apparente ; l'ouverture postérieure est en revanche assez développée et surtout très-large. Elle commence déjà dans l'aire cardinale , et occupe tout le pourtour de l'extrémité pos- térieure. La plupart de mes échantillons paraissent être des moules extérieurs sans test et sans impressions musculaires ni palléale. Les côtes se réduisent à quelques lignes obliques , très-faibles et à peine marquées dans la plupart des exemplaires. Les rides longitudinales sont en revanche fort distinctes, très-serrées, surtout sur l'avant, et séparées par des sillons profonds. Elles s'aplanissent et s'affaiblissent au con- traire sur l'extrémité postérieure et deviennent plus confuses et obsolètes. — 152 — Celle espèce ne se trouve que dans quelques localités isolées du Jura soleurois, où elle habite cer- tains bancs à mollusques de l'oxfordien vaseux subpélagique et pélagique. La plupart de nies échantillons (six) ont été recueillis par M. Gressly dans l'oxfordien subpélagique de Goldentbal, où ils sont associés à une faune particulière, composée d'huîtres, de plusieurs Myacés et d'Ammo- nites aplaties. Le Musée de Soleure en possède quelques échantillons moins bien conservés , re- cueillis par M. Hugi à Giinsberg. PUOLADOMYA ANTICA Ag. LXXV. Tab. 56, fig. 4-6. Parmi les fossiles que M. le curé Strohmeyer, d'Obergosgen , vient de m'envoyer, se trouve une espèce particulière de Pholodomyes que j'ai vainement essayé de rapporter à quelqu'une des espèces déjà connues. Elle est de petite taille, assez gonflée et ne se rétrécit que faiblement vers l'extrémité postérieure. C'est du moins ce que l'on peut conclure de la forme générale de mes deux échantil- lons, malgré que l'un et l'autre aient le côté postérieur endommagé. La direction des lignes con- centriques nous indique en même temps qu'il n'y a guère que le rostre qui manque (fig. 4). Les cro- chets sont assez larges, mais déprimés et placés fort en avant ; à tel point qu'ils débordent presque le bord antérieur. Une légère dépression descend des crochets au bord inférieur et semble indiquer la séparation entre le bord antérieur et le bord inférieur. L'aire cardinale est fort distincte, elliptique et distinctement circonscrite. Les côtes sont très-faibles et tout-à-fait linéaires; elles ne s'observent que çà et là, aulourdes cro- chets et dans l'un de mes échantillons sur le flanc gauche. Les rides longitudinales sont mieux dessinées , surtout autour des crochets , quoique peu régulières et très inconstantes dans leur dé- veloppement Les deux échantillons que je connais de cette espèce ne montrent aucune impression musculaire ni palléale. Ils sont aussi dépourvus de toute trace du test et semblent être des moules extérieurs. M. Strohmeyer les a recueillis tous deux dans le terrain portlandien à dents de pois- son des carrières de Gosgen , dans le canton de Soleure. — 155 — LXXVI. Fholadomya ci.ngulata Ag. lab. 6". Syn. Pholadomya hemicaidia Gldf. T;ib. loG , ii{j. S, (non Rœni.) Celte espèce est de taille médiocre; elle se fait remarquer par sa forme à la fois allongée , di- latée et cordiforme. Une dépression notable , dirigée des crocbets vers le bord inférieur, et qui est plus marquée sur les jeunes exemplaires (fig. 1 et 7) que sur les vieux , sépare l'extrémité anté- rieure des flancs et va eu s'élargissant successivement vers le bord inférieur. L'extrémité anté- rieure forme une légère saillie en avant des crochets ; elle est bombée, légèrement carénée au milieu et plus ou moins béante suivant les individus. L'aire cardinale occupe presque tout le bord supérieur; elle est de forme lancéolée, élargie en avant, effilée en arrière et nettement séparée des parties latérales par une arête très-tranchante (fig. 8, 14 et 17). Les crochets sont placés tout- à-fait en avant , gonûés, opposés , plus ou moins contigus et terminés en pointes acérées. Le pourtour est assez irrégulièrement anguleux, et les bords de la coquille, depuis les crochets jusqu'à l'angle postérieur, sont en général trés-tranchans ; l'extrémité postérieure est pourvue d'une ou- verture très-étroite, qui n'en occupe que la partie supérieure. La figure 4 montre un exemplaire très-allongé et dans lequel les côtes sont extraordinairement développées. Les flancs sont plus ou moins ornés , suivant les individus. Les côtes sont linéaires et tran- chantes, ainsi que les rides longitudinales. Ce sont tantôt les unes, tantôt les autres qui prédomi- nent. Les côtes sont au nombre de neuf, très-obliques en arrière et en bas, et divergent unifor- mément des crochets vers la périphérie. Les rides longitudinales sont très-nombreuses; il y en a jusqu'à trente, très-serrées et très-continues. Les deux extrémités sont presque lisses et les flancs laissent apercevoir une certaine symétrie dans leurs ornemens. Les côtes de la valve droite en particulier sont moins prononcées que celles de la valve gauche. Cette espèce est assez fréquente dans les vases marno-calcaires de l'oxfordieu des régions pé- lagiques, mais on ne la trouve que rarement dans les régions littorales du Jura suisse. Elle a été recueillie par M. Gressly à Liesberg, dans le val de Laufon (Jura bernois) , par M. Ilugi à Giins- berg , dans la chaîne du Weissenstein , par MM. Coulon au Chatelu , et enGn par M. Chatelanat, près de Ste-Croix, dans le Jura vaudois. — 154 — Après avoir décrit cette longue série d'espèces, je crois utile d'en donner encore un tableau , dans lequel elles seront réparties par terrains , d'après leur distribution géologique dans la série des couches qui constituent lécorce de notre globe. Ce sera peut-être un moyen d'en simplifier l'étude et de mieux faire ressortir les analogies des espèces qui se sont successivement rempla- cées à différentes époques et dans des lieux divers. En ajoutant en parenthèse , après le nom des espèces, un chiffre indiquant le nombre d'exemplaires de chacune d'elles que j'ai pu examiner, lorsque j'ai rédigé mes descriptions , j'ai voulu faire remarquer le degré approximatif de fré- quence de ces espèces dans nos terrains et signaler en même temps le degré de confiance que méritent les espèces que j'ai établies et qui ont été plus ou moins bien étudiées suivant que j'en ai connu des séries plus ou moins complètes. Je me suis abstenu de donner un chiffre aux es- pèces étrangères à la Suisse , sur la fréquence desquelles je n'ai pas pu recueillir des renseigne- mens précis. TABLEAU DE LA DISTRIBUTION GÉOLOGIQUE DES ESPÈCES DU GENRE PHOLADOMYE , RANGÉES PAR ORDRE DES TERRAINS. MULTICOSTÉES . Trigonée I. Espèces vivantes. ! Ph. caspica Ag. (5). Des bords de la mer Caspienne, près de l'embouchure ) du Taliche. < I Ph. crispa Ag. (1J. Des bords de la mer Caspienne, prés de l'embouchure v du Taliche. Ph. candida Sow. De l'île Tortola (Petites Antilles). Trigonées II. Formations tertiaires. Ph. arcuata Ag. (6). De la molasse suisse : St.-Gall. Ph. Piischii Goldf. Du grès- marin supérieur d'Allemagne : Astrupp , Biinde, Grafenberg. BlCARDIENNE PARCI- ,,, . „ „ , , -, , T , th. martiaritacea Sow. De largue de Londres. COSTEE . . | J ° III. Foi-matious crétacées. Trigonées BuCARDIENNES RÉTI- CULÉES. MlT.TICOSTÉES Trigonées MllLTlCOSTÉES 1. Craie. Ph. umbonata Riim. De la Craie supérieure de Qucdliinbourg, etc. Ph. caudata Rom. Delà Craie supérieure d'Aix-la-Chapelle, de Qued- linibourg, etc. I Ph. inflata Ag. Des environs du Mans. Ph. Kasimiri Pusch. De la Craie chloritée des environs de Lublin. ^ Ph. decussala Ag. Du Mans et d'Angleterre. { Ph. alternant Riim. Du terrain crétacé. 2. Grés- vert. Ph. Favrina Ag. (1). Du grès-vert de la Perte du Rhône. , Ph. elliptica Miinst. Du grès-vert d'Halberstadt. i i Ph. nodulifera Miinst. Du grès-vert de Schandau. / Ph. albina Reiche. Du grès-vert de Schandau. I Ph. EsmarkiiPusch. Du grès-vert de Hongrie , de Scanie et de Quedlinbourg. Ph. nuda Ag. Du grès-vert du Bas-Dauphiné. 3. NÉOCOMIEN. / Ph. semicostata Ag. (12). Du terrain néocomien des environs de Neu- chàtel. Ph. elongala v. Munster. (50). Des marnes bleues du terrain néocomien des cantons de Berne , de Neuchàtel et de Vaud et de la Savoie. Ph. Scheuchzeri Ag. (12). Du néocomien de la Chaux-de-Fonds. Ml'LTICOSTÉES BUCARDIENNES RÉTI- CULÉES IV. Formations jnrassiqnes. 1. PORTLANDIEN. Ph. multicoslata Ag. (12). Du Portlandien, faciès à Ptérocères de Porrentruy. Ph. clalhrata v. Miinst. Du Jura supérieur de Bavière, de Wurtemberg et de Suisse. Ph. acuminata Hartm. Du Jura supérieur du Wurtemberg. BlCARMENNES PAR- CICOSTÉES . Flabellées Oyalaires — 136 — Ph. Protêt Brong. (50). Du Portlandien, faciès à Ptérocéres, des environs de Porrentmy. Ph. scutata Ag. (3). Du Portlandien, du Jura soleurois. Ph. plicosa Ag. (4). Du Portlandien de Baedersdorf (Haut-Rhin). Ph. trigonata Ag. (2). Du Portlandien du canton de Soleure et de Rseders- dorf (Haut-Rhin). Ph. orbiculata Rôm. Du Portlandien du Woltersberg. Ph. rostralis Ag. (10). Des marnes kimniéridgiennes des environs de Por- rentruy. Ph. angulosa Ag. (il). Du Portlandien des environs de Porrentruy. Ph. contraria Ag.(3). Des marnes kimméridgiennes des environs dePorrentruy. Ph. truncata Ag. (25). Du Portlandien des environs de Laufon, dePorrentruy et du Born. Ph. myacina Ag. (12). Du Portlandien, faciès à Ptérocéres, des environs de Porrentruy. Ph. bicostata Ag. (5). Du Portlandien de Râdersdorf (Haut-Rhin). Ph. paucicosta Rom. Du Corallien supérieur d'Allemagne. Ph. concenlrica Rom. Du Corallien supérieur d'Allemagne. Ph. Cor Ag. (1). Du Portlandien du Jura suisse. Ph. pulchella Ag. (1) Du Portlandien des Verrières (canton de Neuchâtel). I Ph. tumida Ag. (3). Du terrain portlandien d'Olten et d'Aarau. Ph. Hugii Ag. (2) Du Portlandien de Soleure. Ph. obliqua Ag. (2). Du Portlandien de Neuchâtel et de Gôsgen (canton de Soleure). Ph. tenuicosta Ag. (12). Du Portlandien des environs de Laufon. Ph. peclinata Ag. (8). Du Portlandien des environs de Laufon. Ph. recurva Ag. (10). Du Portlandien des environs de Laufon. Ph. slriatula Ag. (1). Du Portlandien , faciès à Ptérocéres, des environs de Porrentruy. Ph. nitida Ag. (2) Du Portlandien du Jura neuchàtelois. Ph. complanata Rôm. Du Corallien supérieur d'Allemagne. Ph. canaliculata Rom. Du Jura supérieur d'Allemagne. \ OvAI.AIRES CvRDlSSOIDES — 157 — Ph. parvula Rom. Du Portlandien d Allemagne. Ph. decemcostata Rom. Du Jura supérieur d'Allemagne. Pli. ovalis Sow. Du Jura supérieur d'Angleterre, d'Allemagne et de France. Pli. modiolaris Ag. (3). Du Portlandien de Laufon. Ph. depressa Ag. (1). Des marnes kimméridgiennes de Porrentruy. Pli. tenera Ag. (1). Du Portlandien du val de Laufon. Ph. echinata Ag. (I). Du calcaire kimméridgien du Jura bernois. Ph. paradoxa Ag. (3). Du Portlandien de Porrentruy. Ph. cancellata Ag. (3). Du Portlandien des environs de Soleure. Pli. Goldfussii Ag. Du Jura supérieur, en France et en Tyrol. Ph. antica Ag. (2). Du Portlandien de Gôsgen , canton de Soleure. Ph. Hemicardia Rom. Du Jura supérieur d'Allemagne ; Hildesheim, Gosier 2. Jura moyen. RUCARDIENNE AIGLE r Ph. œqualis Sow. De l'argile d'Oxford, d'Angleterre, de France, d'Alle- (. magne et de Pologne. t Ph. cxaltata Ag. (25). Du terrain à chailles du Fringeli , canton de Soleure, RUCARI). RÉTICULÉE '. et du Rechberg , canton de Rerne. RUCARDIENNES PA CICOSTÉES . ■ / Flabellées OVALAIRES Carmssoides Ph. parcicosta Ag. (30) Du terrain à chailles du Fringeli , du Rechberg et du Mont-Terrible. Ph. Michelini Ag. (1). Des marnes oxfordiennes de Normandie. Ph. pelagica Ag. (6). Du terrain à chailles du Chatelu (Jura français et l neuchàtelois) et de Gùnsberg (Chaîne du Weissenstein). Ph. similis Ag. (6) Du terrain à chailles du Jura suisse. Ph. /labellala Ag. (4). Du terrain à chailles de Gùnsberg. Ph. biroslris Ag. (1). Du terrain à chailles du Jura neuchàtelois. i Ph. angustata Sow. (1). Des marnes oxfordiennes de Normandie. ' Ph. continua Ag. (8). Du terrain àchailles du Rechberg, dans le val de Laufon. ^ Ph. obsoleta Phill. De l'argile d'Oxford de Scarborough. IPh. concelata Ag. (2). Du terrain à chailles du Chatelu. Ph. cardissoides Ag. (4). Du terrain à chailles du Jura neuchàtelois et du Jura soleurois. 1S Cakdissoides — 158 — ' Ph. ampla Ag. (18). Du terrain à chailles de Giinsberg, canton de Soleure. Ph. lœviuscula Ag. (6). Du terrain oxfordien vaseux de Goldenthal , canton de Soleure. Ph. ciarjulata Ag. (15). Du terrain à chailles du Jura soleurois, bernois, neuchàlelois et vaudois. Mclïicostées GUES 3. Grande oolite, oolite inférieure et oolite ferrugineuse. / Ph. acuticostata Sow. De la grande oolite de Brora et de Brandsby en An- gleterre. \ Ph. fdicula Sow. (2). De l'oolite inférieure de Mietesheim et de Gunders- hofen (Bas-Rhin). Ph. coUellala Ag. (2). De l'oolite inférieure de Dettingen (alhe wurtember- / geoise), et de Mietesheim (Bas-Rhin). Ph. ZieteniiAg. (2). De l'oolite ferrugineuse de Durrenast, chaîne du Pass- \ wang, canton de Soleure. ' Ph. média Ag. (3). De l'oolite inférieure ferrugineuse de Durrenast (Chaîne Bucardiennes ai- ] du Passwang, canton de Soleure). Ph, nymphacea Ag. (1). De l'oolite inférieure ferrugineuse des Moutiers , près de Caen (Normandie). I Ph. Murchisoni Sow. (12). De l'oolite inférieure de Goldenthal, canton de Soleure et du mont du Chat en Savoie. Ph. Bucardium Ag. (30). Des marnes à Ostrea acuminata du Jura suisse. Ph. texta Ag. (20). De l'oolite inférieure de Goldenthal. Ph. crassaAg. (3). De l'oolite inférieure (marnes à Ostrea acuminata) de Horlang , canton de Soleure, et de Dijon. Ph. producta Sow. De la grande oolite et de l'oolite inférieure d'Angleterre. Ph. obtusa Sow. De l'oolite inférieure de Dundry et de Bath. Ph. triquelra Ag. (3). De l'oolite inférieure ferrugineuse de Mietesheim (Bas-Rhin) de Dettingen (Wurtemberg) et du Jura soleurois. \ Ph. carinata Ag. (1). De l'oolite inférieure de Chaufour (Sarthe). Buuardienne PARCI. r n , e ,. . ... _ „ .. . . . C0ST É E J Ph. foliacea Ag. (3). De 1 oolite inférieure de Gundershofen (Bas-Rhin). Bucardiennes réti-j culées Fl.ABEI.LÉE OVALAIRES Cardissoide — 159 — Ph. ponlica Ag. (1). De l'oolite inférieure de Goldentlial. PL ovulum Ag. (12). De l'oolite inférieure de Goldentlial. Ph. fabacea Ag. (3). De l'oolite inférieure ferrugineuse de Diirrenast. Ph. Siliqua Ag. (1). De l'oolite inférieure ferrugineuse des Moutiers, prés de Caen. Ph. latirostris Ag. (1). De l'oolite inférieure d'Allemagne. PL concatenata Ag. De l'oolite inférieure de Pologne. Mui.TICOSTÉE BuCARDIENNES AI- GLES . 4. Lias. Ph. compta Ag. (1) du Lias de Gundershofen. Ph. Hausmanni Goldf. Du Lias des environs de Nordheim. Ph. cincla Ag. (1). Du Lias supérieur de Gundershofen (Bas-Rhin). Ph. Rwmeri Ag. Du calcaire à Béleninites de Willershausen et de Baulen- herg , prés de Schôppensledt. Pli. glabra Ag. (2). Du Lias de Vaihiugen ( Wurtemberg ) et de Miihl- hausen (Bas-Bhin). Ph. acuta Ag. (1). Du Lias supérieur de Wallenbourg (canton de Baie). PL reticulata Ag. (5). Du Lias supérieur du déparlement du Bas-Rhin et de l'Albe wurtembergeoise. Ph. deltoidea Sow. Du Lias d'Angleterre. \ Ph. lyrala Sow. Du Lias d'Angleterre. Blcarmenne par- i ^ l - decorata Ziet. (3). Du calcaire à Gryphées de Bœrschwyl, canton de cicostée . . ( Soleure. Ovai.aire . . PL Vollzii Ag. (4). Du Lias moyen de Miilliausen (Bas-Rhin). Bi gardiennes réti- culées 5. Étage indéterminé du jura. Bucardiennes ai- ( P^. nodosci Goldf. Du Jura du Wurtemberg. GUES ( Ph. ambigua Sow. De l'oolite inférieure et du Lias. Bucardiennes par-( ^ l - nif/osa Pusch. Du calcaire jurassique de Pologne. ( Ph. Esehcri Ag. (1). Du calcaire des Hautes- Alpes , du Stelli-IIorn. (Lias?] CU.OSTEES — 140 — Il résulte de ce tableau que le nombre des espèces vivantes et celui des espèces tertiaires est de beaucoup inférieur à celui des espèces de tous les autres terrains. Mais ce qu'il y a surtout d'inté- ressant sous le point de vue zoologique et géologique, c'est que les espèces appartenant à différentes sections du genre ne sont pas uniformément répandues dans tous les terrains , mais prédominent de préférence dans tel ou tel étage. Ainsi, nous n'avons pas une espèce de la section des Trigonée$ antérieurement au grès-vert, et c'est dans ce terrain et dans la craie proprement dite , qu'elles dominent : sur trois espèces des formations tertiaires, il y a deux Trigonées. Les Multicostées sont très-irrégulièrement réparties depuis l'oolite inférieure jusqu'à l'époque actuelle, qui en compte ileux. Les Hucardiennes sont, en revancbe, presque exclusivement jurassiques; car, sur 48 espèces, il n'y en a que trois qui ne proviennent pas des terrains jurassiques ; mais il y a plus , les sub- divisions de cette section affectent des étages particuliers de cette formation ; les Parcicostées sont presque toutes du portlandien, les Réticulées de l'oolite inférieure, et les Aiguës du Lias. Les Flabel- léea se trouvent essentiellement dans le Jura supérieur et dans le Jura moyen ; le nombre des Oculaires du portlandien est presque double de celui des espèces réunies de cette section qu'on trouve dans le Jura moyen et dans l'oolite inférieure. EnGn, les Cardissoïdes sont à peu près éga- lement réparties dans le portlandien et dans le terrain à chailles. Des faits semblables me parais- sent la preuve la plus convaincante que les espèces d'une formation ne descendent pas par voie de reproduction de celles de la formation précédente et qu'il est temps d'envisager sous un point de vue plus relevé les lois de la succession et de la distribution géographique des espèces en général. Ce mode de distribution des espèces du genre Pboladomye me conduit encore à une observa- tion analogue sur le degré d'affinité qui existe entre les espèces de différens terrains. Sur cinquante-deux espèces que je trouve décrites chez les auteurs , il y en a dix qui sont signalées comme se trouvant également dans plusieurs formations. Mais je ne crois pas me tromper en affirmant que ces identifications ne sont point le résultat d'une comparaison directe , mais bien plutôt l'effet de l'habitude qu'ont contractée plusieurs paléontolongistes , de déterminer leurs fossiles par la simple comparaison des exemplaires qu'ils ont sous les yeux avec les planches d'un petit nombre d'ouvrages. Pour ma part, j'ai trop souvent reconnu combien il est facile de se tromper lorsqu'on prétend déterminer des fossiles d'après des planches qui ne sont pas accom- pagnées d'un texte suffisamment critique et comparatif, pour accorder une confiance illimitée aux déterminations des fossiles qui ne reposent pas sur une comparaison directe des types ori- ginaux, surtout lorsqu'il s'agit de genres dont les nombreuses espèces sont faciles à confondre. — 141 — La peine que j'ai prise de recourir aux sources pour déterminer les Pholadomyes du Jura suisse , loin de dissiper mes doutes , n'a fait qu'augmenter ma défiance pour la plupart de ces détermi- nations de fossiles dont fourmillent certains traités de géologie , dont les auteurs ne se sont pas doutés qu'il y a un travail de critique à faire pour bien déterminer les fossiles. Sur cent douze es- pèces de Pholadomyes énumérées ci-dessus, il y en a une centaine que je connais pour les avoir comparées entre elles ; et cependant , sur ce nombre , je n'en ai pas rencontré une seule dans deux formations, ni même dans des étages différens d'une même formation, comme on peut s'en assurer en examinant le tableau ci-dessus et en comparant entre elles les espèces des différentes sections énumérées dans chaque terrain. Les espèces, qu'à raison de leur fréquence, j'envisage comme caractéristiques des terrains, sont les suivantes : Pour les terrains tertiaires supérieurs, le Pholadomya arcuata. Pour les terrains tertiaires inférieurs, le Pholadomya margarùacea. Pour la craie, le Pholadomya decussata. Pour le grès-vert , le Pholadomya nuda. Pour le néocomien , le Pholadomya elongata. Pour le porllandien, les Pholadomya mullicostala , Protêt, roslralis, angulosa, truncata, mya- cina , tenuicosla et recurva. Pour l'oxfordien , les Pholadomya exaltata , parcicosta , pelagica , similis , flabellaia , continua , cardissoides , ampla, lœviuscula et cingulata. Pour la grande oolite , le Pholadomya acuticostata. Pour l'oolite ferrugineuse, les Pholadomya Murchisoni, Bucardium, lexla et ovulum. Pour le lias, les Pholadomya glabra, Rœmeri, reliculala, decorala et Voltzii. FAUTES D'IMPRESSION Ql! IL IMPORTE DE CORRIGER. Page 44 , ligne 6 d'en bas : Ph. multicostata. Cette espèce n'est point du Néocomien , mais bien du Port- landien. Ajoutez comme synonymes : Ph. acuticosta Rœm. Tab. 9, fig. 15. — Bronn. Leth. Tab. 20 , fig. 18.— Goldf. Tab. 157, fig. 4. — Ph. radiata Goldf. Tab. 155, fig. 1 . — 44 , — 5 d'en bas : Ph. Zietenii. Ajoutez comme synonyme : Ph. fidicula Zieten, Tab. 65, fig. 2. 45, — 1 , Ph. elongata Ag. ; lisez : Ph. elongata v. Mùnst. dans Goldf. Tab. 157, fig. 3. — 45 , — 3, Ph. fidicula Sow. ; ajoutez comme synonyme : Lutraria lyrata Sow. Tab. "225. — 122, dernière ligne: lisez : Mulhausen, dans le département du Bas-Rliin. s — Ml — La peine que j'ai prise de reeourrir aux sources pour déterminer les Pboladomves du Jura suisse, loin de dissiper nies doutes, n'a fait qu'agumenter ma défiance pour la plupart de ces détermi- nations de fossiles dont fourmillent certains traités de géologie, dont les auteurs ne se sont pas doutés qu'il y a un travail de critique à faire pour bien déterminer les fossiles. Sur cent vingt-cinq espèces de Pholadomyes énumérées ci-dessus, il y en a une centaine que je connais pour les avoir comparées entre elles; et cependant, sur ce nombre, je n'en ai pas rencontré une seule dans deux formations , ni même dans des étages différens d'une même formation, comme on peut s'en assurer en examinant le tableau ci-dessus et en comparant entre elles les espèces des différentes sections énumérées dans chaque terrain. Les espèces , qu'à raison de leur fréquence, j'envisage comme caractéristiques des terrains, sont les suivantes : Pour les terrains tertiaires supérieurs : le Pholadomya arcuala. Pour les terrains tertiaires inférieurs , le Pholadomya margaritacea. Pour la craie , le Pholadomya decussala. Pour le grés-vert, le Pholadomya nuda. Pour le néocomien, le Pholadomya elongala. Pour le portlandien , les Pholadomya multicostala, Protêt', rostralis, anyulosa , truncala , myacina , tenuicosta et recurva. Pour l'oxfordien, les Pholadomya exaltala, parcicosla, pelagica, similis, flabellata, continua, car- dissoides , ampla, lœvittscula et cingulala. Pour la grande oolite , le Pholadomya acuticostata. Pour l'oolite ferrugineuse, les Pholadomya Murchisoni, Bucardium , texta et ovulum. Pour le lias, les Pholadomya glabra, Rœmèri, reticulala, decorata et Vollzii. ... APPENDICE. A la liste des espèces décrites et mentionnées ci-dessus , il faut en ajouter encore plusieurs que j'ai distinguées depuis la publication de cette partie des Myes. Pholadomya Hérault i Ag. Je me suis assuré que l'espèce de l'oolite inférieure des Moutiers en Normandie, que l'on a jusqu'ici confondue avec le Ph. Murchîsoni est une espèce à part. Quoique très-voisine de cette dernière, elle a moins de côtes et celles-ci sont moins saillantes. Je dédie cette nouvelle espèce à M. Hérault. Pholadomya compressa Ag. C'est une fort jolie espèce, voisine à certains égards du Ph.angulata, mais plus comprimée. Les côtes sont aussi moins accusées, les rides longitudinales sont en re- vanche très-fortes. Du Jura supérieur de St-Mihiel (Meuse). Pholadomya roslrata Math. Petite espèce décrite et figurée par M. Matheron dans son Catalogue des corps organisés fossiles du département des Bouches-du-Rhône. Elle est très-voisine de notre Ph. recurva, mais un peu plus comprimée en arrière. De la craie de Sainte-Beaume. Pholadomya galloprovincialis Math. Cette espèce décrite et figurée comme la précédente dans l'ouvrage de M. Matheron n'est, selon toute apparence qu'une grande variété de notre Ph. re- curva. Du Kimméridgien de Sainte-Beaume. Pholadomya alpina Math. Celte espèce que M. Matheron signale comme propre à la molasse coquillière des Basses- Alpes, n'est autre que notre Ph. arcuata décrit ci-dessus. Pholadomya Archiaciana d'Orb. Grande espèce à côtes serrées, voisine par sa forme du Ph. fidi- cula. Se trouve dans la craie tufau du bassin de la Loire. Pholadomya Carantoniana d'Orb. Grande espèce d'une forme toute particulière, rappelant un peu le type du Ph. cardissoides. Se trouve dans la craie tufau du département de la Charente. Pholadomya Marotiana d'Orb. Espèce très-régulière, voisine du Ph. anguslata dont elle a tout- à-fait la forme, sauf qu'elle est un peu plus renflée. De la craie tufau du bassin pyrénéen. Pholadomya Iloyana d'Orb. Grande et belle espèce de la forme du Ph. elongata, mais à côtes moins arquées. Se trouve dans la craie tufau du bassin pyrénéen. ORDRE DES PLANCHES DE CETTE LIVRAISON. L'accumulation des matériaux relatifs aux Myes qui me sont parvenus jusqu'à présent et que j'ai dû intercaler entre les planches déjà imprimées, m'a obligé de donner aux nouvelles des numéros pointés ou surmontés de lettres. C'est ce qui a nécessité le tableau suivant, qui indique l'ordre de succession de toutes les planches, sans lequel on pourrait difficilement les collationner avec le texte. Tab. i a. Goniomya conformis et DuBois. Tab. ï b. Goniomya caudata , constricta, sulcata, litterata et V-sciipla. Tab. 1 c Goniomya proboscidea, scalprum, sulcata, marginata et obliqua. Tab. 1 d. Goniomya Engelhardtii, heteropleura et Knorrii. Tal). 1. Goniomya caudata , pafvula , sinuata, lœvis, proboscidea, sulcata, major, marginata et inflaia et Pholadomya elongata. Tab. 1 '. Pholadomya crispa et caspica et Cardium hiantulum. Tab. 2'. Pholadomya Favrina et Scheuchzeri. Tab. 2". Pholadomya elongata et Scheuchzeri. Tab. 2'". Pholadomya multicostata et semicostata. Tab. 2. Pholadomya semicostata, multicostata, decemeostata (lege pelagica), et similis. Tab. 2 b. Pholadomya ovulûm . obliqua , fabacea et Siliqna. Tab. 3 c. Pholadomya Volt/.ii et fidicula. Tab. 4'. Pholadomya clattarata, carinata et decussata. Tab. h. Pholadomya acuta, reticulata, exaltata et decussata. Tab. 4o. Pholadomya exaltata. Tab. h h. Pholadomya plicosa, bicostata et texta. Tab. h c. Pholadomya Murchisoni et reticulata. Tab. 5. Pholadomya pontiea et Bucardium. Tab. 5a. Pholadomya nymphacea, pontiea, fabacea, et Bucardium. Tab. 5 11 Pholadomya tumida , antica et média. Tab. (•'. Pholadomya contraria et laeviuscula. Tab. fi". Pholadomya cingulata. Tab. (i. Pholadomya cardissoides , concelata et parcicosta. Tab. (5 a. Pholadomya scutàta et Cor. Tab. 6b. Pholadomya parcicosta. Tab. G c Pholadomya parcicosta. Tab. d. Pholadomya crassa et Michelini. Tab. ! rr.i-^. 7 -- : ^.: . r;:, ■gg@g3?&» ^QH . . . > ■ I» • . - ■ - - -. . ^?^>V Lui', ie Nwoltt a NfeuchatJ M.~ ^.? ? , 3>.&!EW2L& &,êi ■ ^/ 3. ©@M. SHSSmi ■ v ' ■-' ^HX^S^ILl, Aê-^.0-7. ©@U. S>Sl©2B®g(gE®li!, &$~ 3&, J-j>. ■ ( ■ *//.' » y.ïff..i-'/ Myes. I.ll) . > Il / . ■ . >. - Sy., MVes Tah.l' ffl i 2: 13. ésaék mai *"■■&■ : T' ^ Myes Tab 2 . '//' ?%U wffii ■*-:f.y " 4< <3, '■ m - !\ ■ ' Myes Tab 2# y /y. .i ■ '(>■ \lvt\s Tab.2.Î! '7 Mves l;H)._ M %a/-3 /,;/ // ^ >. 4a '* ." Myes Tab.Si tJgfy.7-3 ' LÀ ' ITEfl ! &ÏÏBMm£ûE&A -.. <- ^'/-(> ÛPIE. ' ' ; ' '' - Mvcs TaV3 f**»" ■Sa*"- I C i/. 7 eteer oei m lap Xith. de Nicole La Heûeliâlel 'Suisse I ^p> /-J ^W&^£±mmïïcEL WÈMÈJêMÈ*, &£ ^.7-o.lPSL ©^ILUM Aê.^J^^-œ) 1 Alves. Tab.3ï 13. I Bta 'Diekin aJi il jiilap. de] . Lith.âeiNïcblet ec JesnTaguetàNeudbatel. Mves Tab.3.ï! IS: ^Sw^v 9. a l^ietiaaxiii iiiLap.dfi] ■ ^*"* Mves Tab.3? Si ^S^Ë*î V t X- -^ 10 JfÈVLV 'j-.-" '-. v. ..■■ : ^>.' lÉÉlË I . Lidi.deNicdlet <■ ^f/-«^Tp;gin. .«/à nn ELtâ.**~y&./b-73. iPffliciPnmiEsin'JLiU. Sa»w. TabA ! Dïek.nu/nn otumijp.de . Ti,?clrt etjca ni,iJuffl . ^f-jswm&stowsgr. . ^J%.ï-#.\ %iz.7-77.WW, H ï£i M\ e s Tab 'A â y?s /-J 3PS! J^S 7^^. ifs. 12 ... ,. ^%ir.jcS/e ^ T S ■■ BDÉSTII8SA.Ï& &<• Tab.4? *ê#/-zipm.4.? 3 ^Sf^^ ■ . . ■ : ■ 7 Mv es Tab.5 LilkcU Kicolet à Urachàtel / c^ Z>. ÏPÏ '*Œm&&â. •^ J?- Z FIS. MJSiïïE '* ■X i Myes. Tab5!> D îekis. a.im in_l,JSL@lL£\,m©W"SA . S [§g@: .SBES AJ.^ £%^Â-f. FEE. ©@S3@I2S : |. ^§?. 7^^. 5PSL iP&J&SIKS®^^ ■ ,:. M yes Tal»6 .i'.i de tîîcûet ScJeaïiJB^ïiet : - U< 4 f /-j pm©z,m)®Wïï& i- rm iig^-%z^ FMoS®is i ■ ji Mv<- TabO/ .... ,\!\< • VOS t., m; ■>■■■ \ : ^' y " - -' J; L i th. tU "Nicole t et .J e anj a^v. •■ 6 Mv -t-s Tab.6? :--z ^7 v, '-. ' 5. * %«; w -j^ ">*^ UirVmaim m 1. ^ t _j/fj-(/.':: wïïè. wisn^TffisTrEaà ^ Mvres Tal> 4?sj- - ^ >A:, ' /s., - éû ,. i Myes Tab.7* #" » r i ; : - il in L.ïp de] t &./-f.ypmm&M(W. i ■■ i f - - - S^y*. Mves. Tab.Z* i Q.Ï3J La.p «l fymwA liÛi dcNicoJet et Jeaufacpiec aripurtacrl. .Mv.-s Tafc.Z? LitûdcHicoleLet Jeauxaspu 1 . i \lv es Tal) 7 /,< «r > Sy,P,J Mv. a l> / i MjT'S Tab.H. ? eUanniei- inl.ip Niccletà.lIeuAabel i *.,,/: Wmmm©MÏÏ£i SIQUELHS Ag~0^J-*. PULPE' Mviw Tat.8.^ iJÙL de Nicole t etJeaxLja^aetlNe'iicbaDe Myea TàtAS 1 -, ,,-.., -, • • Mv. Tkfc.8? f - ■ Mvcs Tab.84 YMMtt • 1 1 • Ar//? "/rt / -j i Al\ es Tah.8? raguet ÂMeu i « |jf/-/^€ ! B3KS e V /,>'.'/. flFïLi^riii | My es labM s Lut ie ' : ■ ,. '^./-/o. • -' y??^; "mtm&v '7 ' y y rr-m